vendredi 7 septembre 2012

Ecône, "une profonde unité"


 Cavalier seul

Vincent Pellegrini

-         Le chapitre généralice de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X (Ecône) qui s’est déroulé cet été a débouché sur une «profonde unité» de ses membres. C’est dire que les partisans d’un accord avec Rome emmenés par le supérieur de la Fraternité Mgr Fellay, se sont réconciliés avec ceux qui ne voulaient pas dudit accord. D’ailleurs, six conditions ont été mises à la réintégration. Par exemple «…la liberté de défendre, corriger, reprendre, même publiquement, les fauteurs d’erreurs ou nouveautés du modernisme, du libéralisme, du concile Vatican II et de leurs conséquences.» La réconciliation des «accordistes» et «non-accordistes» permet de dire qu’il ne faut pas s’attendre à une régularisation d’Ecône par Rome avant un long temps. La Fraternité sacerdotale Saint-Pie X indique en effet avoir «défini et approuvé des conditions nécessaires pour une éventuelle normalisation canonique et que, dans ce cas, un chapitre extraordinaire délibératif serait convoqué auparavant». Cela ressemble à un putsch contre Mgr Fellay…

 

-         Voici qu’arrive en Europe le compte courant 100% «Halal», révèle l’agence http://info.catho.be/. Déjà commercialisé en France depuis un an, le premier compte courant conforme aux principes de la finance islamique devait être proposé en Belgique à partir du mois de juin par la banque Chaabi. Cette succursale belge du Groupe Banques Populaires du Maroc attendait en effet les dernières autorisations de la part de l’Autorité des services et marchés financiers (FSMA). Ce compte courant garanti «halal» donnera accès à tous les services bancaires classiques mais se distinguera des autres comptes courants par plusieurs choses: Les dépôts seront séparés des dépôts classiques. Aucun intérêt ne sera versé aux souscripteurs. Afin de remplacer l’intérêt, il y aura un partage des profits et des pertes. L’argent des clients ne sera pas investi dans des secteurs bannis par la religion musulmane (comme l’agro-alimentaire utilisant le porc ou l’alcool, l’armement, les jeux d’argent…) mais placés dans des opérations socialement responsables avec une exigence de traçabilité précise. Le client devra utiliser l’argent déposé sur un tel compte pour financer un actif réel. Il n’y a pas d’économie virtuelle pour l’Islam. Des experts en droit musulman devront s’assurer régulièrement de la conformité de la solution financière aux préceptes islamiques.

 

lundi 3 septembre 2012

Remise en question de l'Eglise


Cavalier seul

Vincent Pellegrini

 L’Office fédéral de la statistique a publié cet été les chiffres concernant l’appartenance religieuse en 2010. Il en ressort que 38,8% de la population suisse se dit catholique, 30,9% réformée évangélique, 4,5% musulmane et 0,2% juive. Les personnes se disant sans appartenance religieuse sont 20,1% contre 11,2% en 2000. Une personne sur cinq en Suisse est donc athée ou agnostique ou déiste et la part de ces personnes se disant sans religion a quasiment doublé en dix ans. Catholiques et protestants ont régressé alors que les musulmans ont augmenté. Selon une enquête de l’institut gfs menée auprès de mille personnes de langue allemande en Suisse, près de 21% des membres des communautés catholiques et réformées pensent à quitter leur Eglise. «L’évêque n’est pas prêt à taire les positions de l’Eglise qui pourraient être gênantes pour certains simplement pour qu’ils continuent à payer l’impôt ecclésiastique», a dit Mgr Vitus Huonder, évêque de Coire. Face au matérialisme et au relativisme qui sont devenus constitutifs de notre monde socio-médiatique, l’Eglise doit en effet se montrer encore plus chrétienne. «C’est pourquoi la pastorale de l’évêque de Coire est fondée sur la foi catholique traditionnelle», cite l’agence. La crise des vocations est également un problème en Suisse. Sur les 100 paroisses que compte le canton de Lucerne, seules 30 ont un prêtre à leur service par exemple. L’Eglise catholique de Suisse doit faire un examen de conscience sans tabou. Le contexte ecclésial a énormément évolué depuis le Concile Vatican II. Il faut dès lors se demander maintenant si ce concile n’a pas été interprété dans une herméneutique de rupture et non de continuité pour reprendre la pensée du pape. Peut-être n’y a-t-il pas eu une évolution homogène de l’Eglise mais une rupture par rapport à la  tradition. La situation présente réclame en tout cas une remise en question profonde car l’évolution de la société n’est pas responsable de tout. Il n’y a guère que Rousseau pour croire que l’homme naît bon et que la société le corrompt. Même le Valais, qui est resté l’un des cantons les plus catholiques de Suisse est touché par la crise des vocations. Dans notre canton, la moyenne d’âge des prêtres diocésains en activité dans une paroisse était en effet de 62 ans en 2008.

vendredi 24 août 2012

Avant de naître


Cavalier seul

Vincent Pellegrini


Un rite de bénédiction pour l’enfant à naître vient d’être diffusé dans les paroisses, aux Etats-Unis, afin de soutenir les parents et de favoriser le respect de la vie, annonce l’agence zenit.org. Le texte du rite de bénédiction pour l’enfant dans le sein de la mère a été approuvé par la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements. La Conférence des évêques des Etats-Unis explique dans un communiqué que la bénédiction a pour but de «soutenir les parents qui attendent la naissance de leur enfant, encourager les prières paroissiales à cette intention, reconnaître le don précieux qu’est un enfant à naître et favoriser le respect pour la vie humaine dans la société». A l’inverse, de nombreux embryons humains sont sacrifiés par le diagnostic pré-implantatoire pour obtenir «l’enfant idéal». Un autre tabou n’est presque jamais évoqué, c’est le thème du syndrome post-abortif. Le pape Benoît XVI a prononcé le 26 février 2011 devant l’Académie Pontificale de la Vie à Rome, justement au sujet du respect de la Vie: «Le grave malaise psychique dont font souvent l'expérience les femmes qui ont eu recours à un avortement volontaire  révèle la voix irrépressible de la conscience morale, et la très grave blessure qu'elle subit à chaque fois que l'action humaine trahit la vocation innée au bien de l'être humain, dont elle témoigne.»

Le Conseil des Conférences Episcopales d´Europe (CCEE) a réalisé un sondage sur l´initiation chrétienne en Europe, sur plus de 3600 personnes toutes catégories confondues. Il conclut à l’importance du milieu de vie et sur le besoin de catéchèse. En Valais, la catéchèse n’est plus donnée dans les classes depuis l’introduction de la méthode d’histoire des religions Enbiro, hormis pour les préparations facultatives de sacrements. Ainsi, si la famille ne va pas à la messe et si la catéchèse n’est pas donnée en paroisse ou en famille, nous préparons une génération post-chrétienne d’illettrés du point de vue religieux. S’il n’y a pas de cours de catéchisme organisés régulièrement dans la paroisse, les parents devraient ainsi prendre le relais et donner le catéchisme à la maison. Cela doit être peu souvent le cas vu la baisse de la pratique religieuse. Cette dernière s’explique aussi par le nombre croissant de personnes ayant besoin d’une liturgie sacrale dans un monde qui va jusqu’à refuser les symboles chrétiens.

lundi 13 août 2012

Rome et les Anglicans


Cavalier seul

Vincent Pellegrini


L’accord entre Rome et Ecône a pour l’instant échoué mais le Vatican a enregistré des succès dans le ralliement aux autorités romaines de nombre d’Anglicans en désaccord avec leur Eglise sur des points comme l’homosexualité et l’ordination des femmes à la prêtrise ou à l’épiscopat. Le troisième ordinariat catholique pour les anglicans voulant entrer en pleine communion avec Rome a ainsi été institué le 15 juin en Australie, a annoncé, le président de la conférence des évêques australiens, Mgr Denis Hart, archevêque de Melbourne. Cet ordinariat suit celui qui a été établi au Royaume-Uni en janvier 2011, et un autre, établi aux Etats-Unis en janvier de cette année. La constitution apostolique «Anglicanorum Coetibus» de Benoît XVI, publiée en 2009, offrait une voie pour permettre à des groupes d’anglicans d’entrer en pleine communion avec l’Eglise catholique grâce à l’établissement d’ordinariats personnels, qui sont un nouveau type de structure canonique, explique l’agence www.zenit.org. Une soixantaine de prêtres anglicans ou d´anciens prêtres de l´Eglise épiscopalienne (anglicane) aux Etats-Unis seront ainsi ordonnés prêtres au service de l´ordinariat catholique de la Chaire de Saint-Pierre, basé à Houston, au Texas. L’ordinariat (équivalent d’un diocèse pouvant recouvrir plusieurs territoires) est destiné à accueillir les anciens évêques, prêtres et fidèles de l’Eglise anglicane et dépend directement du Saint-Siège. Les traditions liturgiques, spirituelles et pastorales de la Communion anglicane peuvent y être maintenues, explique l’agence Apic. Plusieurs communautés anglicanes des Etats-Unis et du Canada ont également fait le pas vers Rome. Le clergé et les fidèles rejoignant Rome sont bien souvent déçus des positions jugées trop libérales de leur Eglise, en particulier de son choix d´ordonner à la prêtrise ou à l´épiscopat non seulement des femmes, mais aussi des homosexuels. Ils n’acceptent pas non plus le fait de bénir des unions homosexuelles. Ce qui est en train de se passer entre l’Eglise catholique et les Anglicans qui la rejoignent est très important. Ces ralliements à l’Eglise catholique marquent aussi une réaction contre des pratiques qui minent les fondements de la tradition ecclésiale et de la loi naturelle. Alors qu’en Ecosse le mariage homosexuel sera légalisé, en Pologne l’Eglise a salué le refus du partenariat homosexuel par le Parlement. Quant au Royaume Uni, il s´est engagé à légaliser le mariage homosexuel d´ici 2015.

mercredi 11 juillet 2012

Le bien commun en économie




ZERMATT SUMMIT. Décideurs économiques et entrepreneurs ont réfléchi au pied du Cervin à la manière d’humaniser la globalisation.



L’économie et le bien commun



Vincent Pellegrini

Plus de deux cents décideurs, économistes et entrepreneurs venant des quatre coins du monde ont participé au 3e Zermatt Summit. Il a eu lieu du 21 au 23 juin et s’est donné pour tâche, au pied du Cervin, de définir quels changements l’économie doit faire pour coller au bien commun. Car changement il y aura au vu de la crise actuelle, a rappelé Christopher Wasserman, président du Zermatt Summit. Il a ajouté qu’une ère nouvelle s’impose où l’humain prévaudra et que le changement passera par les cœurs et les intelligences. On rappellera que le Zermatt Summit s’est donné pour tâche de créer des réseaux et une réflexion en vue d’humaniser la globalisation. Cette année, une Déclaration du Zermatt Summit sur le bien commun a été élaborée pour être envoyée aux personnalités et organismes importants de ce monde (www.zermattsummit.org). Le Zermatt Summit a eu l’honneur d’avoir pour orateur à son ouverture le conseiller fédéral Alain Berset qui avait été invité par Jean-René Fournier. La première journée a servi à poser les bases théoriques du bien commun et les autres journées ont fourni aux participants des exemples d’entrepreneuriat où le bien commun est recherché (un prix a été décerné au site Web d’Ecofrugal Project). Il faut rétablir dans l’économie une finalité et retrouver un ordre de priorités, a expliqué le Père Nicolas Buttet qui est l’un  des co-organisateurs du Forum. Il a ajouté qu’une société se structure seulement si le bien spirituel domine et si le cœur de l’homme passe avant la matérialité. Pour le Zermatt Summit la finance doit servir l’économie qui doit servir le bien commun, lequel doit à son tour servir l’être humain. 

Dignité de l’être humain

Le professeur Nicolas Michel a rappelé qu’il n’existe pas une définition reconnue du bien commun. En gros, ce serait des conditions sociales permettant à l’être humain de trouver sa réalisation plus facilement. Il a ajouté qu’il ne pouvait y avoir de bien commun sans la dignité de l’être humain et sans le respect de l’être humain. Le bien commun est un juste équilibre entre l’être humain et la communauté, a fait remarquer Nicolas Michel. Chaque individu est ainsi responsable du bien commun, de même que les entreprises. Et la raison d’être de l’Etat est aussi le bien commun, a-t-il précisé. Tout cela peut  paraître terriblement basique et pourtant il ne peut y avoir de bien commun universel sans dignité universelle de l’homme car il faut toujours partir de l’être humain de  manière concrète. Des entrepreneurs ont ainsi fait part à Zermatt de leur expérience dans leur domaine. Jakob von Uexküll a expliqué que l’économiste d’Obama avait déclaré au président américain que deux choses n’allaient pas: le manque d’altruisme et la dette financière des Etats. L’orateur a poursuivi: «j’ajouterais aussi la dette écologique».

Géopolitique du bien commun

Le penseur asiatique Chandor Nair a fait à Zermatt la géopolitique du bien commun. Il a notamment expliqué: «Il n’est pas vrai que la technologie va nous sauver. D’ailleurs, le modèle occidental de la consommation s’effrite. L’Asie ne peut pas suivre le scénario de l’Occident qui est train de se ruiner. Le droit à la voiture individuelle n’est pas un droit de l’homme. L’Asie doit adopter un modèle différent avant tout basé sur l’accès aux ressources car on ne peut pas continuer dans l’illusion matérialiste occidentale. Ce scénario ne peut pas être dirigé par l’Occident qui n’a plus d’argent mais qui croit pouvoir aider le Tiers-Monde. L’an passé, c’est d’ailleurs la Chine qui a le plus contribué au financement du FMI.» Les pays émergents recherchent d’ailleurs plutôt une coopération régionale, a fait remarquer Martina Gmür, du WEF. En ajoutant que les façonneurs de demain ont aujourd’hui entre 20 et 30 ans car il faudra apprendre à définir des objectifs basés sur une croissance qualitative et pas seulement économique. Suleika Reiners a souligné qu’il fallait de nouveaux instruments financiers utiles à l’économie réelle et faire disparaître la finance virtuelle. Pour elle, on ne peut pas encore parler de démocratie avec le G 20 qui est mieux que le G 7 mais n’est pas encore le G 192… Pour Nicolas Michel, tout l’ordre juridique doit reposer sur la dignité humaine et le bien commun universel comprend la paix, la sécurité, le développement, l’Etat de droit et les droits de l’homme.



encadré

Témoignages

Il y avait aussi des religieux au Zermatt Summit. Comme par exemple le cardinal Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Il a fait remarquer notamment qu’il est difficile pour les sociétés  islamiques de comprendre le bien commun comme un service à chaque être humain. Le moine bénédictin Dermot Tredget, qui est aussi consultant auprès d’entreprises, a expliqué que la Règle de saint Benoît pouvait s’appliquer aux entreprises sur bien des points car elle fournit une forte expertise dans la vie en communauté et la gouvernance,  y compris dans la démarche participative.

Jean-Pascal Bobst, patron de l’entreprise du même nom, a notamment expliqué: «Dieu nous demande d’appliquer les règles chrétiennes dans toutes nos décisions. Et l’on peut mener une entreprise en respectant les valeurs chrétiennes. L’humilité est essentielle car lorsqu’on a fait une erreur il faut savoir le reconnaître.» Frédéric de Narp, patron du groupe de luxe Harry Winston a dit baser sa gestion sur la générosité et a conclu: «Le Saint Esprit m’aide énormément pour prendre les décisions nécessaires.»

Enfin, la pianiste Elisabeth Sombart (Résonnance), et la danseuse Mallika Sarabhai (Inde) ont donné un spectacle aux congressistes afin de lancer une action internationale pour toutes les femmes du monde victimes d’un assassinat. L’action s’intitule «Les femmes aux Ailes Brisées» à découvrir sur www.femmesauxailesbrisees.org   

dimanche 1 juillet 2012

Rome-Ecône: retour à la case départ



Ordinations sacerdotales à Ecône: on a reparlé des relations avec Rome

Vincent Pellegrini

C’était la foule des grands jours hier sur la prairie d’Ecône où dix séminaristes et un moine ont été ordonnés prêtres par Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité sacerdotale saint Pie X. Une tente avait été montée pour abriter la cérémonie. Dans son sermon, Mgr Bernard Fellay a surtout parlé de l’esprit de sacerdoce. Il a aussi évoqué les relations entre Rome et Ecône. Il a rappelé l’amour que le fondateur, Mgr Lefebvre, avait pour Rome et qu’il voulait susciter chez ses séminaristes. «Nous sommes romains et cela il ne faut pas le lâcher même si nous devons souffrir» s’est exclamé Mgr Fellay qui a ajouté: «Même si nous devons souffrir avec la Rome actuelle il ne faut pas renoncer à Rome, tête de l’Eglise. Il ne faut pas se laisser dégoûter par tout ce qui se passe au point  de tout envoyer promener si j’ose dire. Sur nos relations avec Rome il n’y a pas grand-chose à dire. Les choses sont au point mort. Il y a un va et vient d’échanges de courriers, mais nous sommes revenus au point de départ et nous ne pouvons pas signer (un accord)». Mgr Fellay a expliqué qu’il  se sentait à Rome comme une balle de ping pong entre les progressistes qui veulent aller plus loin et ceux qui veulent revenir en arrière. Il  a conclu: «C’est normal que nous cherchions à récupérer le titre de catholiques qui est le nôtre. Ce qui ne veut pas dire se mettre à plat-ventre devant les modernistes. La situation est électrique et le diable est déchaîné de tous les côtés. Nous sommes fidèles à Mgr Lefebvre, d’où les garanties que nous avons  présentées à Rome pour que la Fraternité reste ce qu’elle est.» Mgr Fellay a ensuite fait la louange d’une lettre du pape sur le sacerdoce en disant que cela allait aider à sortir de cette crise.

De fait, une lettre confidentielle adressée par la maison généralice de la Fraternité sacerdotale saint Pie X a été envoyée aux supérieurs de district et aux directeurs de séminaires. Elle explique que le texte d’accord doctrinal donné le 13 juin à Mgr Fellay par le cardinal Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, est jugé «clairement inacceptable» par Mgr Fellay. Par ailleurs, Mgr Williamson a été interdit de venir aux ordinations d’Ecône et au chapitre général de la deuxième semaine de juillet en raison de ses «désobéissances répétées» et de sa «rébellion».  


samedi 23 juin 2012

Ecône divisé


Cavalier seul

Vincent Pellegrini

 Toujours la saga Rome-Ecône. La volonté de clarifications supplémentaires réclamées par la Congrégation pour la doctrine de la Foi pourrait déboucher sur une nouvelle phase de discussions avant l’octroi par Rome d’une prélature personnelle. Pendant ce temps, le site officiel de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (www.dici.org) consacre une large interview à Mgr Bernard Fellay, le supérieur général du mouvement d’Ecône. Il y explique notamment: «Nous ne sommes toujours pas d’accord doctrinalement, et pourtant le pape veut nous reconnaître!» Mgr Fellay parle ici des dissensions sur certains points de Vatican II. Mais il montre de la bienveillance pour le pape et fait même la louange d’un texte de Benoît XVI sur le sacerdoce. Il parle ainsi d’un document romain: «Maintenant, la fête du Sacré-Cœur devient le jour consacré à la sanctification des prêtres. A cette occasion, une lettre a été publiée et un examen de conscience pour les prêtres a été rédigé. On croirait qu’on est allé chercher cet examen de conscience à Ecône, tellement il se situe dans la ligne de la spiritualité anté-conciliaire. Cet examen offre l’image traditionnelle du prêtre, et même de son rôle dans l’Eglise. C’est ce rôle que Mgr Lefebvre affirme quand il décrit la mission de la Fraternité: restaurer l’Eglise par la restauration du prêtre.» Mgr Fellay ajoute: «L’un des dangers majeurs est de finir par inventer une idée de l’Eglise qui paraît idéale, mais qui ne se trouve pas en fait dans l’histoire réelle de l’Eglise. Certains prétendent que pour travailler «en sécurité» dans l’Eglise, il faut préalablement qu’elle soit nettoyée de toute erreur. C’est ce qu’on dit quand on affirme qu’il faut que Rome se convertisse avant tout accord, ou que les erreurs doivent d’abord avoir été supprimées pour qu’on puisse travailler. Mais ce n’est pas la réalité. Il suffit de regarder le passé de l’Eglise, souvent et même presque toujours, on voit qu’il y a des erreurs répandues dans l’Eglise. Or les saints réformateurs ne l’ont pas quittée pour combattre ces erreurs.» Pendant ce temps, un autre évêque de la Fraternité, Mgr Tissier de Mallerais tient un tout autre discours et invite les «conciliaires à la repentance». Mgr Fellay aura de la peine avec une partie de ses troupes qui reste attachée à un catholicisme du XIXe siècle. A suivre…

lundi 18 juin 2012

Banalisation de la vie


Vincent Pellegrini

Cavalier seul

Vincent Pellegrini

-         Dans notre société, l’être humain est de plus en plus considéré uniquement sous un angle utilitariste et plus comme un être créé à l’image de Dieu qui possède une étincelle divine. L’agence ru nous apprend ainsi que le «Journal of Medical Ethics» anglais vient de publier un article qui prône le meurtre du nouveau-né, au même titre que l’avortement du bébé avant sa naissance. Selon les auteurs, les philosophes Francesca Minerva (université de Melbourne) et Alberto Giubilini (université de Milan), ni le fœtus ni le nouveau-né ne seraient des «personnes» et ils n’ont donc pas de droits, y compris le droit à la vie. Ils ne seraient que des personnes «potentielles». Voilà l’avortement poussé jusqu’au bout de sa logique. Il nous mènera à l’assassinat et à l’euthanasie. En Suisse aussi, le débat fait désormais rage pour savoir si Exit (organisation d’aide au suicide)  peut entrer dans les EMS. Comme pour persuader nos aînés souffrants que leur vie n’a plus aucune utilité? En Belgique, l’euthanasie active est légale depuis dix ans. Mais jusqu’ici elle ne concernait que les majeurs conscients. Or, un projet de loi vise désormais les enfants et les personnes démentes. Une dérive prévisible guette également la France. Le pape déclarait récemment: «…la femme est souvent convaincue, parfois par les médecins eux-mêmes, que l'avortement représente non seulement un choix moralement licite, mais même un acte «thérapeutique» nécessaire pour éviter des souffrances à l'enfant et à sa famille, et un poids «injuste» pour la société. Dans un contexte culturel caractérisé par l'éclipse du sens de la vie, où s'est beaucoup atténuée la perception commune de la gravité morale de l'avortement, et d'autres formes d'attentats contre la vie humaine, il faut aux médecins une force spéciale pour continuer à affirmer que l'avortement ne résout rien, mais tue l'enfant, détruit la femme et aveugle la conscience du père de l'enfant, en ruinant, souvent, la vie.»

-       Selon le Conseil des Etats, les petits fumeurs de joints pourraient échapper au passage devant le juge en s’acquittant d’une amende de 100 francs. C’est ce qui s’appelle banaliser les drogues qui sont d’ailleurs souvent associées à l’alcool pour un effet encore plus fort. Les policiers devront-ils se déplacer avec une balance?

dimanche 10 juin 2012

Histoire de l'ancienne messe


LITURGIE

Libéralisé par Benoît XVIe l’ancien rite a connu une évolution


homogène depuis les temps les plus reculés.


Histoire d’ancienne messe

VINCENT PELLEGRINI


En 2007, le pape créait la surprise

en libéralisant l’ancienne

messe en latin ou messe dans «la

forme extraordinaire» du rite latin,

la nouvelle messe de Paul VI

en 1969 étant le rite latin dans sa

«forme ordinaire». L’ancienne,

messe qui fut célébrée encore

durant le concile Vatican II, est

appelée aussi tridentine du nom

du Concile de Trente au

XVIe siècle qui suscita le retour à

une version plus ancienne et

plus pure de la messe. La messe

selon la forme extraordinaire fut

célébrée de manière universelle

dans l’Eglise catholique romaine

jusqu’en 1969 et elle est extrêmement

ancienne. Cette antiquité

et cette continuité expliquent

pourquoi Benoît XVI,

dans son motu proprio Summorum

Pontificum, veut garder

cette messe comme un trésor liturgique

de l’Eglise pour les fidèles

qui le désirent . Son but n’est

d’ailleurs pas d’opposer cette

messe ancienne à la forme ordinaire

du rite latin (nouvelle

messe) mais au contraire que les

deuxrites se fécondent mutuellement.

Pour certains observateurs

attentifs aux propos du

pape, nous n’en sommes qu’au

tout début de la «réforme de la

réforme liturgique». Le Vatican

va en outre sortir ce mois-ci une

instruction sur l’application du

motu proprio concernant l’ancienne

messe.


Aux temps apostoliques


L’Eglise a toujours fait remonter

l’institution des principaux

rites de la Messe aux temps

apostoliques. Ainsi, Saint Basile

affirme en conformité avec les

Pères, que les paroles de la Consécration

sont celles-là mêmes

qui ont été prononcées par Jésus-

Christ. Quant au canon romain

(partie centrale de la

messe avant et après la consécration)

ou Canon 1 qui peut aussi

être dit avec la nouvelle messe,

la tradition l’a attribué également

aux Apôtres de manière

assez substantielle. C’est du

moins ce qu’expliquent par

exemple Saint Augustin et le

pape Vigile. Quoi qu’il en soit, le

canon est très ancien.D’ailleurs,

les Apôtres ont tous commencé

ensemble la liturgie puisqu’ils

ont vécu ensemble jusqu’aux

premières persécutions.La liturgie

romaineplongedoncses racines

jusque dans lestempsapostoliques.

Il est aujourd’hui

téméraire de vouloir reconstituer

les textes de la messe primitive

car aux débuts de l’Eglise la

loi de l’arcane interdisait la publication

des formules rituelles.

Cette publication ne se fit que

bien plus tard, lorsque l’Eglise

sortit de son silence, après l’édit

de Constantin (313).


Remarquable continuité


Au début du Ve siècle environ,

apparaît le plus copieux et le

plus ancien sacramentaire; recueil

des textes de laMesse, de la

façon de célébrer, du bréviaire,

du Pontifical et des textes de

l’administration des sacrements:

c’est le sacramentaire léonien

dont la messe ancienne que

nous connaissons aujourd’hui

(ancienne messe avec les rubriques

de Jean XXIII) est assez

proche, ce qui est remarquable.

Enfait, le pape Léonn’avait ajouté

que deux choses dans la

deuxième partie du canon: à savoir

les formules «cette hostie

(ou victime) immaculée» ainsi

que «sacrifice saint». Puis viendront

les sacramentaires gélasien,

recueil de liturgie romaine

importé dans les Gaules, et grégorien,

du pape Grégoire 1er dit

le grand élu en 590 dont la plus

grande partie est bien sûr antérieure

au pontificat de ce pape.

Dans ce dernier sacramentaire

on trouve l’ancienne messe presqu’en

tous points telle qu’elle est

aujourd’hui, tandis que le canon

subit alors son dernier ajout jusqu’à

Jean XXIII (pape Roncalli,

mort à l’aube duConcileVatican

II) avec cette formule de la

prièreduhancigitur «Etdisposes

nos jours dans la paix».Ce sacramentaire

grégorien, avec la

messe qu’il contient, sera propagé

par la France qui l’avait déjà

fait pour le gélasien, grâce surtout

au concours très actif de

l’ordre bénédictin. Grégoire le

grand atteste d’ailleurs au

VIe siècle que ses innovations

dans la messe ne furent rien

d’autre qu’un retour aux plus pures

traditions romaines. Désormais,

seules vont se perfectionner

jusqu’au XIe siècle quelques

prières comme celles de l’offertoire

et de la communion. Il y a

bien eu des ajouts dans le haut

Moyen Age, mais il faudrait plutôt

parler d’évolution homogène

et de stabilisation. On parle

d’une «liturgie émigrant en pays

francs avant de revenir à Rome

revue et francisée». Ce qui fait

dire à l’abbé Claude Barthe:

«Ainsi, on peut estimer que le

missel d’avant leConcileVatican

II reproduit la messe romaine au

moins à l’époque de saint Grégoire

VII (1073-1085). Il est, à

d’infimes détails près le missel

publié par saint Pie V en 1570.»


Le Concile de Trente


Au XVIe siècle, on constate

une période de déclin et d’altération

qui mettra en danger cette

merveilleuse unité liturgique de

la chrétienté latine et qui obligera

les érudits du Concile de

Trente à débarrasser le missel

romain de beaucoup d’additions

et messes du Bas Moyen Age,

éléments médiévaux tardifs qui

défiguraient l’harmonie des lignes

du grandiose monument liturgique

érigé par les Pontifes

romains jusqu’au VIIe siècle.

Sans oublier l’influence protestante.

Seules furent autorisées à

perdurer les liturgies datant de

plus de 200 ans. La messe dite

tridentine est donc en réalité

une oeuvre de restitution de la

messe antique qui a été menée à

bien sous le pontificat de Pie V

(d’où aussi le nom de messe de

Saint Pie V). Cette messe fut

promulguée par la très solennelle

bulle «Quo primum tempore

» qui canonise et impose

définitivement «le missel restitué

à la règle antique et au rite

des Saints Pères» selon l’expression

même du pape Pie V. Le

Saint Sacrifice était ainsi dès lors

en très grande partie fixé dans sa

forme définitive et l’on peut

même dire pour l’éternité car la

messe tridentine n’a jamais été

vraiment abolie et elle a même

fait l’objet par Benoît XVI d’un

motu proprio qui en libéralise

l’usage. C’est un trésor de la Tradition

et le joyau de l’action du

Saint Esprit dans l’Eglise à travers

les siècles. Y retourner,

comme nous y encourage le

pape, c’est aussi mieux comprendre

les racines de la nouvelle

messe, car iln’y a qu’unseul

rite latin sous deux formes (ordinaire

et extraordinaire), comme

l’a expliqué Benoît XV

Rêve éolien


Cavalier seul

Vincent Pellegrini

 -         Le Parlement a voté une motion de sortie du  nucléaire, sans en préciser la date, et la conseillère fédérale Doris Leuthard a présenté ce printemps la nouvelle politique énergétique suisse 2050. Tout cela est très volontariste et pas assez soutenu par des faits. La Fédération romande pour l’énergie (FRE) a ainsi pu critiquer ce programme sous la simple forme de questions. Selon la conseillère fédérale, à partir de 2020, la consommation d’électricité devrait se stabiliser en  Suisse, puis baisser. C’est hautement improbable comme les patrons d’Axpo et des Forces motrices bernoises l’ont répété. Il suffit de penser que les énergies fossiles vont être peu à peu remplacées par l’électricité. Et nous vivons dans une société technologique qui utilise hautement l’électricité (ordinateurs, télévision, pompes à chaleur, etc.). Sans oublier l’augmentation de la population. Doris Leuthard  mise beaucoup sur les énergies renouvelables et l’hydraulique. C’est oublier que les écologistes bloquent facilement avec l’appui des tribunaux les projets de nouveaux aménagements  hydroélectriques. Les nouvelles lois obligent en plus à augmenter le débit résiduel des rivières, ce qui va diminuer le rendement des barrages. Il faudrait une série de centrales à gaz pour avoir plus d’électricité mais cela signifie un fort rejet de CO2. «On n’abandonne pas si facilement les 40% d’électricité produits à l’aide du nucléaire sauf si nous sommes d’accord de remplacer cette énergie par des importations massives d’électricité produite par du charbon et du nucléaire chez nos voisins», conclut la Fédération romande pour l’énergie. Ce n’est pas avec les éoliennes que l’on palliera le manque d’électricité. Sur les nombreux projets d’éoliennes présentés, beaucoup ne pourront d’ailleurs pas être réalisés a-t-on appris la semaine dernière. Et le photovoltaïque est trop onéreux. Bref, le Conseil fédéral ne doit pas faire des actes de foi mais se baser sur des scénarios plus réalistes.

-         La VIIe Rencontre mondiale des familles a été clôturée dimanche à Milan par une messe internationale présidée par Benoît XVI, avec la participation de plus d’un million de personnes. Peu de médias en ont parlé alors que l’événement était «monstre». Les médias préfèrent le sensationnel comme les fuites de documents de la Curie romaine…

dimanche 3 juin 2012

L’esprit de résistance


Cavalier seul

Vincent Pellegrini



-      Nous devrons voter le 17 juin sur l’initiative de l’ASIN «donner la parole au peuple» pour les traités importants avec l’étranger. En temps normal, cette initiative serait tout à fait inutile et incongrue car le Parlement a été élu pour préserver aussi les intérêts de la Suisse vis-à-vis de l’étranger. Malheureusement, on constate depuis des années une grande faiblesse du Conseil fédéral à résister aux pressions extérieures, de sorte que le Parlement ne peut plus corriger le tir après coup. On citera, pour illustrer ce manque d’esprit de résistance, l’abandon de facto du secret bancaire et un échange quasi automatique des données bancaires avec un pays comme les Etats-Unis. A ce sujet, le Conseil fédéral a incité les banques à livrer aux Etats-Unis des milliers de  noms d’employés de banque qui n’ont fait que leur travail et se trouvent pour le moins étonnés d’être «dénoncés» au fisc américain. On voit aussi la faiblesse de la résistance de la Suisse vis-à-vis de l’Union Européenne. Notre Gouvernement n’a toujours pas compris ou plutôt ne veut pas comprendre que le but principal de toutes les attaques extérieures est d’affaiblir la concurrence représentée par la place financière Suisse. Au point que le Conseil fédéral devance même les attentes de ses «partenaires» étrangers. Il en va par exemple ainsi des taux trop élevés adoptés dans le cadre des accords fiscaux Rubik discutés avec trois pays européen afin d’imposer à la source des fonds étrangers. Si l’on veut sauver la souveraineté et la neutralité suisse il ne reste plus qu’à voter oui le 17 juin prochain. La Suisse doit en effet retrouver son esprit de résistance car les pays qui nous entourent cherchent d’abord leur propre intérêt et parfois ne respectent même pas les traités conclus de manière bilatérale. Ainsi, le Parlement européen a adopté récemment une résolution condamnant la décision suisse de limiter l'arrivée de citoyens de huit pays européens. L'activation de la clause de sauvegarde est «discriminatoire et illégitime», ont estimé les eurodéputés, qui exigent de Berne de reconsidérer la mesure.

-      Et enfin une précision. Il y a six ans, le chapitre général d’Ecône a réélu Mgr Fellay pour douze ans: le supérieur général ne doit donc pas être réélu en juillet. Il ne s'agit pas d'un chapitre d'élection mais d'un chapitre «d'affaires».




mardi 29 mai 2012

Embrouillamini clérical


Cavalier seul

Vincent Pellegrini

Toujours l’affaire Rome-Ecône qui semble quelque peu prendre l’eau. Le Vatican avait déjà été refroidi par la diffusion  malveillante d’une lettre qui aurait dû rester secrète mais qui a été divulguée pour nuire à l’accord annoncé pour la Pentecôte. Il s’agit de la lettre dans laquelle trois évêques de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (Tissier de Mallerais, Williamson et Galarreta) disent à leur supérieur général Mgr Fellay qu’ils sont opposés à un accord. La lettre de réponse de Mgr Fellay, qui est pour un accord, a elle aussi été divulguée. Dans sa réponse, Mgr Fellay se demande si les trois évêques tiennent encore le pape pour légitime et il défend Benoît XVI. Résultat, lors de la session ordinaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi, il a été demandé que les cas des trois évêques réfractaires soient traités séparément du statut de Mgr Fellay, lequel serait seul «sauvé». Toujours lors de cette session de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a été examiné le préambule doctrinal clarifié par Mgr Fellay. Certains évêques et cardinaux opposés  à un accord Rome-Ecône ont demandé un approfondissement doctrinal supplémentaire. Résultat: selon la salle de presse du Saint-Siège de nouvelles discussions devront donc avoir lieu et il ne faut plus s’attendre à une solution rapide de l’affaire. Vendredi dernier, les avis de la Congrégation pour la doctrine de la foi, qui ont une valeur consultative et non obligatoire pour le pape, ont été remis à Benoît XVI. C’est entre ses mains et entre ses mains seules que repose désormais la solution. On sait que c’est Benoît XVI qui voulait rapidement une réintégration d’Ecône dans les structures de l’Eglise. Mgr Fellay veut aussi une conclusion rapide car il a compris le pape et car il dit craindre qu’une partie de la Fraternité parte dans un «vrai schisme». De plus, il doit affroner en juillet le chapitre général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X et il risque des attaques de la part de ceux qui sont opposés à l’accord. Il faut dire que le supérieur du district de France de la Fraternité (qui pèse près de la moitié du mouvement d’Ecône) s’est lui aussi déclaré opposé à l’accord. Bref, le Saint-Esprit aura bien du travail pour remettre Ecône dans le périmètre visible de l’Eglise.


vendredi 18 mai 2012

La défaite


Cavalier seul

Vincent Pellegrini



-      La défaite de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle s’explique par deux facteurs. Tout d’abord son incapacité à siphonner suffisamment de voix au Front national et ensuite le fait que selon un sondage réalisé par OpinionWay 93% des musulmans pratiquants ont voté pour François Hollande. Nicolas Sarkozy avait répété durant sa campagne qu’il voulait «non pas l’islam en France mais un islam de France». Cette position courageuse mais politiquement incorrecte lui a valu la perte du vote musulman. Et  pourtant, il faut bien admettre qu’un islam classique – celui qui est majoritaire – n’est pas soluble dans les valeurs républicaines lorsqu’il est appliqué à la lettre. Selon la jurisprudence musulmane, quand ils ne sont pas en terre d’islam, les musulmans peuvent ignorer certaines pratiques de leur religion, mais ils sont tenus de les réclamer dès qu’ils sont assez nombreux pour le faire. A noter que les catholiques pratiquants votent de plus en plus à droite. Selon un sondage d’Harris Interactive, 79% d’entre eux ont voté Nicolas Sarkozy.



-      Cela commence à chauffer dans le camp traditionaliste au fur et à mesure que l’on s’approche du dénouement dans les relations Rome-Ecône. Trois des quatre évêques ordonnés par Mgr Lefebvre ont écrit au quatrième évêque, Mgr Bernard Fellay, par ailleurs supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X, pour l’enjoindre de ne pas signer un accord avec le Vatican. Avec beaucoup de classe, le Valaisan Bernard Fellay les a semoncés en défendant l’autorité du pape Benoît XVI et les efforts qu’il a fait ces dernières années pour défendre la Tradition. Mgr Fellay veut un accord qui ne sera pas seulement un accord pratique – comme le dénoncent à tort les trois autres évêques – mais un accord qui a permis durant deux ans de comparer les positions doctrinales des uns et des autres. Le pape s’implique même personnellement dans la conclusion de cet accord. Il faut espérer que les scissions à l’intérieur de la Fraternité ne feront pas capoter l’accord historique qui pourrait être conclu car des forces centrifuges sont à l’œuvre. Le supérieur du puissant district  de France de la Fraternité tient par exemple un discours très dur envers le pape. On connaîtra le dénouement de cette affaire d’ici la fin de ce mois.  


lundi 14 mai 2012

Consciences éclairées

L'agence zenit.org nous apprend que les femmes de l'Etat de Virginie (Etats-Unis) qui souhaitent avorter, devront effectuer une échographie; seules seront exemptées les femmes ayant subi un viol ou un inceste. La nouvelle est dans genethique.org, la synthèse de presse de la Fondation Jérôme Lejeune. La Virginie, précise la même source, est le huitième Etat américain à imposer cette procédure avant un avortement. Concrètement, les femmes pourront refuser de «voir l'image du fœtus et d'entendre les battements de son cœur», sous réserve de l'avoir stipulé par écrit. En revanche, elles ne pourront refuser l'échographie. Enfin, pendant celle-ci, le médecin aura l'obligation d'informer les femmes sur «les risques de l'avortement pour la santé, les modalités d'allocations maternité et les possibilités d'adoption». La loi a été votée dans le seul but d'«aider les femmes à prendre une décision bien informée». Dans 32 Etats, l'avortement n'est pas remboursé par les fonds publics; dans 46 Etats, des établissements de santé peuvent refuser de le pratiquer; et dans 19 Etats, les conseils relatifs «aux risques de cancer du sein, de souffrance du fœtus, ou de dépression en cas d'avortement» sont obligatoires.

 L'association «Choisir la vie» a lancé fin mars une pétition contre l'introduction du «genre» dans les œuvres caritatives des Eglises, en réaction à l'Info-Campagne 2012 de l'Action de Carême/Pain pour le prochain. Les 1664 signatures récoltées seront remises début mai à la Conférence des Evêques suisses qui a condamné la théorie du «gender» mais a soutenu l'Action de Carême. Selon la théorie du genre (gender) masculinité et féminité ne sont pas le résultat de la biologie mais d'un contexte socio-culturel.

Gudrun Kugler, présidente de L'Observatoire de la discrimination des chrétiens en Europe explique: «Une application restrictive de la liberté de conscience conduit à mettre les chrétiens au ban de certaines professions comme celles de médecin, infirmier, sage-femme ou encore pharmacien. Les enseignants ou parents d'élèves chrétiens se retrouvent également en difficulté en cas de désaccord avec «l'éthique sexuelle» telle qu'elle est établie par l'état.»

Le coq plumé


Cavalier seul

Vincent Pellegrini



François Hollande est le nouveau président de la France. Ce fut surtout un vote sanction contre Nicolas Sarkozy surnommé Louis de Funès par la chancelière allemande Angela Merkel. En bon socialiste français Hollande veut dépenser plus, taxer plus et faire moins d’économies. Le ménage de l’Etat va creuser une dette déjà gigantesque. François Hollande a annoncé 16 milliards d’euros d’impôts en plus sur les ménages. Les classes moyenne et supérieure vont trinquer. Le nouveau président a évoqué un plafond de 85%. Pas de quoi donner l’envie de travailler ou de rester en France. Même les revenus du capital ne seront pas mieux traités que ceux du  travail. Un couple moyen de retraités paiera quasiment le double (ISF) avec Hollande qu’avec Sarkozy. «Continuer les expérimentations pédagogiques héritées de 1968, augmenter le nombre d’enseignants sans changer les méthodes… François Hollande promet à nos enfants un avenir bien sombre», pronostique de son côté le Parti Chrétien démocrate français. «Chez  nous, on ne parle que de justice sociale et la taxation n’est devenue qu’une arme de punition massive», constate l’essayiste français Mathieu Laine. Il ajoute: «Nous consacrons plus de 56% de notre richesse nationale aux dépenses publiques.» Au contraire, la Grande-Bretagne a décidé de baisser les impôts pour relancer la machine économique. Vouloir s’en prendre aux riches c’est prendre aussi le risque de tuer la poule aux  œufs d’or. Ainsi, en 2010, les 10% des foyers les plus riches de France ont contribué à 74% de l’impôt net, explique le «Figaro Magazine» qui parle de logique de «désincitation». François Hollande a promis qu’il ferait de la réforme fiscale «la mère de toutes les réformes» de son quinquennat. Il peut le dire avec une quarantaine de milliards d’euros d’impôts nouveaux… Gare à l’exil des sièges sociaux d’entreprises et de leurs entrepreneurs. Même des artistes de gauche ont annoncé qu’ils quitteraient le pays. Quant aux patrons les plus riches, ils sont souvent déjà partis… Le «Figaro Magazine» donne l’exemple de Jean-Pascal Tricoire qui a fait le choix de gérer son groupe depuis Hongkong. François Hollande ne pourra rien faire contre la mondialisation car elle est plus forte que lui.

samedi 28 avril 2012

Rome Ecône


Cavalier seul

Vincent Pellegrini

Chaud et froid

Le préambule doctrinal clarifié par Ecône et envoyé à Rome la semaine dernière a fait dire au Vatican qu’un «pas en avant» avait été fait. Même si c’est déjà un quasi miracle, il est difficile de dire s’il débouchera finalement sur un vrai accord. La maison généralice de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, qui est à Menzingen (canton de Zoug) et qui parle pour le mouvement d’Ecône, a en effet diffusé sur son agence de presse officielle (www.dici.org) un message qui tempère notre optimisme et souffle un peu le froid. La position officielle d’Ecône est ainsi celle-ci: «La presse annonce que Mgr Bernard Fellay a adressé une «réponse positive» à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, et qu’en conséquence la question doctrinale est désormais résolue entre le Saint-Siège et la Fraternité Saint-Pie X. La réalité est autre. Dans un courrier du 17 avril 2012, le Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X a répondu à la demande d’éclaircissement que lui avait faite, le 16 mars, le cardinal William Levada, au sujet du Préambule doctrinal remis le 14 septembre 2011. Comme l’indique le communiqué de presse de la Commission pontificale Ecclesia Dei, daté de ce jour, le texte de cette réponse sera examiné par le Dicastère (Congrégation pour la Doctrine de la Foi) et soumis ensuite au jugement du Saint-Père. Il s’agit donc d’une étape et non d’une conclusion.»  La balle est désormais dans le camp de Rome qui a examiné la réponse d’Ecône mercredi. Soit le Vatican se satisfait des déclarations de clarification d’Ecône et lui ouvre par la voie canonique une entrée dans l’Eglise officielle, soit la clarification reste insuffisante et l’on peut oublier pour très longtemps toute réconciliation entre Ecône et Rome. Les prochaines semaines seront donc décisives. Il faut espérer une réconciliation car elle permettrait d’assister en Valais plus librement à la «forme extraordinaire» de la messe qui est l’ancienne messe en latin avec les rubriques de Jean XXIII. Rome a certes déjà libéralisé l’ancienne messe en latin, mais le groupe qui s’est formé en Valais en 2009 pour en demander la célébration (association Apfel – Association pour la forme extraordinaire de la liturgie) n’a pas encore reçu de réponse positive des autorités ecclésiastiques (www.summorum.ch).    


lundi 23 avril 2012

Fin de vie


Cavalier seul

Vincent Pellegrini

Fin de vie



-         L’agence Apic nous apprend que les médecins suisses sont confrontés à une hausse des demandes de suicide assisté. Et un tiers des cas provient de personnes qui ne souffrent pas d´une maladie entraînant la mort, démontre une étude du Fonds national de la recherche scientifique (FNS). La problématique est devenue suffisamment fréquente pour plonger dans l’embarras de nombreux médecins suisses. La dynamique est pourtant facile à démontrer. Dans notre société, la vie n’est plus sacrée comme elle l’était auparavant, quand seul le Créateur pouvait rappeler à lui ses enfants. Aujourd’hui, on avorte souvent par «confort» à tel point que l’interruption volontaire de grossesse est quasiment devenue un moyen contraceptif. L’effet abortif de la pilule du lendemain n’entraîne plus aucun scrupule de conscience chez beaucoup. Parallèlement et paradoxalement, on s’acharne à donner des enfants par fécondation in vitro aux couples stériles. La famille de deux enfants a imposé son modèle standard et la Suisse ne renouvelle plus ses générations. Or, le non-respect de la vie à la naissance entraîne progressivement le non-respect de la vie au moment de la vieillesse. Tout se tient et l’euthanasie sera sans doute le prochain grand débat de notre société. La perte des valeurs chrétiennes plonge la Suisse postmoderne dans l’hiver démographique et éthique.  

-         La police cantonale valaisanne fait du bon travail. J’en suis convaincu. Et lors de la présentation de son rapport 2011 elle a bombé le torse parce que la criminalité est moins importante dans notre canton que dans bien des régions suisses. Pourtant, un chiffre m’a intrigué. En effet, 50% des infractions recensées en 2011 en Valais étaient le fait d’étrangers résidant en Suisse ou non. En 2010, ce chiffre était de 45,2%. Cela tend à montrer que notre canton a des problèmes dans l’intégration et l’immigration, même si l’on comptabilise dans la statistique les infractions à la loi sur les étrangers (séjours illégaux, travaux lucratifs non autorisés, etc.). Sous l’ère de Jean-René Fournier et de Françoise Gianadda, le canton avait promis de donner aux étrangers un cours d’intégration qui a été confectionné à l’université de Genève. Qu’est-il devenu?

Deux petits pas sur le sable mouillé


“Deux petits pas sur le sable mouillé”



Histoire vécue - Le récit bouleversant de la maladie d’une petite fille fait l’objet d’un témoignage de sa maman, Anne-Dauphine Julliand, vendredi prochain à Sion.





L’histoire commence sur une plage, quand Anne-Dauphine remarque que sa fille, Thaïs, marche d’un pas hésitant, son pied pointant vers l’extérieur. Les médecins découvrent que Thaïs est atteinte d’une maladie dégénérative. Elle vient de fêter ses deux ans et il ne lui reste que quelques mois à vivre. Alors Anne-Dauphine fait une promesse à sa fille: “Tu vas avoir une belle vie. Pas une vie comme les autres petites filles, mais une vie dont tu pourras être fière. Et où tu ne manqueras jamais d’amour.”

Il nous faut parfois une longue marche pour atteindre notre objectif, et parfois cette marche n’est que deux petits pas, deux empreintes dans le sable mouillé, puis plus rien.



Les traces dans le sable

Cela me fait penser au texte d’Ademar de Barros, poète brésilien: “Les traces dans le sable”: “Une nuit, un homme fit un rêve. Il marchait au bord de la mer en compagnie du Seigneur.  Sur le fond du ciel, il voyait se dérouler les scènes de sa vie. Il remarquait, dans chaque scène, deux traces parallèles de pas dans le sable. L'une était la sienne; l'autre celle du Seigneur. À la fin, il se retourna pour voir toutes les empreintes sur le sable. Il s'aperçut alors qu'à divers moments de sa vie, il n'y avait qu'une trace de pas. Et que cela correspondait aux heures les plus tristes et les plus sombres de sa vie. Intrigué, il dit au Seigneur: “Tu m'as assuré que Tu marcherais toujours à mes côtés. Mais je m'aperçois qu'aux périodes les plus dures de ma vie, il n'y a plus qu'une empreinte dans le sable. Pourquoi m'as-tu abandonné quand j'avais le plus besoin de Toi?". Le Seigneur se tourne alors vers lui et lui répond: "Mon enfant, mon très cher enfant, Je t'aime et ne saurais t'abandonner. Si tu ne vois qu'une trace de pas aux moments les plus difficiles de ton existence, c'est qu'alors, tout simplement, Je te portais dans mes bras...”



On ne voyait pas une petite fille malade

A la maison comme à l’hôpital, chacun se sentait bien auprès de Thaïs et ressentait le besoin de venir auprès d’elle. Dans une interview accordée à la Fondation Lejeune, en mai 2011, Anne-Dauphine raconte: “Dès le début, Thaïs avait accepté sa maladie. Elle avait compris ce qui l’attendait, mais elle ne s’est jamais révoltée. Elle vivait pleinement sa vie. Elle était, surtout, complètement habitée par l’amour. Ainsi, quand on rentrait dans sa chambre, on sentait autre chose et on ne voyait pas une petite fille malade, mais une petite fille. Comme les autres, elle pouvait être gaie, espiègle. Elle était aussi attentive, à l’écoute. D’ailleurs, parmi ceux qui sont venus la voir, plusieurs m’ont dit, après avoir lu mon livre, qu’ils n’avaient pas réalisé qu’elle ne parlait plus !”

Aujourd’hui, on se rend compte qu’il se passe vraiment quelque chose autour de ce récit, comme il se passait vraiment quelque chose autour de Thaïs. En une année, ce sont 200’000 lecteurs qui ont été touchés. Ce petit livre avec, en couverture, la photo de Thaïs marchant sur le sable mouillé, circule de main en main, de coeur en coeur. Combien ne m’ont pas dit: “Ma femme l’a lu, elle a été très touchée. Je voulais le lire également, mais depuis il circule dans la famille et je n’arrive pas à mettre la main dessus.”



Nous voulons des héros

Que ce témoignage touche tant et tant de coeurs est un signe magnifique d’espérance pour notre monde qui a soif d’héroïsme. Nous voulons des héros ! Non pas de ces héros forts, sûrs d’eux mêmes et invincibles, comme nous pensons l’être trop souvent nous-mêmes. Non! Nous voulons de ces héros qui nous montrent que nous sommes petits, faibles et fragiles. De ces héros blessés. De ces héros infirmes. De ces héros qui pleurent. De ces héros qui ne peuvent pas s’en sortir tout seuls. De ces héros qui ont besoin de la main tendue des autres. De ces héros qui ont besoin d’être portés dans les bras du Seigneur.

Car c’est bien là que nous mène la vie. La vie n’est pas un long fleuve tranquille, mais une longue maladie dégénérative de notre orgueil, de notre suffisance, de notre indépendance. Les événements de notre vie nous rappellent que nous avons besoin des autres, besoin de Dieu, que nous ne pouvons pas nous suffire à nous-mêmes.



Les aspirations de notre coeur

Et même si souffle sur notre monde moderne un courant d’idées qui voudrait supprimer la vie quand elle ne correspond pas à l’idée qu’on s’en est fait, ou proposer aux citoyens âgés de s’ôter la vie quand celle-ci semble n’avoir plus de sens pour eux, le succès du témoignage de Thaïs nous montre que notre coeur est toujours intact et que les aspirations les plus grandes et les plus généreuses y habitent toujours. Du haut de ses deux ans, Thaïs nous ouvre le chemin.



Une bombe aveuglante

Anne-Dauphine dira : “Ça me fait l’effet d’une bombe aveuglante. Sans un mouvement et sans un mot, Thaïs me livre un secret, le plus beau, le plus convoité : l’Amour. Celui avec une majuscule. (...) Comment sait-elle ? Comment est-ce possible ? Thaïs est privée de tout. Elle ne bouge pas, elle ne parle pas, elle n’entend pas, elle ne chante pas, elle ne rit pas, elle ne voit pas. Elle ne pleure même pas. Mais elle aime. Elle ne fait que cela, de toutes ses forces. A travers ses blessures, ses infirmités, ses défaillances. L’amour de Thaïs ne s’impose pas, il s’expose. Elle se présente à nous comme elle est, vulnérable et fragile. Sans carapace, sans armure, sans rempart. Sans peur. (...) Près de deux ans auparavant, en apprenant l’étendue des dégâts que provoquerait sa maladie, je m’étais posé une question : “Que lui restera-t-il ?” L’amour. Il lui restera l’amour. Celui que l’on reçoit. Et celui que l’on donne aussi.”



Olivier Dehaudt
président de Choisir la Vie



“Deux petits pas sur le sable mouillé”, Anne-Dauphine Julliand, témoignage, Éditions les arènes, 228 pages, 25 francs.

samedi 14 avril 2012

Le retour du protectionnisme

Cavalier seul
Vincent Pellegrini


La crise européenne a vu émerger des mouvements souverainistes réclamant le retour d’un certain protectionnisme aux frontières nationales. Parmi les personnalités souverainistes, il en est une qui fait partie des dix candidats à la présidentielle française. Il s’appelle Nicolas Dupont-Aignan et déclarait récemment au «Figaro Magazine»: «Depuis des années, l’Europe et la France font preuve d’une naïveté coupable et ont accepté un libre-échange déloyal. J’accepte la libre concurrence lorsqu’elle s’exerce entre partenaires qui ont un niveau social et environnemental à peu près équivalent. Le libre-échange intégral n’est pas jouable. On en a la preuve aujourd’hui lorsque des stratégies offensives sont mises en place par des pays qui pratiquent l’esclavage humain et qui polluent la planète à grande échelle. Cette naïveté a un coût: elle a conduit à la destruction de trois millions d’emplois industriels entre 2003 et 2009 en Europe…» Et le candidat de prôner un «protectionnisme intelligent» en taxant les importations de certains pays qui se livrent au dumping social et environnemental. Il est vrai qu’un pays comme la Chine a réussi à mettre la main même sur l’industrie des panneaux solaires. Une Chine qui a de nombreux ingénieurs formés et qui peut tout à fait concurrencer l’Europe dans le high-tech surtout parce qu’elle est devenue l’usine du monde. Les Etats-Unis ont réagi, l’Europe pas, explique Nicolas Dupont-Aignan qui accuse dans la foulée la Chine d’avoir sous-évalué sa monnaie de 50%. Pour lui, la sortie de l’euro est la seule façon de rétablir une juste concurrence entre pays européens eux-mêmes. Il propose aussi de baisser de moitié l’impôt sur les sociétés pour qu’elles réinvestissent leurs bénéfices en France.

-         Il y a du pain sur la planche pour les parlementaires valaisans qui sont censés défendre un canton de propriétaires. Un groupe de travail du Département fédéral des finances veut en effet supprimer la possibilité de déduire du revenu fiscal  les intérêts sur les dettes et en particulier les intérêts hypothécaires. Ce serait un coup encore plus dur que le récent refus de l’épargne logement pour les familles dites nombreuses (plus de deux enfants…) qui ont construit pour se donner un avenir.


dimanche 8 avril 2012

Schengen et la burqa

Cavalier seul

Vincent Pellegrini

-         Les dernières statistiques de la criminalité en Suisse ont surtout mis en valeur l’explosion des larçins transfrontaliers. De quoi pointer du doigt l’accord Schengen. «Les postes-frontière vides donnent l’impression d’un certain laxisme face aux malfrats», a admis la conseillère d’Etat Jacqueline de Quattro dans «24 Heures». Les vols ont augmenté de 16% sur le plan suisse et de 8% en Valais. Sur le plan national, la petite criminalité, celle qui pourrit la vie au quotidien, est en augmentation et laisse un sentiment d’insécurité dans la tête des citoyens. A l'échelle nationale, les statistiques font état d'une augmentation du nombre de prévenus issus du processus d'asile ou ne vivant pas dans le pays. De quoi donner quelques points de plus à l’UDC.

-         «Ces 600 milliards qui manquent à la France», le livre du journaliste Antoine Peillon (paru au Seuil) tombe à la veille des élections présidentielles françaises. Du blé à moudre pour les candidats de droite ou de gauche qui ont les banques suisses dans leur collimateur. Ils oublient l’île de Saint-Barth dans les Antilles françaises qui a été élevée au rang de paradis fiscal. Ce sujet est développé par Olivier Grivat sur le site www.lesobservateurs.ch.

-         La Suisse émet en direction de l’islamisme des signaux pour le moins contradictoires. Le Tribunal fédéral a confirmé une amende infligée à des parents de Bâle-ville ne voulant pas que leurs deux filles  participent à un cours de natation mixte à l’école primaire. Mais durant la dernière session, le Conseil des Etats a refusé de suivre une motion d’Oskar Freysinger interdisant les cagoules durant les manifestations et interdisant aussi de cacher son visage dans des lieux publics comme l’administration, les transports publics et lors de contrôles d’identité, ce qui vise implicitement  la burqa. De plus, un homme qui oblige sa femme à porter la burqa n’a rien à faire en Suisse car il viole les valeurs de notre Etat démocratique. On n’a pas fini de parler de la burqa car une initiative la concernant pourrait bien être lancée. Un sondage de «20 minutes» montre en tout cas que trois Suisses sur quatre sont opposés à la présence de burqas dans les lieux publics.