lundi 10 juin 2013

Convertis de l’islam: témoignage


Cavalier seul

Vincent Pellegrini

Voici les extraits d’un témoignage émouvant entendu samedi 4 mai lors d’un déjeuner à Paris avec une vingtaine de personnes converties de l’Islam à l’Eglise Catholique et qui nous sont donnés par l’agence RU. «Je m’appelle Augustin, tunisien, 60 ans, converti au catholicisme. Heureusement j’ai les moyens pour acheter un billet d’avion toutes les semaines! Car tous les samedis je vole à Paris pour assister à la messe de dimanche. Deux heures d'avion tous les samedis, et deux heures tous les dimanches pour le retour! Dans mon pays je ne peux pas aller à la messe, car je suis surveillé et menacé par la police, ma famille, mes collègues. J’ai étudié la Bible et le Coran. J’essaye d'annoncer l'Evangile dans mon pays. (…) Je risque ma vie tous les jours. Je me trouve rejeté par mon épouse, mes enfants, mes petits enfants et toute la société; mais j’accepte de donner ma vie pour le Christ. Il a dit qu’il faut vendre tout pour  acheter la pierre précieuse trouvée. J’ai tout abandonné pour rejoindre le Christ. Vous, ici en France, vous avez la chance de pouvoir vivre votre foi sans être inquiétés, et d'avoir tant d'églises autour de vous. Ce qui m’étonne à Paris, c’est que des personnes habitent en face d’une l'église, et ne vont pas à la messe! Ils se disent pourtant catholiques? Il y a une chose dont je me plains, c’est le mauvais accueil que j’ai eu de la part du prêtre dans mon pays qui m’a même refusé le baptême. J’étais obligé de venir à Paris pour pouvoir recevoir le baptême. En France aussi, c'était compliqué pour moi, car on m’a dit qu’il fallait passer par le catéchuménat... Mais enfin, grâce à Dieu, j’ai trouvé un saint abbé qui m'a baptisé sans trop de détours. Beaucoup de Musulmans de mon pays souhaitent recevoir le saint baptême, mais ils ne le peuvent pas à cause des obstacles. D'abord, le prêtre catholique ne leur ouvre pas la porte, de peur d'être tué ou renvoyé dans son pays; ensuite parce qu’ils risquent de perdre leur famille, leur travail, leur logement et même d'être emprisonnés. A Paris je logeais chez ma tante lors de mes déplacements, mais depuis qu'elle a compris que je venais pour aller à la messe, elle m'a mis à la porte!» L'OSCE, Organisation pour la Coopération et la ­Sécurité en Europe, évalue à 105 000 le nombre de chrétiens assassinés chaque année pour leur foi: Un toutes les 5 minutes!

 

lundi 3 juin 2013

Islam, l'épreuve française


Cavalier seul

Vincent Pellegrini
 
Elisabeth Schlema est une spécialiste du monde arabe. Elle a été rédactrice en chef du «Nouvel Observateur» et directrice adjointe de «L’Express». Elle vient de publier aux éditions Plon un livre intitulé «Islam, l’épreuve française». Elle y raconte comment l’islam de France, globalement, se radicalise, y compris au sein de la jeunesse musulmane. Elle y dénonce la radicalisation des mosquées et des «centres culturels musulmans», notamment du fait de leur financement par le biais de  l’Arabie saoudite et du Qatar. Même les instances nationales musulmanes sont noyautées. Elisabeth Schlema explique dans une interview accordée au «Figaro Magazine»: «Si la question est de savoir s’il faut avoir peur de l’interprétation de l’islam d’aujourd’hui et des agissements qui en découlent, la réponse est clairement oui.» Pour elle, il y a des idées fausses, à commencer par celle-ci: «Feindre  de croire qu’il y aurait des «poches» d’islam radical face à une immense majorité de «bons musulmans» tranquilles.» Et de continuer: «Tout le monde concourt à ce mensonge: Les politiques nationaux de tout bord, les responsables régionaux, associatifs et bien sûr nombre de responsables musulmans, le tout relayé par les médias. Quant, au regard de tel ou tel événement, ils sont contraints de le reconnaître, ils arguent systématiquement du désarroi identitaire, des ghettos des banlieues et du social. Or, une réelle misère n’explique pas tout.» Elisabeth Schlema explique qu’on est passé d’un islam tenu par les pays d’origine à un islam progressivement transnational propre au wahhabisme (intégrisme) saoudien et qatari (TV Al-Jazeera), par ailleurs allié aux Frères musulmans venus d’Egypte. L’islam fait ainsi sa mondialisation. Le résultat, pour Elisabeth Schlema, c’est «la montée d’une radicalité globale chez les musulmans» de France «alors que les autorités demeurent inertes». Elle ajoute: «Les mosquées françaises, qui ont doublé en dix ans et atteindront bientôt les 3000, sont aujourd’hui pour la plupart aux mains des wahhabites et des Frères musulmans, un certain nombre sont tenues par les salafistes ou le mouvement turc ultraradical Milli Görüs. Sur un chiffre global d’environ sept millions de musulmans en France, deux à trois millions sont de fait des  islamistes.» Ce n’est pas synonyme de terrorisme, mais cela posera de gros problèmes à la France.

samedi 25 mai 2013

La clarté et le courage du pape


Cavalier seul

Vincent Pellegrini
 

Le pape François a adopté la même ligne que ses prédécesseurs contre l’avortement. Il a récemment salué une marche pour la vie à Rome et soutenu la récolte de signatures au niveau européen pour la protection de l’embryon (initiative «un de nous»). L’initiative citoyenne européenne est un nouvel instrument de démocratie participative pour les citoyens européens. En réunissant 1 million de signatures d’ici le mois d’octobre 2013, elle forcera la Commission européenne à reconsidérer le financement de la recherche sur l’embryon et de tout programme menaçant l’être humain dès sa conception à l’heure où le budget européen de la recherche, en cours de négociation pour la période 2014-2020, crée des tensions éthiques entre les Etats membres. Au-delà d’une simple pétition, il s’agit d’une démarche officielle contrôlée par les instances chargées des élections, explique l’agence Zenit. Voir le site www.undenous.fr pour en prendre connaissance. Le 13 mai, le pape a invité toutes les personnes à «maintenir leur attention vive sur la cause si importante du respect pour la vie humaine depuis sa conception». Il a continué: «A ce sujet, je souhaite rappeler la récolte de signatures qui a lieu aujourd'hui dans les paroisses italiennes, afin de soutenir l'initiative européenne «Un de nous», pour garantir une protection juridique à l'embryon, en protégeant tout être humain depuis le premier instant de son existence. La Journée de l'Evangelium Vitae constituera un moment particulier pour ceux qui ont à cœur la défense de la sacralité de la vie humaine, et aura lieu au Vatican, dans le cadre de l'Année de la foi, les 15 et 16 juin prochains».

Le pape François a aussi du courage. Il a en effet canonisé les huit cents martyrs de la ville d’Otrante, dans les Pouilles, en Italie, sans craindre la réaction des musulmans. Les martyrs d'Otrante, presque 800 personnes, survivants du siège et de la prise de leur ville par les turcs, furent décapités pour avoir refusé de renier leur foi, et moururent en confessant le Christ ressuscité, explique l’agence vaticane VIS.

Le pape François n’use pas de la langue de bois. Lors d’une rencontre avec les ambassadeurs, il a attaqué dans un discours d’une rare vigueur et au ton fort peu diplomatique la «nouvelle tyrannie invisible» d’une finance et d’une écononomie «sans visage».

lundi 20 mai 2013

Le pape et le diable


Vincent Pellegrini


-         J’ai lu un commentaire intéressant sur le blog du prêtre fribourgeois Dominique Rimaz (Le Suisse rom@in) sous le titre: «Le pape François ose parler du diable». L’abbé écrit: «Quelques points saillants chez le Pape passent encore presque inaperçus, telle cette phrase: «on ne peut pas rencontrer le Christ en dehors de l'Eglise». Son insistance sur la confession personnelle, auriculaire, individuelle et secrète est un autre point fort. Le troisième est la mention claire et sans complexe du diable. Le matin du samedi 4 mars, le nouveau Pape, si vous me passez l'expression, a mis en garde les gardes suisses contre la haine du diable dans une époque de véritable persécution des chrétiens. Personne, pas même Hans Küng, n'ont encore osé qualifier ce Pape d'obscurantiste du Moyen-Age. Si Benoît XVI avait parlé ainsi...». On notera aussi que le pape ne donne pas lui-même la communion aux fidèles durant les messes particulièrement solennelles. Il faisait de même lorsqu’il était archevêque de Buenos Aires. L’explication est peut-être à trouver dans un livre entretien de 2010 où il expliquait qu’il ne voulait pas donner la communion à des pécheurs publics non repentis et être sur la photo…

-         Alors que l’IUKB fait de la pub au «gender» et que la France a légalisé le mariage homosexuel, je suis tombé sur cette phrase intéressante d’Eric Zemmour dans «Le Figaro Magazine»: «Nos enfants  ne seront ni des garçons ni des filles, mais des genres indéterminés. Ils seront les parfaits produits de la sous-culture antiraciste et féministe. De braves soldats LGBT (lesbiennes, gays, bi et trans!) qui seront débarrassés des «stéréotypes sexués». On ne leur aura jamais appris que ces «stéréotypes sexués» tant honnis faisaient le charme délicieux de nos pauvres existences!» 

-         Et enfin, cette citation du cardinal Robert Sarah, qui était l’un des papables lors du dernier conclave, m’a frappé: «Il ne suffit pas de donner du pain, un abri et de meilleurs conditions de vie matérielle: il y a des maladies et des misères humaines beaucoup plus graves qui menacent notre humanité. Ce sont ces sociétés dominées par l’eros de l’argent et du sexe, ce sont ces destructions du mariage et de la famille, et les profondes déviations anthropologiques et morales. Ce sont ces réalités douloureuses que le pape François appelle les périphéries.»

lundi 13 mai 2013

Chrétiens persécutés


Cavalier seul

Vincent Pellegrini


Amnesty International (AI) critique le manque de protection des chrétiens d'Egypte par la police et la justice. Les membres de la minorité copte subissent des discriminations dans la loi et dans la pratique, dénonce un rapport publié le 27 mars 2013 à Londres. Les chrétiens sont ainsi régulièrement l'objet d'attaques alors que les autorités détournent systématiquement les yeux, explique l’agence APIC. Même la cathédrale du Caire (à Abassyia) a par exemple été attaquée le 7 avril, à l’issue des obsèques de quatre coptes tués deux jours auparavant. De  nombreuses églises coptes ont été détruites et l’on note une recrudescence d’attaques contre les chrétiens mais la police regarde faire. De manière générale, la persécution des chrétiens s’est accrue en Afrique. Les chrétiens syriens ont dû fuir leur pays car ils sont la cible des salafistes sunnites armés qui combattent le régime alaouite-chiite. En Palestine, le pourcentage de chrétiens a été divisé par deux en treize ans. Par ailleurs, Jérusalem qui, en 1948, comptait 27 000 chrétiens, a vu leur nombre se réduire à quelque 5000. Les évêques de Terre sainte ont protesté vivement contre le mur israélien prévu dans la vallée de Crémisan, près de Bethléem, qui va séparer le couvent des salésiens de celui des sœurs salésiennes, lesquelles perdront aussi leurs terrains. Le mur intégrera en outre les terrains de 58 familles palestiniennes de Beit Jala à la zone de la colonie israélienne de Gilo. Plus de 70 églises chrétiennes ont été détruites dans l'Etat nigérian de Benue, au centre du pays, a expliqué le 29 avril l'agence missionnaire vaticane "Fides". Et l’on pourrait encore multiplier les exemples de persécution dans nombre de zones musulmanes. Au Pakistan, les chrétiens sont régulièrement attaqués ou discriminés. Des musulmans y usent régulièrement de la loi anti-blasphème (qui punit l’auteur de la mort) pour accuser à tort des chrétiens d’avoir calomnié le prophète Mahomet. Des quartiers chrétiens sont ensuite attaqués et incendiés par des foules fanatisées par leurs imams comme cela s’est par exemple produit à Lahore dans le quartier de Joseph Colony. Même l’ambassadrice du Pakistan aux Etats-Unis sera jugée pour blasphème, suite à une plainte, car elle a proposé au Parlement pakistanais de réviser la loi sur le blasphème pour la rendre moins facilement abusive…

lundi 6 mai 2013

VerSus 13 et le non-art contemporain


Cavalier seul

Vincent Pellegrini

   
Artistes et intellectuels de VerSus 13 veulent «combattre le repli identitaire valaisan». Le repli identitaire, c’est une tarte à la crème de la gauche internationaliste. Car toute société et tout pays est forcément identitaire, avec son histoire, ses paramètres sociologiques, sa religion et sa culture. Allez dire à un musulman qu’il n’a pas d’identité… L’Eglise catholique est elle aussi identitaire, elle qui a hérité de la Révélation qu’elle cultive au  travers d’une Tradition vivante. S’ouvrir à l’autre est nécessaire, mais l’échange sera fructueux s’il y a quelque chose à échanger. On ne peut vivre une vraie humanité sans avoir de racines. Comme cette société perd peu à peu ses repères, elle devient plus pauvre dans la relation. Et les artistes ont aussi leur part de responsabilité s’ils ont de la peine à communiquer avec la société valaisanne. L’Art Contemporain (AC) est en effet un fait social plutôt qu’un manifeste d’esthétisme. Trop d’artistes abstraits peuvent échapper à tout critère universel qui  permettrait de juger leur œuvre. Je suis par exemple perplexe devant certains ronds-points qui exhibent des constructions sans signification aucune. L’art contemporain se veut souvent élitaire, presque aristocratique. Certains artistes contemporains font des choses merveilleuses, d’autres du non-art. Mais essayez de critiquer l’AC pour son nihilisme et vous serez cloué au pilori. Bien des fois, devant certaines œuvres, je me dis: où est le mystère, où est la beauté, où est le message universel?  Boris Lejeune expliquait notamment sur l’art contemporain et le sacré: «Le microcosme de l’art contemporain croit toujours comme au temps du symbolisme-romantique, que l’artiste est un prophète des temps nouveaux qui révèle au simple quidam ce qu’il ne peut pas voir: le Ciel. Que le poète ou le peintre sont les seuls à pouvoir lire certains signes… Mais le refus complet du processus pictural traditionnel suffit-il à faire un art? Non, dit le bon sens… L’art contemporain se veut finalement assez primitif. Et ses peintres-thuriféraires conceptualisent au mieux l’inconnaissable-Eternel qui ne se voit dans leurs peintures qu’au prix d’une exégèse parallèle savante. En fait, l’art moderne tout entier est basé sur un nouvel iconoclasme…» Personnellement, je pense que ce sont les artistes de VerSus 13 qui doivent écouter le Valais…

lundi 29 avril 2013

Les deux cités


Cavalier seul

Vincent Pellegrini


-         En Suisse, les couples homosexuels (partenariat enregistré qui est un mariage déguisé) peuvent désormais adopter. Ce n’est qu’un exemple du démantèlement progressif du modèle familial traditionnel. Heureusement, il y a quelques réactions en faveur de la famille. Comme par exemple l’initiative populaire de l’UDC qui veut alléger les impôts des parents voulant garder eux-mêmes leurs enfants. Il est heureux de constater que le PDC soutient aussi cette initiative. Car il est vrai que les parents qui gardent eux-mêmes leurs enfants sont défavorisés. Et il faut rétablir le libre choix pour une mère de travailler à la maison ou en dehors. L’initiative rétablit l’équité fiscale car la mère qui reste à la maison pour éduquer ses enfants fait un sacrifice financier. De plus, elle fait économiser à l’Etat les frais onéreux de construction et de subventionnement des crèches. Sans parler du fait que le modèle éducatif idéal est atteint lorsque la mère ou le père peuvent rester à la maison pour dispenser éducation et appui scolaire aux enfants. C’est le meilleur modèle pour les enfants et  là encore l’Etat a tout à y gagner. La reconnaissance sociale doit se traduire par l’équité fiscale et donc par une déduction fiscale.

-         L’initiative de l’UDC pour retirer l’interruption de grossesse de l’assurance maladie de base a été balayée par le Parlement, mais le peuple sera prochainement appelé à voter. Cette initiative est pourtant juste en ce qu’elle respecte la liberté de conscience des gens qui ne veulent pas financer des avortements avec leur prime d’assurance maladie. Et peu importe le montant concerné, c’est une question de principe. L’avortement est une affaire purement privée et morale. La société n’a pas à payer l’avortement car la grossesse n’est pas une maladie. Aujourd’hui en politique, quand on parle de famille ou d’enfant on oublie les droits de l’enfant en ne ciblant que les intérêts souvent égoïstes des adultes. Certaines grossesses peuvent certes être très difficiles à assumer mais l’avortement cause des séquelles psychologiques encore plus fortes chez beaucoup de femmes. Jean Paul II a souvent parlé de la lutte entre la civilisation de la Vie et celle de la Mort. L’humanisme est en danger, même sur le plan économique. Saint Augustin aurait parlé des deux cités.

 

lundi 22 avril 2013

L'échec de l'oecuménisme


Cavalier seul

Vincent Pellegrini

 
Gottfried Locher, président du Conseil de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse, expliquait lors de la dernière assemblée des délégués: «L’œcuménisme catholique protestant officiel traverse la phase la plus difficile qu’il ait connue depuis les débuts du mouvement. Ces deux grandes Eglises ne se caractérisent pas seulement par leur diversité; elles sont contradictoires et  non réconciliées. L’œcuménisme est en crise.» L’ancien responsable de l’œcuménisme  au Vatican, Mgr Walter Kasper, cité par Gottfried Locher, résumait ainsi la situation: «Les obstacles théologiques, mais surtout ecclésiologiques, semblent insurmontables actuellement.» Et Gottfried Locher de poursuivre: «Non seulement le consensus fait défaut sur les questions essentielles, mais encore l’accord manque aussi sur les objectifs. De part et d’autre nous ne sommes pas du même avis à propos des tenants et des aboutissants de l’œcuménisme institutionnel. Nous sommes là au cœur du drame: l’œcuménisme de l’Eglise occidentale n’a pas d’objectif commun. Pendant trop longtemps, personne n’a remis en question le mot magique d’œcuménisme.» Gottfried Locher a raison. Tout le monde a cru qu’il suffisait de se rencontrer  et de parler pour faire de l’œcuménisme, comme si des positions contradictoires pouvaient être vraies en même temps. On a voulu faire de l’œcuménisme à l’eau de rose en regardant ce qui réunissait plutôt que ce qui divisait et sans se fixer d’objectif. Joseph Ratzinger a eu le courage de mettre fin à ces discussions oiseuses. Gottfried Locher reconnaît: «Le titre de la déclaration «Dominus Jesus» publiée sous la direction de Joseph Ratzinger, alors cardinal, annonçait d’emblée la couleur: «Sur l’unicité et l’universalité salvifique de Jésus-Christ et de l’Eglise.» L’Eglise au singulier bien entendu, et en se référant et en s’identifiant explicitement à l’Eglise catholique romaine. D’autres déclarations de la curie ont suivi sur le même ton: il n’y a qu’une seule Eglise et elle est catholique romaine. Les Eglises évangéliques ne sont pas des Eglises, ou du moins «pas des Eglises au sens intrinsèque», explique le Vatican.» Le président des protestants suisses a eu le courage de redessiner les limites de l’œcuménisme, ce monstre sacré de Vatican II. Et l’Eglise catholique peut redevenir plus missionnaire.

 

dimanche 14 avril 2013

Le gender en Valais


Cavalier seul

Vincent Pellegrini


L’IUKB (à Bramois), organise début mai un colloque international sur «le droit de l’enfant et de l’adolescent à son orientation sexuelle et à son identité de genre». L’UDC du Valais romand a publié un communiqué pour s’insurger que ce colloque soit co-financé par le Département cantonal de l’éducation et destiné aux enseignants de notre canton. Et d’expliquer: «L’UDCVr s’élève contre la diffusion au sein du corps enseignant de cette théorie sociologique et militante qui affirme que l’identité sexuelle n’est qu’un construction culturelle. Il est inacceptable d’inciter les enfants à adhérer à une vision de l’homme et de sa sexualité qui ne relève en aucun cas du rôle de l’école.» De par son descriptif, ce colloque semble effectivement accepter et promouvoir la théorie du gender et l’UDCVr a bien fait de réagir pour que les choses soient éclaircies. En résumé, pour cette théorie du gender, la différence sexuelle n’est pas biologique mais culturelle. La théorie est en train de s’imposer sur le plan européen et cherche à le faire aussi à l’ONU. Récemment, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a refusé un article sur la protection de la famille mais a écarté aussi un article inspiré par le gender. Le colloque de Bramois aura une valeur scientifique s’il donne aussi la parole à des adversaires du gender pour qu’il y ait véritablement débat. Car le gender conduit tout droit au mariage et à l’adoption homosexuels. C’est aussi une théorie totalitaire. «Le Figaro» a raconté récemment la mésaventure d’un homme qui a été amendé par la police alors qu’il se trouvait au jardin du Luxembourg, à Paris, avec un sweat-shirt de la «manif pour tous», soit le dessin stylisé d’un homme et d’une femme tenant par la main deux enfants, sans slogan. Ce dessin est le drapeau des adversaires du mariage homosexuel. «Cela peut choquer des gens», a dit le policier. Comme l’homme a refusé d’enlever son sweat-shirt, il a été embarqué au poste de police où il a été verbalisé  pour «manifestation ludique sans autorisation spéciale»! La théorie du gender n’admet pas que la famille c’est seulement un père, une  mère et des enfants. Que les homosexuels ne soient pas discriminés est une bonne chose, mais ce n’est pas une raison pour imposer le gender qui apprend aux enfants à refuser la différence familiale entre l’homosexualité et l’hétérosexualité.   

 

 

 

 

dimanche 7 avril 2013

la naïveté de l'Eglise face à l'islam


Cavalier seul

Vincent Pellegrini


 Il y a cinq ans le musulman italien Magdi Allam, ancien vice-directeur du «Corriere della Sera» se faisait baptiser par le pape  Benoît XVI. Or,  il vient d’annoncer dans la presse italienne qu’il quittait l’Eglise catholique qu’il accuse de relativisme religieux. Cité par l’agence APIC, il explique que «la légitimation par l’Eglise de l’islam comme vraie religion, d’Allah comme vrai Dieu, de Mahomet comme vrai prophète, du Coran comme texte sacré l’ont éloigné de l’Eglise». Dans un long éditorial du journal «Il Foglio» il dénonce alors les gestes de Jean-Paul II et Benoît XVI à l’égard de l’islam, et déplore que le pape François ait commencé par «exalter» les musulmans en affirmant qu’ils adorent «le Dieu unique, vivant et miséricordieux». Il déclare: «Je suis plutôt convaincu que, tout en respectant les musulmans dépositaires comme toute personne des droits inaliénables à la vie, à la dignité, à la liberté, l’islam est une idéologie intrinsèquement violente, historiquement conflictuelle en interne et belliqueuse en externe. Je suis encore plus convaincu que l’Europe finira par être soumise à l’islam.» Pour Magdi Cristiano Allam, «c’est une authentique folie suicidaire, le fait que Jean-Paul II soit allé jusqu’à embrasser le Coran et que Benoît XVI ait posé la main sur le Coran en priant en direction de La Mecque à la Mosquée bleue d’Istanbul.»

Le Saint-Suaire de Turin a été montré en mondovision par la TV Rai le Samedi Saint. Il se trouve par ailleurs que Giulio Fanti, professeur de mécanique et de thermique à l'Université de Padoue, a montré avec des analyses infrarouge, avec la spectographie et une analyse mécanique avec un appareil construit pour l’occasion, que les fibres de la toile remontent bien à l’antiquité entre 200 avant Jésus-Christ et 250 après Jésus-Christ. Ses recherches vont également être publiées dans une revue scientifique et ont donc été soumises à l'examen d'un comité de lecture. En outre, Mme Mechthild Flury-Lemberg a expliqué récemment sur le Linceul de Turin - que, sur ordre du Vatican, elle a pu restaurer en 2002 - elle a mis à jour une grande quantité de carbone due à plusieurs incendies qui ont pu fortement modifier le contenu en carbone, ce qui a fait que le Linceul de Turin soit devenu un objet totalement inapte pour toute analyse au Carbone 14.

dimanche 31 mars 2013

Réactions d'Ecône à la nomination du pape François


Cavalier seul

Vincent Pellegrini

Comment a-t-on vécu à Ecône l’élection du pape François? «A l’annonce de l’élection du pape François, la Fraternité Saint-Pie X prie Dieu d’accorder abondamment au nouveau Souverain Pontife les grâces nécessaires à l’exercice de sa lourde charge», nous apprend un communiqué des traditionalistes qui poursuit notamment: «Saint François d’Assise dont le nouveau pontife porte le nom, entendit le divin Crucifié lui dire: «Va, François et répare mon Eglise». C’est dans cet esprit que les évêques, prêtres, religieux et religieuses de la Fraternité Saint-Pie X assurent le Saint-Père de leur désir filial de «tout restaurer dans le Christ, afin que le Christ soit tout et en tous», selon leurs moyens, pour l’amour de la sainte Eglise catholique romaine.»

Un site traditionaliste a recueilli l'avis de l'abbé Christian Bouchacourt, supérieur du District d'Amérique du sud de la Fraternité Saint-Pie X, le soir de l'élection du pape François. L’abbé Bouchacourt explique notamment: «C’est un fin politique… Apôtre idéaliste de la pauvreté des années 70, il est tout entier tourné vers le peuple, les pauvres, sans pour autant être un disciple de la théologie de la libération.  (…) Jamais le séminaire de Buenos Aires n’a eu aussi peu de séminaristes qu’aujourd’hui. C’est un désastre comme ont été un désastre les liturgies présidées par le «cardinal des pauvres». Avec lui, nous risquons de revoir les messes du pontificat de Paul VI, bien loin des efforts de Benoît XVI pour remettre en honneur des cérémonies liturgiques plus dignes. Il s’opposa assez fermement à l’avortement. (…) Au cours d’une réunion œcuménique il s’agenouilla pour recevoir la bénédiction de deux pasteurs. C’est un homme de consensus, qui a horreur des affrontements. Il se désolidarisa des catholiques qui dénoncèrent des expositions blasphématoires qui ont eu lieu à Buenos Aires. Je l’ai rencontré 5 ou 6 fois et il m’a toujours reçu avec bienveillance, cherchant à m’accorder ce que je demandais, sans se démener en cas d’obstacle…»

 Pour ma part je considère comme un saint un Jorge Mario Bergoglio qui se lève tous les matins à 4h 30 pour faire une heure d’oraison et qui consacrait ses après-midi à se rendre avec les transports publics dans les hôpitaux, les prisons et les bidonvilles.

lundi 18 mars 2013

Suisse: drôle d'adoption homosexuelle


Cavalier seul

Vincent Pellegrini
    

-         En Suisse, les couples homosexuels (partenariat enregistré) pourront bien adopter, mais le droit à l’adoption pour les gays se limitera aux enfants des conjoints. Ainsi en ont décidé les Chambres fédérales. L’association Choisir la Vie a réagi ainsi: «Par cette décision, le Conseil des Etats va à l'encontre de la volonté populaire. En effet, l'art. 28 de la Loi sur le Partenariat (LPart) qui dispose que «les personnes liées par un partenariat enregistré ne sont pas autorisées à adopter un enfant ni à recourir à la procréation médicalement assistée» avait été nécessaire pour que la LPart passe la rampe en 2005. Sans l'interdiction de l'adoption, le texte n'aurait jamais été accepté. Choisir la Vie combat et regrette cette décision. En permettant l’adoption par les couples homosexuels, cette motion, en plus de renier la notion de «droits de l’enfant» - lui préférant celle de «droit à l’enfant» - remet en cause la question de filiation et crée une fiction juridique grave.» Il est vrai qu’un enfant a toujours un père et une mère… Et que certaines personnes homosexuelles se rendent à l’étranger pour la procréation médicalement assistée, ce qui aggrave encore la donne. C’est la tactique du salami. Le Pacs  équivaut désormais quasiment au mariage. Le modèle familial est faussé sur le plan du droit naturel. Le catéchisme de l’Eglise catholique (version 2003 consultable sur le site internet du Vatican) qualifie en effet à l’article 2358 la tendance homosexuelle de «propension, objectivement désordonnée». Dans ce monde égoïste, il conviendrait de penser à l’enfant avant de penser à soi. Et il n’est pas idéal pour le développement de l’enfant d’avoir deux pères ou deux mères, situation encore renforcée par l’adoption.

-         Un mot sur le site www.zenit.org/fr qui s’est relooké et s’est donné de nouvelles fonctionnalités. Une excellente adresse pour se tenir informé sur l’actualité du Vatican et de l’Eglise dans le monde.

-         Alors que cette semaine a été marquée par le conclave, on peut d’une certaine manière prendre congé de Benoît XVI en relisant les trois encycliques de son pontificat. La première, «Deus caritas est» (Dieu est Charité)  sur l’amour, la seconde encyclique «Spe salvi», sur l’espérance et enfin «Caritas in veritate est», sur la doctrine sociale de l’Eglise.

lundi 11 mars 2013

homosexualité et chasteté


Cavalier seul

Vincent Pellegrini

                                                                                                                L’acceptation par l’Assemblée nationale française du mariage et de l’adoption homosexuels a déjà des conséquences diplomatiques. Sergueï Narychkine, président de la Douma, la chambre basse du Parlement russe, a affirmé que la Russie pourrait réviser son accord bilatéral avec la France concernant l´adoption si le mariage homosexuel était effectivement légalisé dans ce pays, nous apprend l’agence APIC. Ce serait la fin des autorisations d´adoption d’enfants russes par des Français. Alors que le débat sur l’homosexualité est d’actualité, qu’en dit l’Eglise? Elle en parle dans le nouveau catéchisme de l’Eglise catholique promulgué en 1992 par Jean Paul II. Il explique notamment au numéro 2357: «S’appuyant sur la Sainte Ecriture qui les présente comme des dépravations graves, la Tradition a toujours déclaré que les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés. Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas.» Et le catéchisme de poursuivre: «Un nombre non négligeable d’hommes et de femmes présentent des tendances homosexuelles foncières. Ils ne choisissent pas leur condition homosexuelle; elle constitue pour la plupart d’entre eux une épreuve. Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. Ces personnes sont appelées à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie, et si elles sont chrétiennes, à unir au sacrifice de la Croix du Seigneur les difficultés qu’elles peuvent rencontrer du fait de leur condition. Les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté. Par les vertus de maîtrise, éducatrices de la liberté intérieure, quelquefois par le soutien d’une amitié désintéressée, par la prière et la grâce sacramentelle, elles peuvent et doivent se rapprocher, graduellement et résolument, de la perfection chrétienne.» On le voit donc, l’Eglise ne peut pas accepter le mariage homosexuel car elle fait de la chasteté une règle pour les homosexuels. Mais elle ne les stigmatise pas,  bien au contraire, et pense qu’ils peuvent suivre un chemin de sainteté.  

lundi 4 mars 2013

Un pape incompris


Cavalier seul

Vincent Pellegrini

Benoît XVI a pris congé de ses chers fidèles de façon émouvante et en les assurant de ses prières. Ce pape doux et d’une grande finesse intellectuelle a conquis les catholiques mais n’a pas été compris des médias qui n’ont manifestement pas lu ses nombreuses homélies d’une grande hauteur spirituelle. C’est le lot de ce temps qui laisse les médias muets s’il n’y a pas scandale. Finalement, lesdits médias ne se seront intéressés à Benoît XVI qu’à quatre reprises. Lors de son discours à Ratisbonne sur les rapports entre la raison et la foi et où une citation sur l’islam avait été sortie de son contexte par les médias. Ensuite lors d’une interview dans l’avion qui le menait en Afrique où un propos sur le préservatif, également sorti de son contexte, avait mis le feu à la presse. Ensuite lors de la levée des excommunications des évêques d’Ecône juste avant la connaissance des déclarations négationnistes de Mgr Williamson et enfin lors des scandales de pédophilie où le pape a pourtant pris toutes les mesures utiles. Certains professionnels ont critiqué la communication de Benoît XVI comme étant trop lente. Mais il était aussi dans le tempérament de ce pape d’attendre et de réfléchir avant de répondre au prurit des médias. Benoît XVI ne s’est jamais laissé dicter son agenda. Si l’on devait résumer son règne on pourrait citer deux mots: humilité et vérité. Il va manquer à l’Eglise. Reste que les supputations sur son successeur emplissent déjà les journaux. Certains espèrent un pape progressiste qui ordonnerait les femmes et permettrait aux protestants d’accéder à la communion eucharistique par exemple. Ils risquent d’être déçus car il faut s’attendre à une succession dans la continuité doctrinale. Joseph Ratzinger a créé 67 cardinaux sur 118 et les autres ont généralement reçu la pourpre cardinalice des mains de Jean Paul II qui fut aussi taxé de conservatisme par les médias. «Les cardinaux marqués par la théologie des années 1970 ne sont plus qu’une minorité, qui n’a pas les moyens de peser sur le scrutin», explique le «Figaro Magazine» qui ajoute: «Imagine-t-on, d’ailleurs, les cardinaux faire un pied de nez à Benoît XVI, qui sera toujours de ce monde, et lui donner un successeur qui s’empresserait de prendre des positions contraires aux siennes?» Ce qui n’exclut pas la surprise. Comme avec Karol Wojtyla en 1978.

lundi 25 février 2013

Adoption homosexuelle: une fiction juridique


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Vincent Pellegrini

L’Assemblée nationale française a donc adopté le mariage homosexuel et l’adoption pour ces mêmes couples homosexuels. Cette loi sera appliquée mais elle n’a en soi aucune valeur car elle viole le droit naturel qui transcende toute procédure politique. Les anciens grecs avaient bien compris l’esprit des lois et leur fausseté lorsqu’elles contredisaient certaines valeurs. Le recteur de l’université du Latran, au sujet des principes non négociables, déclarait récemment: «Quatre siècles avant le Christ, la tragédie grecque, une des expressions les plus belles et universelles de la pensée humaine, a affirmé le primat d’un droit naturel antérieur à l’organisation de la cité, et donc fondateur de la formation ordonnée de la cité. Antigone, l’héroïne de Sophocle, déclare à Créon: «Je ne pensais pas que tes proclamations avaient une telle force que l’on pût, étant homme, outrepasser les lois non écrites et infaillibles des dieux. Car ces lois existent de tout temps, non pas d’aujourd’hui, ni d’hier, et personne ne sait où elles ont surgi.» «Le Conseil d'Etat français n'est pas chaud pour le «mariage pour tous»: c’est sous ce titre que l'hebdomadaire français «La Vie» dévoilait l’avis du Conseil d’Etat rendu en octobre 2012 et jusqu’ici non publié à propos du projet de loi adopté à l'Assemblée Nationale. Le Conseil d’Etat critique notamment l’adoption par des conjoints de même sexe. En effet, la filiation «est un élément essentiel de l’identification» de la personne, ajoute cet «Avis» qui parle de «fiction juridique». La biologie est en effet imparable. Tout enfant naît d’un père et d’une mère. Il ne suffit pas de remplacer dans la loi l’expression «père et mère» par «parents» pour changer les choses. C’est pourquoi aussi les  homosexuels réclament pour eux-mêmes le droit à la procréation médicalement assistée, dans le cadre de la révision de la loi sur la famille qui est à venir. Sans oublier la GPA (gestation pour autrui) qui va sans doute être une revendication. Et la spirale ouverte par le mariage homosexuel ne va pas s’arrêter là. Le père Federico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège, a pris la défense de «la reconnaissance publique du mariage monogame entre un homme et une femme comme une conquête de la civilisation», avertissant que sans cela on court le risque d’une législation de la polygamie et de la polyandrie.

dimanche 17 février 2013

Poussée islamiste


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Vincent Pellegrini

Tous les quatre ans, le National Intelligence Council des Etats-Unis, une cellule de veille de la CIA, publie un rapport sur l’évolution du  monde. Le dernier prospecte l’avenir jusqu’en 2030. Parlant de l’ «islam politique», le rapport explique: «Du Parti de la justice et du développement (AKP) en Turquie au Parti liberté et justice d’Egypte (FJP), en passant par Ennahdha en Tunisie, le Hamas à Gaza et les éventuelles victoires des groupes musulmans en Libye et en Syrie, une profonde transformation s’est opérée au Moyen-Orient.» Les Américains, optimistes, misent sur le pragmatisme politique… L’écrivain et spécialiste du Moyen-Orient Albert Soued explique par contre: «2011 et 2012 sont deux années qui ont vu l'avancée d'idéologies extrémistes des Frères Musulmans dans tous les pays arabes qui ont voulu secouer le joug de la dictature, en Tunisie, en Egypte, en Jordanie, en Cisjordanie, au Yémen, en Syrie;  qui ont vu la réorganisation d'al Qaeda, avec son nouveau chef, le médecin égyptien Aymann al Zawahiri et ses avancées en Afrique et au Moyen Orient, au Nigéria, au Sahel, en Somalie, au Sinaï, en Syrie, en Irak; qui ont vu les manœuvres dilatoires de l'Iran pour ne pas arrêter son programme d'armes nucléaires et ses interventions de déstabilisation de la région, directement ou à travers ses satellites de l'axe shiite, la Syrie, l'Irak, le Hezbollah au Liban et le Hamas dans la bande de Gaza.» On ne peut pas dire que tout cela soit encourageant. La loi islamique (charia) s’étend. Elle punit par exemple de mort, en suivant les légistes classiques, l’apostasie de l’homme qui renie l’islam pour se convertir à une autre religion comme le christianisme. Par ailleurs, en Tunisie, déjà 37 mausolées soufis (tombeaux de saints mystique musulmans) ont été saccagés ou détruits par les intégristes  musulmans et le même phénomène s’est vu ailleurs. En Algérie, la loi de 2006 contre le prosélytisme vient de faire une nouvelle victime. Accusé d'avoir tenté de «convertir» un collègue, un chrétien vient d'être condamné en appel à un an de prison. Il travaillait pour une multinationale et avait parlé de sa foi à un autre homme sur son lieu de travail. En Europe aussi l’islam devient plus revendicatif car l’oumma gagne le Vieux continent…  

 

 

mercredi 13 février 2013

un grand pape


édito paru dans le journal Le Nouvelliste

Par Vincent Pellegrini

 

On allait voir Jean Paul II, mais on venait écouter Benoît XVI. Avec la démission de Joseph Ratzinger comme vicaire du Christ sur terre, l’Eglise perd un grand pape enseignant et théologien. Benoît XVI avait une trop  haute idée de sa tâche pour continuer avec une santé fortement diminuée. On doit respecter son choix  même si son prédécesseur a préféré le chemin de croix. En renonçant à sa charge, Benoît XVI a fait preuve de courage. Et il part en laissant derrière lui des prélats et des cardinaux qui sauront garder son esprit ou tout au moins auront entendu répéter la saine doctrine.  Quand Joseph Ratzinger a été porté sur le siège de Pierre, on a parlé d’un pape de transition en raison de son âge. Benoît XVI a été beaucoup plus que cela. Il a poursuivi la nouvelle évangélisation lancée par Jean Paul II et il a recentré l’Eglise sur ses fondamentaux. Il a aussi rappelé une discipline que certains voulaient oublier en travestissant Vatican II. Le grand combat de son règne fut celui contre le relativisme sous toutes ses formes. Il n’a pas eu peur d’affronter les médias et les porte-parole de la morale politiquement correcte pour réaffirmer les remèdes spirituels de l’Eglise aux errances de ce siècle. Il fut aussi un pape liturgiste, fortement habité par la sacralité du rite. Il a d’ailleurs réconcilié ancienne et nouvelle messe. Les supputations sur son successeur peuvent commencer, mais plus rien ne sera comme avant. Le discret Benoît XVI a fait un travail de titan.

lundi 11 février 2013

Le califat égyptien


Cavalier seul

Vincent Pellegrini


L’Egypte va mal depuis que les Frères musulmans (fondamentalistes) y ont pris le pouvoir. Les chrétiens coptes sont de plus en plus souvent attaqués. Pour le Père Rafic Greiche, porte-parole de l´Eglise copte catholique, ces actes criminels sont devenus monnaie courante dans l´Egypte actuelle. De plus, la nouvelle Constitution explique à de réitérées reprises que la loi civile doit être conforme à la dure loi islamique. Celle-ci ne comprend en effet pas seulement le Coran mais aussi les hadiths, c’est-à-dire les recueils des faits et gestes ainsi que des enseignements du prophète.  La nouvelle Constitution, si elle est appliquée intégralement, imposera donc un islam rigoriste. Faisant siennes les critiques exprimées par l’évêque de Luxor, Mgr Joannes Zakaria, et par l’évêque de Giza, Mgr Antonios Aziz Mina, l’évêque copte d’Assiout, Mgr Kyrillos William Samaan, a défini le texte de la nouvelle Constitution comme «une attaque contre les droits de l’homme qui ne préserve que les prérogatives des musulmans extrémistes». Il a précisé: «Nous attendions un texte qui représente tous les citoyens, mais nous constatons qu’au contraire, l’orientation religieuse de la nouvelle Constitution pose les bases d’un califat islamique». L’évêque d’Assiout est administrateur patriarcal des coptes catholiques depuis février dernier. Il se dit particulièrement inquiet pour la condition des femmes et conclut: «Aujourd’hui, nous assistons à l’islamisation de notre pays». Les attaques de fanatiques contre les chrétiens sont désormais à l´ordre du jour en Egypte. Poussés par les autorités religieuses musulmanes des villages voisins, un millier de musulmans ont par exemple attaqué, le 18 janvier 2013, le village d´el-Marashda, dans la province de Qena, en Haute-Egypte. En Tunisie aussi, le printemps arabe s’est mué en hiver islamiste. La télévision a montré récemment le saccage par les barbus fanatisés d’un hôtel touristique sous prétexte  qu’il vendait de l’alcool. Les régimes plus ou moins laïcs du Moyen-Orient sont tombés et ont été remplacés par des partis fondamentalistes. L’avenir dira si une dynamique islamiste est en marche ou si le bon sens et la manne touristique prendront le dessus.

samedi 2 février 2013

anthropologie athée


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Vincent Pellegrini

La crise contemporaine vient d’abord d’un problème anthropologique, expliquait Jean Paul II. L’Institut Philanthropos est ainsi fort utile. Il est aussi fort utile de relire ce qu’a dit Benoît XVI sur la charité, la nouvelle éthique et l’anthropologie chrétienne le 19 janvier dernier. «L’adhésion à l’Evangile donne à la charité sa forme typiquement chrétienne et en constitue le principe de discernement. Le chrétien, en particulier celui qui agit dans les organismes de charité, doit se laisser orienter par les principes de la foi par laquelle nous adhérons au point de vue de Dieu, à son projet pour nous. Ce nouveau regard sur le monde et sur l’homme offert par la foi fournit aussi le bon critère d’évaluation des expressions de la charité dans le contexte actuel.» Certaines ONG chrétiennes qui ont des programmes uniquement laïques à proposer pour Carême par exemple, feraient bien de réfléchir à cela. Car on ne nourrit pas seulement les corps mais aussi les âmes. Un seul exemple de nos manquements: Les chrétiens d’Orient sont en train de disparaître, mais qui les aide? Et le pape de continuer: «Malheureusement, notre époque connaît aussi ces ombres qui obscurcissent le projet de Dieu. Je pense surtout à la réduction anthropologique tragique qui repropose l’ancien matérialisme  hédoniste, auquel elle ajoute toutefois un prométhéisme technologique. De l’union entre une vision matérialiste de l’homme et le grand développement de la technologie, émerge une anthropologie sur fond athée. Celle-ci présuppose que l’homme soit réduit à des fonctions autonomes, l’esprit au cerveau, l’histoire humaine à un destin d’auto-réalisation. Tout cela, abstraction faite de Dieu, à partir d’un horizon ultraterrestre. (…) C’est pourquoi l’Eglise redit son grand oui à la dignité et à la beauté du mariage comme étant l’expression d’une alliance fidèle et féconde entre l’homme et la femme, et son non à des philosophies comme celle du gender est motivé par le fait que la réciprocité entre masculin et féminin est l’expression de la beauté de la nature voulue par le créateur. Face à ces défis actuels, nous savons que la réponse est la rencontre avec le Christ. En lui, l’homme peut pleinement réaliser son bien personnel et le bien commun.»

lundi 28 janvier 2013

Dictature du relativisme


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Vincent Pellegrini

-         En 2006, une  hôtesse d’accueil de la compagnie aérienne British Airways a été licenciée car elle portait une chaînette avec une petite croix. Elle a recouru à la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg qui lui a donné raison. Par contre dans une autre affaire, la Cour a donné tort à une employée d’Etat civil qui avait refusé de célébrer des partenariats civils entre homosexuels. La Cour européenne a également donné tort à un conseiller conjugal licencié qui avait avoué à son employeur éprouver des difficultés à conseiller les couples homosexuels en raison de sa foi chrétienne. L’objection de conscience devient un véritable problème dans l’ancienne chrétienté que fut l’Europe. On se retrouve peu à peu dans la situation des premiers chrétiens qui ne témoignaient pas sans danger. Interrogé par Zenit.org sur les derniers jugements de la Cour européenne des droits de l’homme, Mgr Dominique Mamberti, secrétaire pour les relations du Saint-Siège avec les Etats, a déclaré: «Sur des sujets moralement controversés, comme l’avortement ou l’homosexualité, la liberté des consciences doit être respectée. Plutôt que d’être une entrave à l’établissement d’une société tolérante dans son pluralisme, le respect de la liberté de conscience et de religion en est une condition.» Et d’ajouter: «Le risque est réel que le relativisme moral, qui s’impose comme nouvelle norme sociale, vienne saper les fondements de la liberté individuelle de conscience et de religion. L’Eglise souhaite défendre les libertés individuelles de conscience et de religion en toutes circonstances, y compris face à la «dictature du relativisme». Il conclut: «Par conséquent, interdire l’objection de conscience individuelle et institutionnelle, au nom de la liberté et du pluralisme, ouvrirait paradoxalement au contraire les portes à l’intolérance et au nivellement forcé.»

-         L’ONG Portes ouvertes (www.portesouvertes.fr) a sorti son index de persécution des chrétiens 2013. Le Mali est devenu le 7ème pays sur 50 où les chrétiens sont le plus persécutés. On estime qu’environ 300 familles chrétiennes de Tombouctou ont dû laisser tous leurs biens derrière elles. Leurs maisons ont été brûlées. Les islamistes ont fouillé chaque maison à la recherche de chrétiens pour les tuer. Conclusion: La France a bien fait d’intervenir contre les fous d’Allah.