lundi 4 mars 2013

Un pape incompris


Cavalier seul

Vincent Pellegrini

Benoît XVI a pris congé de ses chers fidèles de façon émouvante et en les assurant de ses prières. Ce pape doux et d’une grande finesse intellectuelle a conquis les catholiques mais n’a pas été compris des médias qui n’ont manifestement pas lu ses nombreuses homélies d’une grande hauteur spirituelle. C’est le lot de ce temps qui laisse les médias muets s’il n’y a pas scandale. Finalement, lesdits médias ne se seront intéressés à Benoît XVI qu’à quatre reprises. Lors de son discours à Ratisbonne sur les rapports entre la raison et la foi et où une citation sur l’islam avait été sortie de son contexte par les médias. Ensuite lors d’une interview dans l’avion qui le menait en Afrique où un propos sur le préservatif, également sorti de son contexte, avait mis le feu à la presse. Ensuite lors de la levée des excommunications des évêques d’Ecône juste avant la connaissance des déclarations négationnistes de Mgr Williamson et enfin lors des scandales de pédophilie où le pape a pourtant pris toutes les mesures utiles. Certains professionnels ont critiqué la communication de Benoît XVI comme étant trop lente. Mais il était aussi dans le tempérament de ce pape d’attendre et de réfléchir avant de répondre au prurit des médias. Benoît XVI ne s’est jamais laissé dicter son agenda. Si l’on devait résumer son règne on pourrait citer deux mots: humilité et vérité. Il va manquer à l’Eglise. Reste que les supputations sur son successeur emplissent déjà les journaux. Certains espèrent un pape progressiste qui ordonnerait les femmes et permettrait aux protestants d’accéder à la communion eucharistique par exemple. Ils risquent d’être déçus car il faut s’attendre à une succession dans la continuité doctrinale. Joseph Ratzinger a créé 67 cardinaux sur 118 et les autres ont généralement reçu la pourpre cardinalice des mains de Jean Paul II qui fut aussi taxé de conservatisme par les médias. «Les cardinaux marqués par la théologie des années 1970 ne sont plus qu’une minorité, qui n’a pas les moyens de peser sur le scrutin», explique le «Figaro Magazine» qui ajoute: «Imagine-t-on, d’ailleurs, les cardinaux faire un pied de nez à Benoît XVI, qui sera toujours de ce monde, et lui donner un successeur qui s’empresserait de prendre des positions contraires aux siennes?» Ce qui n’exclut pas la surprise. Comme avec Karol Wojtyla en 1978.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire