samedi 22 février 2014

Gender et suites


Cavalier seul

Vincent Pellegrini

Gender et suites

-         La théorie du Gender sape les fondements même de la famille. Elle déferle en France et dans toute l’Europe. Mais c’est en France qu’elle jette les bases les plus solides. En voici quelques exemples sous forme de citations tirées de l’agence Unec. «Ce qui est en cause, c'est l'hétérosexualité en tant que norme. Il nous faut essayer de penser un monde où l'hétérosexualité ne serait pas normale», explique Eric Fassin, sociologue, promoteur de la théorie du genre en France, professeur à l'Ecole Normale Supérieure. «Les enfants n'appartiennent pas à leurs parents», dit Laurence Rossignol, sénatrice PS, le 5 avril 2013, en direct sur France 2, dans l’émission «Ce soir ou jamais». «Le but de la morale laïque est de permettre à chaque élève de s'émanciper... Il faut être capable d'arracher l'élève à tous les déterminismes: familial, ethnique, social, intellectuel», déclare Vincent Peillon, ministre de l’Education, dans «Le Figaro» du 2 septembre 2012.  «Toute l'opération consiste bien, avec la foi laïque, à changer la nature même de la religion, de Dieu, du Christ, et à terrasser définitivement l'Eglise», assène le même Vincent Peillon dans son livre «Une religion pour la République», page 277, édition du Seuil, en 2010.

-          Le 18 janvier 2014, des parents ont organisé en Allemagne, à Cologne, une manifestation contre les cours obligatoires d'éducation sexuelle version gender, où les enfants dès la maternelle sont confrontés à un contenu pornographique explicite les invitant à tester sur eux des pratiques pas encore connues à leur âge. Des parents qui n’ont pas laissé leurs enfants se rendre à ces cours d’éducation sexuelle ont été mis en prison!

-         On fait parfois sur Facebook des rencontres étonnantes, comme celle de cet ermite, Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur, qui vit seul avec son chat (appelé Maître-Chat Lully) dans son refuge Notre-Dame  de Compassion, dans la «Principauté» du Mesnil-Marie et plus précisément en bordure du village de Condas en Ardèche. Frère Maximilien-Marie est très actif sur Internet, donne des nouvelles de lui-même et de ses dévotions, et propose à ses paroissiens virtuels de passer le Carême en suivant ses prédications sur le Web. Facebook est souvent une perte de temps, mais pas toujours…

 

Consultation


Cavalier seul

Vincent Pellegrini

-         En automne prochain aura lieu à Rome un synode des évêques sur la famille qui a été voulu par le pape François. Ce dernier a demandé aux évêques de faire un état des lieux de la famille et en Suisse ce travail a été fait sous la forme d’un sondage-questionnaire dont les réponses ont été analysées par l’Institut suisse de sociologie pastorale (SPI). Il y a eu 25 000 réponses à cette consultation pastorale du couple, du mariage et de la famille de l’Eglise catholique. Une majorité des sondés sont pour que les divorcés-remariés puissent recevoir les sacrements et voient leurs couples reconnus par une bénédiction. Une majorité est aussi pour la reconnaissance et la bénédiction par l’Eglise des couples homosexuels. Le SPI conclut: «Il faut que l’Eglise arrête d’accorder une valeur absolue à certaines normes et directives face aux expériences et situations de vie concrètes des gens. Lorsque l’Eglise exige que les catholiques suivent inconditionnellement et sans critique les normes concrètes et les directives de comportement qu’elle donne, elle nuit finalement à son souhait de transmettre aux gens les aspects les plus centraux et essentiels de son message.» A notre avis, la SPI va trop loin et se trompe. L’Eglise ne gouverne pas par sondages et n’est pas une démocratie. Elle peut certes améliorer sa pastorale mais ne peut changer certains points de doctrines importants. L’Eglise est dans le monde sans être du monde disent les Ecritures et il est dans sa nature de proposer un idéal. Et elle n’a pas à suivre aveuglément les catholiques emportés depuis les années soixante par l’esprit du monde et de ses médias. Sans parler des diversités ecclésiales avec par exemple une Eglise beaucoup plus vive et traditionnelle en Afrique qu’en Europe. C’est pour cela qu’il y aura un synode à Rome. 

-         La nouvelle traduction liturgique francophone de la Bible a été offerte au pape François au terme d’une audience générale. La traduction est disponible sur le site de l'Association épiscopale liturgique pour les pays francophones à l’adresse www.aelf.org et elle est le fruit d’un long travail de spécialistes bibliques.

-         La nouvelle Constitution tunisienne rejette la charia comme source de la loi. La minorité chrétienne et les défenseurs des Droits de l'Homme sont soulagés.

samedi 1 février 2014

La force de la prédication


Cavalier seul

Vincent Pellegrini

-          Il s’appelle Michel-Marie Zanotti-Sorkine et il est prêtre. Après une carrière artistique d’auteur-compositeur-interprète à Paris il a été ordonné prêtre à l’âge de quarante ans. Il remplit chaque dimanche son église de Marseille par la sacralité de sa messe et par sa prédication. Il a déjà écrit douze livres. Il porte la soutane mais dit la nouvelle messe. Il porte sa soutane «pour ceux qui sont loin de l’Église» et qui peuvent le reconnaître sur la rue pour l’aborder; il n’hésite pas à dénoncer que, lorsque «la manière de faire certaines choses dans l’Église ne suscite pas de conversions et même éloigne les gens, il faut accepter de réviser notre façon de faire.» Un langage que tient aussi le pape François. Le Père Zanotti-Sorkine continue à créer des chansons et ses prédications sont écoutées dans plus de vingt pays sur le site internet qui lui est consacré (http://www.delamoureneclats.fr). Sa dernière actualité est la publication d’un livre qu’il a intitulé «Le Passeur de Dieu» et qui vient de paraître chez Robert Laffont. Dans ce roman, un journaliste lassé de sa vie et de l’éphémère vit une semaine avec un ermite haut en couleur qui lui fait voir le vrai visage de Dieu. Une très belle leçon de vie et l’illustration que le christianisme est la vraie religion de l’amour.

-          Récemment, le pape a baptisé dans la Chapelle sixtine trente-deux bébés. Il a centré son homélie sur la transmission de la foi et a déclaré notamment aux parents: «Je voudrais seulement vous dire ceci: Vous êtes ceux qui transmettent la foi, les transmetteurs; vous avez le devoir de transmettre la foi à ces enfants. C'est le plus bel héritage que vous leur laisserez: la foi!» A l’heure où le catéchisme n’est plus donné qu’épisodiquement à l’école, il est important que les  parents cherchent s’il y a des cours de catéchisme donnés par la paroisse ou qu’ils donnent eux-mêmes le catéchisme. Sinon leurs enfants seront des analphabètes de la foi chrétienne.  

-         Le martyrologe romain fait mémoire du bienheureux Casimir Gostynski, prêtre polonais et martyr du nazisme (1884-1942). Déclaré bienheureux, il fait partie des 3646 prêtres polonais déportés dans les camps de concentration nazis pendant la seconde guerre mondiale. Il fut déporté au camp de concentration de Dachau.

 

lundi 27 janvier 2014

Nécessaire débat


Cavalier seul

Vincent Pellegrini

Je voterai oui à l’initiative populaire «Financer l’avortement est une affaire privée» parce que la grossesse n’est pas  une maladie et parce que les chrétiens ont un droit légitime à l’objection de conscience, en l’occurrence à ne pas co-financer avec leurs primes  maladie de  base le meurtre de vies humaines naissantes. D’autant plus que dans la majorité des cas, les avortements sont pratiqués sans même qu’il y ait danger pour la vie de la mère. Les partisans de l’avortement s’offusquent du fait que cette initiative relance le débat sur l’IVG. Ils voudraient enterrer le débat à tout jamais. Pourtant la continuité dudit débat sur la sacralité de la vie humaine est nécessaire. Le pape François lui-même, avec son franc parler, n’a pas hésité le 13 janvier à porter ce débat sur le plan international lorsqu’il a prononcé à l’occasion des vœux annuels au corps diplomatique cette phrase choc: «Malheureusement, ce ne sont pas seulement la nourriture ou les biens superflus qui sont objet de déchet, mais souvent les êtres humains eux-mêmes, qui sont jetés comme s’ils étaient des choses inutiles. Par exemple, la seule pensée que des enfants ne pourront jamais voir la lumière, victimes de l’avortement, nous fait horreur.» En France, la logique abortive poursuit son chemin. Un texte vient d’être approuvé au Sénat, ainsi qu’en commission à l’Assemblée. Il a en principe été traité cette semaine en séance publique et étend le délit d’entrave à l’avortement. Le Figaro du 17 janvier explique dans ses pages débat: «Le deuxième amendement vise à étendre le délit d’entrave à l’information sur l’avortement. Malheur à ceux qui avertiront des dangers de l’avortement ou tenteront d’en dissuader celles qui se posent des questions, voire qui oublieront d’en parler. Cette disposition inspirée par les féministes ProChoix cible les plateformes d’écoute des femmes enceintes et les sites Internet qui seront donc empêchés de promouvoir la vie puisqu’on leur imposera de promouvoir aussi la mort.» Cela si une femme porte plainte. L’Espagne, par contre, va rendre plus strictes les conditions pour pratiquer un avortement. Ce sera même l’un des rares pays où l’on n’aura plus le droit d’avorter des trisomiques. D’ailleurs, le débat sur l’avortement est plus que jamais d’actualité sur le plan européen.

 

lundi 20 janvier 2014

A contre-courant


Cavalier seul

 

Vincent Pellegrini

 
-         Quelle place pour l’Eglise dans la société civile et politique? L’agence APIC explique: «Le pape François, devant un groupe de parlementaires français, en mai 2013, s’était contenté d’assurer que leur rôle était de donner «une âme» aux lois et, le cas échéant, de les «abroger». Benoît XVI, quant à lui, avait encouragé les évêques français, en novembre 2012, à faire entendre leur voix «sans relâche et avec détermination» dans «les débats importants de société». Il avait aussi noté «l’énorme défi à vivre dans une société qui ne partage pas toujours les enseignements du Christ, et qui parfois cherche à ridiculiser ou à marginaliser l’Eglise en désirant la confiner dans l’unique sphère privée». A ce sujet, je regrette toujours l’anonymat des communiqués de la Conférence des évêques suisses. Ils prennent position sur divers sujets en toute collégialité  mais les fidèles préféreraient savoir ce que pense leur évêque et pasteur de leur diocèse de tel ou tel sujet. Et les chrétiens doivent faire entendre leur voix. Le 23 juin 2013, le pape François a déclaré avec insistance: «Combien de personnes paient cher leur engagement pour la vérité! Combien d'hommes justes préfèrent aller à contre-courant pour ne pas renier la voix de la conscience, la voix de la vérité, des personnes droites qui n'ont pas peur d'aller à contre-courant! Et nous, nous ne devons pas avoir peur!». Avant de conclure, le Pape s'est adressé aux jeunes en disant: «N'ayez pas peur d'aller à contre-courant. Quand on veut vous voler votre espérance, quand on vous propose ces valeurs qui sont avariées, des valeurs comme un mauvais repas et quand un repas est mauvais, il nous fait mal, ces valeurs nous font mal. Nous devons aller à contre-courant! Et vous, les jeunes, vous êtes les premiers. Allez à contre-courant et ayez cette fierté d'aller justement à contre-courant. En avant, soyez courageux et allez à contre-courant! Et soyez fiers de le faire!». 

-         Le pape François soutient les communautés de base mais n’est pas un partisan de la théologie de la libération. Il a en effet déclaré: «Les communautés de base ne doivent pas perdre le contact avec la riche réalité des paroisses et s'insérer dans la pastorale des différents diocèses». Alors que la vision révolutionnaire des communautés de base les coupe de toute hiérarchie ecclésiastique.

samedi 11 janvier 2014

Quel Coran?


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Vincent Pellegrini


-         Dans son exhortation apostolique «La joie de l’Evangile», le pape François écrit que «le véritable islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute violence». Cette phrase a troublé l’abbé Guy Pagès qui a écrit au pape une lettre ouverte publiée notamment sur le blog «riposte-catholique.fr». L’abbé Pagès, qui a déjà écrit plusieurs fois au pape mais n’a jamais reçu de réponse, y explique notamment: «Allah seul connaît l’interprétation du Coran» (Coran 3.7); les versets réputés «tolérants» de l’immuable Coran ont tous été abrogés par «le verset du sabre» (Coran 9.5,29); si «le véritable Islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute violence», alors Mahomet n’a pas incarné la véritable interprétation de l’islam, et sa conduite ne peut pas être normative pour les musulmans (Coran 33.21); à la différence du Christ ayant confié Son autorité à Pierre dont vous êtes le légitime successeur, il n’y a pas en Islam de magistère qui puisse vous donner, à vous ou à quiconque, avec une autorité infaillible, la définition de ce qu’est ou n’est pas «le véritable Islam et une adéquate interprétation du Coran», d’où les incessantes guerres intestines du monde musulman au nom d’une interprétation toujours plus «authentique»; etc. L’abbé Pagès explique notamment qu’il suffit d’ouvrir un Coran, même dans une des traductions édulcorées à l’usage des lecteurs occidentaux, pour voir que sur les 6235 versets du Coran, beaucoup vouent à l’exécration tous ceux qui ne sont pas musulmans, et expriment la funeste intention de les tuer ou de les soumettre.

-         La formation de responsables religieux musulmans à l'Université de Fribourg en Suisse pourra être lancée selon le groupe de travail formé par la Confédération, explique l’agence APIC. Il est prévu de lancer une formation continue pour imams, mais pas de formation de base. Les chefs religieux musulmans continueront en effet de suivre leur formation de base à l’étranger. Ce concept est tout à fait insuffisant. La formation de base à l’étranger se fait en effet dans un islam classique majoritaire pas vraiment compatible avec notre démocratie helvétique. La formation de base devrait se donner en  Europe pour une interprétation plus large de l’islam, comme l’exégèse que les chrétiens ont appliquée à la Bible.

dimanche 5 janvier 2014

Euthanasie


Cavalier seul

 

Vincent Pellegrini

 

-         On connaissait l’euthanasie (suicide assisté) pour les personnes âgées ou les adultes incurables, mais voici venir l’euthanasie directe des enfants. «Une nouvelle forme de barbarie est en marche, et à grande vitesse», estiment les initiateurs de «Euthanasiestop.be» qui dénoncent la proposition de loi ouvrant l’accès de l’euthanasie aux enfants qui vient d’être votée en séance plénière au Sénat belge par 50 voix pour et 17 voix contre, explique l’agence Zenit.org. Le communiqué dénonce: «Aucune limite d’âge n’est prévue: un enfant de 5 ans, voire moins, peut obtenir qu’on mette fin à ses jours s’il fait état d’une souffrance physique insupportable et inapaisable, s’il est en phase terminale, si ses parents marquent leur accord et si un psychologue ou pédopsychiatre atteste que l’enfant a une capacité de discernement suffisante». «Ces dispositions font de la législation belge celle qui ouvre l’accès le plus large à l’euthanasie au monde, en violation très probable de grands textes de droit international ratifiés par la Belgique». «Les spécialistes des soins palliatifs et les psychologues n’ont pas attendu la promulgation de la loi pour soulager les souffrances des enfants malades et de leurs proches!», tonne l'association. A noter que le conseil national de l’Ordre des infirmiers de France (ONI) vient de refuser toute légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté

-         Dans une de ses dernières chroniques parue dans le «Daily Beast», Kirsten Powers a attiré l'attention sur le silence de l'Église américaine face aux persécutions que subissent les chrétiens dans le monde. La journaliste évoque le sort des chrétiens de Syrie comme celui des chrétiens d'Irak, dont les deux tiers ont fui leur pays pour survivre, explique l’agence Protestinfo. «Les chrétiens du Moyen-Orient et d'Afrique sont massacrés, torturés, violés, kidnappés, décapités et contraints de fuir la terre qui a vu naître le christianisme», a-t-elle écrit. «On pourrait penser qu'une telle horreur susciterait l'émoi dans les chaires et sur les bancs des églises d'Amérique. Mais non. Le silence est pour ainsi dire assourdissant.» En Irak, le jour de Noël, au moins vingt chrétiens ont péri suite à des attentats à la bombe dans un quartier chrétien, à la sortie de la messe. C’est le fruit de la politique américaine en Irak.

 

samedi 21 décembre 2013

Naïveté


Cavalier seul

 

Vincent Pellegrini


-         Le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, est intervenu lors de la session d'ouverture de la conférence du Kaiciid (Centre international pour le dialogue interreligieux et culturel «Roi Abdallah Ben Abdelaziz») fondé par l’Arabie Saoudite, l’Espagne et l’Autriche, avec le Saint-Siège. «Le dialogue interreligieux, a-t-il estimé, rend attentif à ne pas donner des autres religions une vision négative, que ce soit dans le monde enseignant, dans les médias ou dans le discours religieux.» L’intention du cardinal Tauran est bonne, mais quelque peu naïve. L’islam classique, lui, ne se prive en effet pas de traiter les chrétiens de mécréants et d’idolâtres. Les musulmans doivent être respectés mais un chrétien doit pouvoir critiquer l’islam au nom de la liberté d’expression. L’islam contemporain est souvent discriminant, voire persécuteur pour les chrétiens et il aurait besoin de nouvelles interprétations alors que c’est la lecture des légistes musulmans classiques qui domine actuellement, avec la prise en compte souvent littérale de la tradition en dehors du Coran. C’est ainsi, à titre d’exemple, que le projet de nouvelle constitution égyptienne prévoit la charia comme source du droit et que l’assemblée parlementaire intérimaire de la Libye veut introduire la même charia. Quand donc l’islam reprendra-t-il son processus de rationalisation amorcé au IXe siècle mais interrompu quelques siècles plus tard par les oulémas? L’islam des Lumières est le fait de chercheurs opérant en Europe mais pas dans les chaires des grandes universités islamiques arabes. Le nécessaire dialogue interreligieux avec l’islam ne peut pas être théologique, mais il doit porter sur les droits de l’homme et la liberté religieuse.

-         Le «Rapport Estrela» a été rejeté pour la seconde fois au Parlement européen. Il s'agit d'un rapport «sur la santé génésique et sexuelle» très controversé qui imposait notamment l’avortement à tous les Etats européens et ignorait l’objection de conscience ainsi que le rôle des parents. Le vote a laissé chaque pays libre. Mais ce vote est surtout une victoire Pro-Vie pour l’initiative «Un de nous» signée par deux millions d’Européens demandant notamment à l’UE de ne pas financer les groupes promouvant l’avortement.

samedi 14 décembre 2013

Remise à plat


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Vincent Pellegrini

 
  -         Le Notre Père en français va changer. La Conférence épiscopale suisse vient en effet de communiquer que la nouvelle traduction française de la Bible pour la liturgie est prête après dix-huit ans de travail par plus de 70 spécialistes. Cette traduction sera suivie, pour l'emploi dans la liturgie, probablement au début 2016, par la publication du nouveau Missel romain. Dans un souci d’amélioration et de fidélité au texte original, la dernière demande du Notre Père a été modifiée. «Ne nous soumets pas à la tentation» deviendra: «Ne nous laisse pas entrer en tentation». Avant la nouvelle messe on disait: «Ne nous laissez pas succomber à la tentation.»

-         Les dernières statistiques de l’Eglise catholique romaine publiées par l’Institut suisse de sociologie pastorale montrent une foi catholique en repli sur le plan suisse et valaisan (voir  notre édition du 6 décembre). On parle de changement de société mais l’explication n’est pas complète. Il faut aussi parler de ceux, dans l’Eglise, qui ont interprété le Concile Vatican II selon une herméneutique de la discontinuité au lieu d’une herméneutique de la continuité pour reprendre une formule chère au pape émérite Benoît XVI. Certains ont ainsi désacralisé la liturgie et relativisé la Vérité catholique notamment à travers un œcuménisme et un dialogue interreligieux mal compris. Un certain nombre de fidèles ont senti ce flottement avec les conséquences que l’on voit maintenant. Dans son commentaire sur la dernière exhortation apostolique «La joie de l’Evangile» la Conférence épiscopale suisse relève avec justesse: «Selon le pape François la pastorale d’un point de vue missionnaire exige de renoncer à l’argument «on a toujours fait ainsi». Effectivement, il faut remettre les choses à plat et reprendre le Concile Vatican II avec un souci de continuité par rapport à la tradition.

-         Dans sa lettre pastorale écrite dans le cadre de la Journée des droits de l'homme, Mgr Vitus Huonder, évêque de Coire, déplore notamment l'«(homo)-sexualisation des enfants» par le système scolaire, explique l’agence APIC. Dans sa lettre pastorale intitulée «Le genre - le vaste mensonge d'une théorie», l'évêque s'oppose à l'idée d'une sexualité qui serait uniquement orientée par des facteurs sociaux et librement choisie par les individus.

 

lundi 9 décembre 2013

Exhortation


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Vincent Pellegrini


Les Éditions Saint-Augustin publient, pour la Suisse romande, la première exhortation apostolique du pape François («La  joie de l’Evangile»). Les Editions Saint-Augustin communiquent: «Huit mois après le début de son pontificat, François livre un texte magistériel fort, au ton très personnel. Il montre sa volonté de réformer l’Église catholique, afin qu’elle soit plus proche de l’Évangile, plus collégiale, moins centralisée.» Tout au long des 165 pages de cette exhortation, le pape François développe des sujets variés qui lui tiennent à cœur et qui font l’objet de ses homélies quotidiennes: les défis du monde comme la mondialisation, l’argent, l’économie, la violence, la priorité à donner aux pauvres, mais aussi la crise des vocations. Il y donne même quelques indications pratiques aux prêtres pour une bonne prédication. Ce document ne comporte pas de grands changements en matière de doctrine, mais le pape exprime très clairement son intention de réformer le fonctionnement et les structures de l’Église. Il souhaite même une «conversion» de la papauté et indique qu’il veut donner plus de liberté aux différentes conférences épiscopales à travers le monde, expliquent les éditions Saint-Augustin.

 C’est une véritable révolution. Le pape, qui se définit comme l’évêque de Rome, gouverne déjà avec un collège de huit cardinaux et le conseil permanent du synode des évêques. On assiste là à un changement de paradigmes dans la manière de mener la barque de Pierre.

 Concernant le droit à la vie, le pape explique dans son exhortation: «Parmi les faibles dont l’Eglise veut prendre soin avec prédilection il y a aussi les enfants à naître, qui sont les plus sans défense et innocents de tous, auxquels on veut nier aujourd’hui la dignité humaine. On ne doit pas s’attendre à ce que l’Eglise change de position sur cette question… Ce n’est pas un progrès de prétendre résoudre les problèmes en éliminant une vie humaine.» Le pape François a même dénoncé, le 18 novembre 2013, les «sacrifices humains». «On en pratique tellement, tellement», a-t-il déploré au cours de l’homélie prononcée à la Maison Sainte-Marthe, précisant qu’il existait même des lois pour les protéger, dans une claire allusion au droit à l’avortement et à l’euthanasie, relate l’agence APIC.

 

mardi 3 décembre 2013

Terrorisés


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Vincent Pellegrini

 

-         La liberté de ton du pape François dans ses interviews ou en d’autres circonstances a choqué les traditionalistes d’Ecône. Leur supérieur général, le Valaisan Bernard Fellay, a notamment déclaré le 12 octobre au sujet du  nouveau pape: «Nous n’avons peut-être pas une vue d’ensemble à l’heure actuelle, mais nous en avons suffisamment pour être terrorisés. Nous sommes en présence d’un véritable moderniste. Quand on voit ce qui se passe maintenant, nous remercions Dieu d'avoir été préservés de toute forme d’accord l’année dernière.» Il est vrai  que le pape ne s’est pas montré particulièrement traditionaliste en répondant par exemple dans une interview accordée à la revue jésuite «Civilta Catholica»: «Si le chrétien est légaliste ou cherche la restauration, s’il veut que tout soit clair et sûr, alors il ne trouvera rien. La tradition et la mémoire du passé doivent nous aider à avoir le courage d’ouvrir de nouveaux espaces à Dieu. Celui qui aujourd’hui ne cherche que des solutions disciplinaires, qui tend de manière exagérée à la sûreté doctrinale, qui cherche obstinément à récupérer le passé perdu, celui-là a une vision statique et non évolutive Mais le pape a aussi accordé sa bénédiction apostolique à la Fraternité sacerdotale saint-Pierre (traditionalistes ralliés à Rome) pour son 25e anniversaire. En toutes occasions, le pape François parle très librement et improvise. Cela donne lieu à des prises de position qui peuvent parfois être interprétées de diverses manières. Récemment, il a par exemple dénoncé «la tentation du cléricalisme». Pour connaître sa pensée comme pape, il faut suivre ses allocutions préparées et officielles sur des sujets précis.

-         Pour la clôture de l'Année de la foi (24 novembre 2013), les reliques de saint Pierre seront exposées au public pour la première fois depuis qu'elles ont été découvertes dans les années 1940, nous apprend Zenit.org. Les ossements de Pierre ont été trouvés lors de fouilles entreprises en 1940, dans une nécropole située sous la basilique Saint-Pierre. Radio Vatican rappelle que des tests scientifiques avaient conclu à une grande «probabilité» que les reliques soient celles de l'apôtre. Selon la tradition, saint Pierre fut crucifié la tête en bas dans le cirque Caligula, sur le terrain actuellement occupé par les jardins du Vatican.

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-         Vincent Pellegrini

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-         Liberté religieuse?

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-         Lors de la discussion de détail sur la nouvelle loi scolaire valaisanne, l’UDC a essayé en vain d’inscrire l’article suivant: «Les fêtes religieuses non-chrétiennes ne constituent en aucun cas un motif de congé.» Une députée de l’alliance de gauche a expliqué qu’elle avait accordé un congé à un élève pour la fin du ramadan. Au vote, l’amendement de l’UDC a été rejeté par 65 non, 52 oui et 3 abstentions. L’UDC a communiqué sur ce sujet: «En Valais, l'école n'est pas laïque. La loi sur l'instruction publique lui impose en effet de rechercher la collaboration des Eglises reconnues; il n'y en a que deux: l'Eglise catholique romaine et l'Eglise réformée évangélique. Dans ce sens, la loi fixe pour but à l'école, entre autres, de préparer les élèves à leur tâche de chrétiens. Comment, dès lors, accepter que l'on accorde des congés, comme cela s'est produit pour l'Aïd, à des élèves musulmans pour participer à des fêtes religieuses non chrétiennes?» On fera remarquer, selon la jurisprudence islamique, que les musulmans, lorsqu’ils ne sont pas en terre d’islam, sont dispensés de certaines prescriptions islamiques s’ils ne peuvent les obtenir. Ainsi, par exemple, l’université religieuse Al-Azhar du Caire avait demandé aux musulmans de respecter l’interdiction du voile à l’école en France tout en rappelant que le voile était obligatoire en Egypte. Mais dès que les musulmans sont assez forts, ils doivent revendiquer l’application de leur religion dans l’espace public. Si le Valais cède sur les congés islamiques, il risque de devoir céder sur d’autres points (piscine, cantine, prière du vendredi, cimetières, etc.). En Valais, l’islam n’est pas encore une religion reconnue de droit public comme c’est le cas pour les confessions chrétiennes. Faut-il donner congé aux élèves musulmans pour l’Aïd, la plus grande fête musulmane, au nom de la liberté religieuse? Là est la question et elle n’est pas facile à trancher. On peut dire oui à un congé musulman et réclamer la réciprocité dans les pays musulmans où le christianisme est bridé. Selon une étude de 2011 du Pew Forum, le christianisme est la religion la plus persécutée au monde. La ligne rouge, en Valais, reste le communautarisme qui s’oppose à l’intégration et l’application de la loi islamique à la place de la loi civile suisse.

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lundi 18 novembre 2013

Islamisation


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Vincent Pellegrini

-         La Turquie veut entrer dans l’Union européenne alors que ses autorités poursuivent un processus d’islamisation du pays. Des députées du parti au pouvoir siègent désormais voilées dans un pays qui appliquait jusqu’ici une politique laïque stricte. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, de l’AKP, parti islamo-conservateur, a condamné les étudiants et étudiantes habitant sous le même toit, assurant qu'il allait prendre des mesures contre ce phénomène, explique l’agence APIC. Cette mixité "va à l'encontre du caractère démocratique et conservateur de notre pays", a déclaré le chef de gouvernement. En dix ans, le gouvernement est intervenu dans une foule de domaine (contre l’alcool,  contre le rouge à lèvre des hôtesses de l’air, etc.) pour islamiser le pays. Le gouvernement favorise aussi l'enseignement coranique aux dépens des écoles laïques. Seulement 360 000 élèves sur un million seront acceptés dans les établissements non religieux cette année. Et des procès en série ont affaibli l’armée garante de la laïcité.

-         On ne badine pas avec la morale dans un pays musulman comme le Maroc. Deux jeunes adolescents de 14 et 15 ans viennent de l’apprendre à leurs dépens. Amoureux et fiers de l’être ils ont publié sur facebook une photo où ils s’embrassaient. Ils ont été tous les deux arrêtés ainsi que le photographe…

-         En Inde, se pratique à grande échelle l’avortement sélectif en fonction  du sexe de l’enfant et ce sont les petites filles qui sont éliminées de façon massive.  Il y a plus de petites filles éliminées chaque année par l’avortement ou l’infanticide en Chine et en Inde que de naissance de petites filles aux Etats-Unis.

-         Le scheik Abdul Aziz bin Abdullah, grand mufti d’Arabie Saoudite, a déclaré qu’il «est nécessaire de détruire toutes les églises de la région», rapporte l’agence catholique Fides. Il y a en Arabie saoudite entre 3 et 4 millions de travailleurs immigrés chrétiens. La fatwa du mufti concerne aussi les autres pays de la péninsule arabique comme le Koweit, les Emirats arabes unis, le Bahreïn, le Yémen, le sultanat d'Oman, le Quatar, etc. Notons enfin que l’Arabie saoudite est le seul pays au  monde où les femmes n’ont pas le droit de conduire.

 

samedi 9 novembre 2013

Pour la famille


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Vincent Pellegrini

 

 

-         Nous aurons notamment à voter le 24 novembre sur l’initiative intitulée: «Initiative pour les familles: déductions fiscales aussi pour les parents qui gardent eux-mêmes leurs enfants». Mine de rien, cette initiative pose une vision de la société que nous voulons avoir. La Suisse est entrée dans l’hiver démographique et ne renouvelle plus ses générations. Il faudrait plus de familles nombreuses et seules les classes moyenne et supérieure peuvent supporter la charge financière que cela représente. Elles ont besoin d’une reconnaissance sociale et d’une aide fiscale. C’est l’une des conditions pour arriver au libre choix du modèle familial. Malheureusement, et on le voit bien dans les interventions des adversaires de l’initiative pour les familles, le travail de la mère au foyer est dévalorisé. Pourtant, lorsqu’il travaille à la maison, le parent fait économiser à l’Etat des frais de crèche et dispense une éducation (appui scolaire, apport affectif, etc.) qui est irremplaçable. Les enfants dont la mère travaille à la maison partent avec un beau cadeau dans la vie. En bref, l’égalité pour tous requiert de voter oui à l’initiative. La famille le vaut bien, elle qui fera l’objet du premier synode convoqué par le pape François.

-         Le Conseil de l’Europe et d’autres groupes de pression cherchent à imposer l’avortement facilité en Irlande et en Pologne. Grégor Puppinck, directeur du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), analyse le glissement qui est en train de s’opérer. «Pourquoi une telle pression sur l’Irlande et la Pologne alors que ces deux pays sont parmi les meilleurs au monde dans les soins de santé maternelle, loin devant la France et les Etats-Unis?», s’interroge Grégor Puppinck, expliquant que «l’avortement détermine profondément la culture: sa légalisation a valeur de rituel de passage dans la postmodernité, car elle implique la domination de la volonté individuelle sur la vie, de la subjectivité sur l’objectivité».  

-         Et enfin, on a constaté au Royaume-Uni un  boom des confessions attribué à l’effet «pape François», au Brésil l’archevêque de Sao Paulo s’est prononcé contre l’enterrement des chiens avec leur maître et en Australie un joueur de cricket musulman a refusé de porter le logo d’une marque de bière

 

Laïcisme athée


Cavalier seul

Vincent Pellegrini


On apprend par l’agence RU un élément de plus prouvant que l’Union Européenne ne veut pas entendre parler de ses racines chrétiennes alors que le christianisme a façonné l’Europe au point qu’elle serait bien différente si ce même christianisme n’avait pas été là comme élément civilisateur. Comme c’était déjà le cas il y a peu pour la Slovaquie qui n’a pas obéi, l’Union Européenne essaie d’imposer fanatiquement ses règles athées concernant les images apparaissant sur les différents modèles de la monnaie Euro. Cette fois-ci c’est le tour de l’Andorre. Ce mini-Etat avait obtenu le droit de frapper sa monnaie Euro à partir du 1 janvier 2014, mais son projet  de médaille fut rejeté par Bruxelles en raison d’un Saint figurant sur sa future pièce de monnaie en Euro. Il s’agissait de Saint Brice de Tours, tiré d’une fresque romane du XIIe siècle dans l’église Saint Martin de la Cortinada. Bruxelles, par son verdict du 13 août, ordonna au gouvernement d’Andorre de «reconsidérer le projet pour ne pas rompre le principe de neutralité en matière de croyance religieuse». Pratiquement cela signifie: pas d’images du Christ ni des saints! Une petite semaine a suffi au gouvernement d’Andorre pour retirer son projet en jugeant servilement la critique de Bruxelles «raisonnable et fondée», et en remplaçant l’image du Saint par des éléments de l’église romane de Santa Paloma. Le temps des chanceliers Adenauer et Kohl, qui voulaient une «Europe chrétienne», sont bien révolus, conclut l’agence RU. Benoît XVI a pourtant souvent insisté pour que l’Europe reconnaisse dans sa charte ses racines chrétiennes mais la France, en particulier, ne veut pas en entendre parler.

Vient de paraître aux éditions Salvator, un livre de Thibaud Collin «Sur la morale de Monsieur Peillon». On sait que Vincent Peillon, ministre de l’Education nationale, en France, a affiché dans tous les établissements publics sa charte de la laïcité. Son livre sur Ferdinand Buisson «Une religion pour la République», aux éditions du Seuil est paru en 2010. L’historien Jean Sevillia conclut: «L’actuel  ministre de l’Education nationale, sous le manteau de la neutralité, veut dispenser une morale ayant la force d’une religion obligatoire, mais d’une religion fondée sur l’anthropologie athée et libérale-libertaire de la génération post-68.» 

mardi 29 octobre 2013

Heureux prêtres


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Vincent Pellegrini


 - Le magazine «Forbes» vient de publier un classement des métiers qui apportent le plus de bonheur à ceux qui les pratiquent. Celui-ci a été établi à partir de sondages aux États-Unis. En tête du classement, devant les pompiers, se placent les hommes d’Eglise. Le site gentside.com commente: «Les hommes d’Église: L'amour de Dieu semble être apparemment une source de joie de vivre inépuisable. Leur foi, leur fonction d'assistance et d'écoute à l'égard des paroissiens leur apporte visiblement du bonheur dans leur activité.»

-       Le fait est passé inaperçu dans la presse mais le pape François a enregistré un message vidéo diffusé le 13 octobre 2013 à Tarragone, au sud de la Catalogne, à l’occasion de la béatification de 522 martyrs, morts pour la plupart durant la Guerre d’Espagne (1936-1939) «en haine de la foi», nous apprend l’agence APIC qui ajoute: «Les martyrs de la guerre d'Espagne sont principalement des religieux catholiques exécutés par les républicains dans le contexte de la «terreur rouge» qui se déploya durant la guerre civile qui ensanglanta le pays à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

-       Les Marocains souhaitant embrasser le christianisme ou une autre religion que l’islam risquent l’emprisonnement: entre six mois et trois ans plus une amende. Au Maroc il est en effet interdit de parler publiquement de sa foi chrétienne sous peine d’être accusé de prosélytisme. J’ai parlé dans un récent billet d’un jeune qui a été condamné à deux ans et demi de prison et à une forte amende pour cela. Il a par ailleurs été tabassé par les autres détenus dans la prison où il a été enfermé et le directeur a dû le transférer dans une cellule où il est seul pour qu’il reste en vie. Quant à sa famille, elle a été  mise au ban du village où elle habite. Dans son dernier rapport 2013 sur les libertés religieuses dans le monde, le Département d’Etat américain estime à 4000 le nombre de Marocains convertis au christianisme.

-       Le nouveau pape François semble bien être progressiste. Le théologien condamné par l’Eglise Hans Küng (qui a toujours violemment attaqué Jean Paul II et Benoît XVI) vient en effet de dire du bien du nouveau pape et a expliqué qu’il avait été «quasi réhabilité informellement» par une lettre manuscrite du pape François.

 

lundi 14 octobre 2013

Remue-ménage au Vatican


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Vincent Pellegrini

 Au fur et à mesure que le pape François donne des interviews et fait des déclarations, émerge l’image d’un pape progressiste et réformateur. On sait que la priorité pour le nouveau pape est la réforme de la curie. Selon «Le Figaro», le pape François envisage de gouverner de façon moins hiérarchique et de s’appuyer sur une curie respectant le poids des églises locales. On sait que François 1er gouverne avec un conseil de huit cardinaux et qu’il a critiqué le «vaticano-centrisme» de la curie. Il veut fonder une Eglise pauvre et un nouveau fonctionnement pour le synode des évêques. Lui-même aime d’ailleurs se définir comme «l’évêque de Rome». Il veut gouverner en «communion» avec ses confrères évêques. On s’achemine vers une petite révolution de la gouvernance du Vatican calquée jusqu’ici sur un modèle quasi monarchique. «Le Figaro» explique que le pape doit maintenant déterminer ce sur quoi le synode nouvelle formule va devoir débattre. On parle déjà du problème des divorcés-remariés. Jean-Marie Guénois, correspondant à Rome du «Figaro», citant le porte-parole du Vatican, le Père Lombardi, explique que l’état d’esprit sera de placer la curie romaine au service de l’Eglise en respectant la subsidiarité, c’est-à-dire le poids des églises locales. Soit, affirme le porte-parole, le contraire du centralisme romain. Le 1er octobre, a paru dans «La Repubblica» un entretien du pape avec le laïque et anticlérical Eugenio Scalfari. Le contenu de ce texte choc est une discussion à bâtons rompus publiée avec l’approbation du pape selon Scalfari. Le pape y dit notamment: «Il n’existe pas de Dieu catholique, il existe un Dieu». Florilège de citations: «le prosélytisme est une pompeuse absurdité, cela n’a aucun sens»; «quand je me trouve confronté à  un clérical , je deviens soudainement anticlérical». Les traditionalistes y ont vu du relativisme (l’interview en français sur www.laportelatine.org).  Le pape parle d’ouverture à la culture moderne en renforçant l’œcuménisme et le dialogue avec les non-croyants. Il parle aussi de changer la vision vaticano-centriste de la curie. Le  Vatican a été très embarrassé par cette interview et expliqué que le texte n’avait pas été revu par le pape mais que la substance de l’entretien y était. Ce texte n’est donc pas du tout magistériel mais il annonce d’autres surprises.

 

lundi 7 octobre 2013

Burqa


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Vincent Pellegrini


- Le 22 septembre dernier deux-tiers des Tessinois ont voté l’interdiction de se voiler le visage dans les espaces publics. Reste à juger sa constitutionnalité. Était visé le voile intégral, soit le niqab qui ne laisse voir que les yeux et la burqa qui voile les yeux avec un grillage. La France et la Belgique ont également interdit le voile intégral. C’est une mesure qui est juste car le voile intégral n’est pas une prescription islamique et car il dévalorise gravement la femme. Comme le chante Pierre Perret: quand la femme est grillagée toutes les femmes sont outragées.  Le port du voile intégral assimile la femme à un enfant à qui l’on ne pourrait pas faire confiance. C’est le même problème lorsque le Coran ne donne à la femme que la moitié de l’héritage octroyé à l’homme. Le voile intégral, c’est la montée de l’islamisme et un signe de refus d’intégration en Suisse. Les femmes socialistes suisses ont déposé une initiative parlementaire pour sanctionner ceux qui obligent les femmes à porter le voile intégral. C’est une démarche insuffisante car les femmes voilées diront que c’est leur choix ou seront forcées de le dire. Le conseiller national Oskar Freysinger avait réussi à faire passer au Conseil national une motion interdisant de dissimuler son visage dans les transports publics ou les administrations mais il a vu sa motion balayée par le Conseil des Etats.

-         Au Pakistan, un attentat suicide perpétré le 22 septembre a fait plus de 80 morts et 150 blessés devant une église de Peshawar, au nord-ouest du pays, à la sortie d’un office religieux. La situation des chrétiens au Pakistan est très difficile car ils sont régulièrement visés par la loi «anti-blasphème» qui prévoit des peines allant jusqu’à la réclusion à perpétuité où même la peine capitale. Les médias ne parlent pas d’un autre problème: la poussée des islamistes en Afrique de l’Ouest  notamment. On peut citer le Mali, la Libye, le Nigeria, le Niger, mais aussi l’Ouganda et le Kenya. Dans le nord du Nigéria par exemple, les attentats à la bombe et autres violences ont fait de nombreuses victimes chrétiennes. Depuis l’insurrection de la secte Boko Haram en 2009, les attentats dans le nord et le centre du Nigeria ont fait au moins 3000 morts. Et désormais, une partie de l’Afrique de l’Est est également touchée par la montée de l’islamisme.

 

lundi 30 septembre 2013

Surprises papales


Cavalier seul

Vincent Pellegrini

-         L’interview du pape à des revues jésuites (dont nous avons publié des extraits mardi dernier) a créé un  buzz dans les médias qui ont conclu aussitôt que François 1er voulait rapprocher l’Eglise du monde. Il est vrai que le nouveau pape appelle souvent l’Eglise à être «dans les périphéries», mais il ajoute tout aussi souvent que l’Eglise doit être plus missionnaire. Les chrétiens ne peuvent accepter à la fois les propositions de Jésus et celles du monde, a affirmé le pape le 11 avril lors de sa messe matinale. De plus, l’Eglise a toujours fait la distinction entre la miséricorde envers les personnes et la qualification morale des actes. Sans oublier que lorsqu’il était archevêque de Buenos Aires, Jorge Bergoglio s’est prononcé en faveur du célibat sacerdotal. Le pape a parlé dans son interview d’une réflexion sur un certain nombre de sujets chers aux médias mais n’a donc annoncé aucun changement pour l’instant. On peut s’attendre cependant à ce qu’il mette en route une plus grande synodalité dans l’Eglise. Par ailleurs, il semble ne pas vouloir gouverner seul et se fait accompagner pour cela par huit cardinaux. C’est un pape qui va droit au but, sans complexe, et qui nous réservera sans doute des surprises mais il est trop tôt pour claironner sur tous les toits que l’Eglise va changer comme l’ont fait les médias. Il ne faut également plus s’attendre à une réconciliation entre les traditionalistes et Rome. Mgr Fellay, le supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X, a rejeté le Concile Vatican II tandis que le pape François donne une grande importance à ce concile. Le pape ne veut pas non plus d’une «idéologisation» de l’ancienne messe. Il ne montre pas en tout cas la même sensibilité liturgique que Benoît XVI. En conclusion, ce que le pape a dit en interview, il l’a déjà dit plus ou moins dans ses homélies…

-         Le conflit syrien est rendu plus complexe du fait qu’environ la moitié des rebelles anti-Assad sont des djihadistes fanatiques. Avant une contre-attaque de l’armée régulière, ils ont pris le village chrétien de Maaloula (5000 personnes) où l’on parle encore l’araméen, la langue du Christ. Ils ont égorgé des chrétiens, profané les églises, arrachant les croix et brisant les statues. Le tout en criant Allahu Akbar. Ces faits ont créé un grand choc dans les communautés chrétiennes de Syrie.