jeudi 1 décembre 2011

Utilitarisme

Cavalier seul

Vincent Pellegrini


Benoît XVI a rappelé que la destruction d´une vie humaine ne pouvait jamais être justifiée par un bénéfice éventuel à une autre personne, devant les participants au premier Congrès international sur les cellules souches adultes, le 12 novembre 2011. Le pape a déclaré que la recherche sur les cellules souches adultes ne soulevait pas, en général, de questions éthiques, contrairement à celle sur les embryons humains. Benoît XVI a réaffirmé la volonté de l´Eglise de contribuer au dialogue avec la science, mettant cependant en garde contre le risque de la subordination de la recherche à des considérations purement utilitaristes.

En effet, le propre de la crise morale de notre société est de juger les problèmes uniquement à l’aune de ce qui est utile et non de ce qui est vrai ou juste.  Même le président du Conseil européen a expliqué au pape que l´Europe traversait "une crise économique et monétaire mais aussi une crise morale" lors de sa première audience avec Benoît XVI, le 12 novembre. Cette crise touche la personne humaine. L’ATS nous apprend ainsi que les couples homosexuels suisses devraient pouvoir adopter un enfant. A l’unanimité, et contrairement au National, la commission compétente du Conseil des Etats a accepté cette revendication portée par les organisations gaies et lesbiennes. Lors de la session d’automne le National avait refusé et Yves Nidegger avait expliqué avec justesse : «Il n’en va pas de l’amour porté à l’enfant, mais de la construction de son identité sexuelle ».

 Le délitement de la morale est comme accéléré en Europe. Ainsi, en Belgique, les couples homosexuels qui le désirent peuvent faire recours à une mère porteuse, nous explique l’agence APIC. La commission d´éthique de la clinique universitaire de Gand a donné son feu vert et deux dossiers de ce type sont en cours d´examen. Les mêmes critères seront appliqués aux couples homosexuels et hétérosexuels. L´ovule ne vient pas de la mère porteuse, mais d´une donneuse anonyme. On s´assure ainsi que la femme accepte de donner l´enfant après la naissance. On croit rêver. André Frossard, lui, disait de la fécondation in vitro impliquant l’intervention d’un tiers  que c’était un adultère en bocal…


jeudi 24 novembre 2011

Après le rêve

Cavalier seul


Vincent Pellegrini

On peut vouloir vivre dans un monde idéal sans nucléaire, mais il faut alors bien faire ses calculs. Angela Merkel a fait manu militari la mutation énergétique de l’Allemagne. En mars dernier, huit réacteurs  nucléaires allemands ont été mis hors service. Depuis, la tension sur le réseau électrique national est critique. Cette fragilisation ne résistera pas aux humeurs imprévisibles des productions éoliennes et solaires, nous dit le toujours intéressant Bulletin d’actualité de la Fédération pour l’énergie. Bref, l’hiver à venir sera un test car le réseau est déjà à la limite de stabilité. Et  puis, la mutation énergétique a un prix qui coûtera plus cher à l’Allemagne que le sauvetage de la Grèce. Au total, Berlin devra débourser d’ici à 2030 plus de 250 milliards d’euros pour subventionner la production de quelque 30000 éoliennes et de plusieurs centaines de kilomètres carrés de panneaux photovoltaïques. Et tout cela ne couvrira que 15% de la consommation d’électricité globale de l’Allemagne.

Le parti islamiste Enahdha qui a remporté les élections tunisiennes tient deux discours: l’un pour les occidentaux, l’autre pour ses fidèles. Ainsi, Hamadi Jebali, BCBG censé être un modéré et qui sera vraisemblablement le prochain Premier ministre tunisisien, a-t-il annoncé lors d’un meeting populaire à Sousse que lui et son parti seront «le 6e calife islamique bien guidé». Il a promis dans la foulée que ce califat illuminera le monde. Rien que cela… La Tunisie court le risque de passer d’un autoritarisme politique à un totalitarisme religieux.

Il est des jours où je n’envie pas les Français. Dernier exemple, en matière scolaire, cette phrase trouvée sur un blog renvoyant à Christine Boutin: «Après avoir fait disparaître Clovis, Louis XIV et Napoléon des programmes d'Histoire de France, après avoir imposé en 1ère la théorie du gender (red. l’orientation sexuelle serait non pas biologique mais sociologique), après avoir ajouté la famille homoparentale dans les cours de Terminale littéraire, c'est maintenant à l'enseignement privé d'être gravement menacé...» En effet, s’insurge Christine Boutin, l’administration a décidé toute seule de ne plus déduire des impôts les dons aux écoles privées.

mardi 15 novembre 2011

Une stigmatisée suisse

LIVRE. Un prêtre raconte la vie extraordinaire de Marguerite Bays.



Une stigmatisée suisse



Vincent Pellegrini



«La vie  mystique de Marguerite Bays, stigmatisée suisse», tel est le titre d’un ouvrage publié  ces jours-ci par les éditions Parole et Silence. Ce livre a été écrit par l’abbé Martial Python, curé de Romont que nous avons interviewé.



Martial Python, Marguerite Bays est née en 1815, deuxième de sept enfants, dans une modeste ferme de La Pierraz (FR) où elle a vécu jusqu’à sa mort en 1879. Pourquoi avez-vous écrit un livre sur elle au-delà du fait qu’elle a été béatifiée par Jean Paul II en 1995?



C’est l’histoire d’une longue amitié. A l’âge de 18 ans j’ai découvert chez un copain un livre sur sa vie qui m’a bouleversé. J’ai par la suite étudié sa spiritualité quand j’étais à l’université et puis c’est une personnalité locale dont on connaît encore trop peu la profondeur. J’ai ressenti en elle l’amour de la création et des pauvres en qui elle voyait le Christ. J’ai été frappé de constater qu’elle avait beaucoup médité l’Evangile car elle avait une coloration franciscaine en faisant partie du Tiers Ordre de Saint-François, la branche laïque de la famille franciscaine. Il faut savoir qu’à l’époque les laïcs lisaient peu l’Evangile.



Marguerite Bays était couturière, mais elle ne s’est jamais mariée et elle a élevé le fils de son frère Claude. Cet enfant, né hors mariage, aurait fini à l’orphelinat sans ses bons soins.



Oui elle a été la mère de substitution de ce neveu qui s’appelait François. Elle  a toujours été un modèle extraordinaire de piété. Elle a accepté sa vocation de se sanctifier dans sa famille et en paroisse. Elle a aussi eu la chance de pouvoir visiter des lieux spirituels comme le monastère cistercien de la Fille Dieu où elle a pu approfondir encore sa contemplation lors de retraites. Son vœu  était de  vivre autant que possible comme le Christ avait vécu dans le monde. Elle a d’abord été une paroissienne modèle, s’occupant des pauvres et spécialement des enfants qui l’appelaient volontiers  marraine. Elle faisait partie de tous les groupes actifs dans sa paroisse et a même fondé une œuvre pour les pauvres. Elle a été catéchiste avant l’heure. Elle prenait volontiers les enfants chez elle pour leur enseigner le catéchisme. Elle fabriquait des crèches et y ajoutait des éléments sur la mort du Christ  pour en faire une traversée pascale, ce qui est une démarche très franciscaine. A l’époque on ne faisait pas des crèches à la maison.



Et puis, il y a ces extases et ces stigmates



Vers la quarantaine, Marguerite Bays a été atteinte d’un cancer des intestins dont elle aurait dû mourir. Le 8 décembre 1854, jour de la proclamation de la fête de l’Immaculée Conception, Marguerite Bays, alors qu’elle était  mourante, dans un élan du cœur,  se confia à Marie et elle fut spontanément guérie à  la grande stupéfaction de son entourage. Elle eut tout de suite les premiers symptômes d’une profonde  transformation intérieure. Le vendredi, elle tombait en extase et revivait la passion du Christ. L’évêque, les théologiens, les  médecins et même le préfet durent se rendre à l’évidence et constatèrent la véracité de ses extases. Certains essayèrent de la «réveiller» en la piquant sous les ongles, en vain. Elle eut aussi, comme saint François, les stigmates, ces plaies aux mains, aux pieds et au côté. Elle cachait autant qu’elle pouvait ces marques sanglantes mais là encore un rapport médical reconnut leur véracité.



Ces stigmates ont dû lui donner de la notoriété…



A partir de ce moment beaucoup de monde vint effectivement la trouver et elle en souffrait. Elle a dû développer un nouveau charisme. Elle n’allait plus chez les gens, les gens venaient à elle, provenant  même de différents pays d’Europe. On ne savait jamais rien de ces entretiens. Des témoignages montrent cependant que Marguerite Bays avait un charisme de discernement des esprits et de prophétie. En tout cas, les gens partaient régénérés dans leur vie et il y eut de plus en plus de monde. Sa famille ainsi que le curé ont dû mettre de l’ordre pour qu’on la laisse un peu  tranquille. Elle continuait à revivre la Passion du Christ tous les vendredis. Elle ne mangeait quasiment rien durant le Carême et durant le jeûne de l’Avent notamment. Sa famille disait qu’il n’était pas possible de survivre en mangeant si peu. En se rendant à la chapelle Notre Dame du Bois elle a même eu une vision de la Vierge.



Mais quel fut le trait le plus caractéristique de Marguerite Bays?



Ce qui ressortait d’elle c’était le rayonnement de son regard de bonté qui attirait tant  les enfants. Quant à son témoignage, il est une invitation à passer d’une dévotion extérieure à la vie intérieure. Son message c’est aussi que tout baptisé, même laïc, doit avoir une vie contemplative, c’est-à-dire une vie profonde avec Dieu, pour que Dieu respire dans le cœur de l’homme. Marguerite Bays a été reconnue d’abord par son humanité vraie, authentique, bien avant sa vie extraordinaire liée aux extases. Elle a eu une vie de prière continue tout en travaillant. Les stigmates n’étaient que la conséquence de son amour pour le Christ. Avec les stigmates, elle était devenue un miroir du Christ. Son  message est qu’en méditant sur l’humanité du Christ, on  médite aussi  sur le sens de l’homme dans sa profondeur.



A cette époque, les femmes qui ne devenaient pas religieuses se mariaient…



Pour Marguerite Bays, Dieu seul suffisait. Elle a vécu un célibat consacré de manière baptismale. Six ans avant sa mort, alors qu’elle souffrait trop de la curiosité autour d’elle, elle a demandé au Seigneur d’être délivrée des stigmates. Et ces signes ont disparu! Par contre, ses souffrances ont été intensifiées dans son vécu de la Passion, en particulier le couronnement d’épines. Durant ses dernières années, elle a dû rester alitée durant de longues périodes. Les gens continuaient à venir à son chevet et elle les a toujours accueillis. Comme prêtre je suis émerveillé par sa vie. Elle a démontré qu’on peut se sanctifier en paroisse. Elle a eu une vie d’authenticité et d’amour. Elle n’a jamais jugé les autres. Avec sa famille, elle a eu une patience infinie. Un ange serait venu lui donner la communion un jour où elle était malade. Elle avait un grand amour et une adoration pour les Saintes Espèces. Elle est morte le vendredi 27 juin 1879. Elle a été enterrée à Siviriez .  Aujourd’hui  son corps est dans une châsse en bois dans la chapelle qui lui est dédiée, qui est attenante à l’église de Siviriez.


lundi 14 novembre 2011

Foutaises

Cavalier seul

Vincent Pellegrini

-         La baisse du christianisme sous les assauts du matérialisme et du relativisme laisse un vide aussitôt rempli par l’occultisme ou des mouvements spiritualistes. La SSR a même fait de la publicité pour une mage valaisanne qui communique avec les esprits. C’est ne pas respecter son mandat de média de service public. La médium dit être un relais entre le monde des esprits et la terre et elle assure pouvoir ainsi guérir les gens. Cette personne a fait l’objet d’un documentaire qui tourne actuellement dans les salles obscures romandes. La médium  dit ne pas être guérisseuse mais seulement le relais transférant les énergies d’un guérisseur qui lui n’est pas sur terre. Elle raconte aussi comment, toute petite déjà, elle pouvait sortir de son corps et se balader dans le salon pour voir ses parents alors qu’elle était au lit. Bref, si la SSR fait à deux reprises de la pub pour un tel film, elle peut faire n’importe quoi avec notre argent. Voir sur ce sujet le site http://fouthese.com au 4 novembre. En tout cas, s’il est une chose que l’Ancien Testament condamne sévèrement et à de réitérées reprises, c’est de communiquer avec le monde des esprits. Car l’on ne sait pas sur quel esprit l’on tombera. Satan, s’il ne peut pas faire des miracles de première classe, peut néanmoins faire des prodiges pour illusionner.

-         Suivant l’actualité française, j’ai été surpris de voir combien la christianophobie montait chez nos voisins. Que ce soit à travers des pièces de théâtre et des expositions blasphématoires ou par le saccage d’églises et la profanation de cimetières. Juste quelques chiffres. En 2010, le Ministère de l’Intérieur a publié pour la France les chiffres suivants: Le nombre total de cimetières et de lieux de culte dégradés, entre  le 1er janvier et le 30 septembre 2010, s’élève à 485, dont 410 au préjudice de sites chrétiens, 40 au préjudice de sites musulmans et 35 au préjudice de sites israélites. La montée du satanisme  explique le grand nombre de sites chrétiens profanés. Un satanisme que l’on retrouve facilement mis en musique par les paroles de certains groupes metal et black metal connus.   




lundi 7 novembre 2011

Cavalier seul

Vincent Pellegrini

 -         Le parti islamo-conservateur du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan change petit à petit la Turquie censée être laïque. Ainsi, l’église Hagia Sophia d’Iznic, construite au VIe siècle sur le modèle de Sainte Sophie à Istanboul, a cessé d’être un musée pour devenir une mosquée. Désormais l’appel du muezzin y retentit de sorte que les chrétiens ne pourront plus y mettre les pieds. Et c’est pourtant l’église qui accueillit le 2e concile de Nicée en 787 pour discuter de la question des icônes, nous explique l’agence APIC. L’Eglise était très visitée par les étrangers aussi et les protestations seront sans doute internationales.  

-         Le 24 septembre passé avait lieu au séminaire de Lucerne un congrès sur l’avenir des prêtres. Il y est apparu que le nombre de prêtres diocésains avait diminué de moitié entre 1970 et 2009 et plus particulièrement durant les vingt dernières années, relate l’agence Dici. Quant à l’âge moyen des prêtres diocésains, il est de 65 ans. Le chanoine Martin Grichting, vicaire général du diocèse de Coire, a déclaré au «Sonntagszeitung» que l’Eglise de Suisse devait revenir à sa mission principale, précisant: «Nous sommes une communauté religieuse et non une entreprise morale et pas non plus une plate-forme de programmation de l’humanisme libéral de gauche.» Peut-être faut-il aussi se demander si l’interprétation faite du Concile Vatican II était la bonne…

-         Selon le président de la conférence épiscopale italienne, Mgr Angelo Bagnasco, l’Italie court au suicide démographique à cause de l’actuelle baisse de la  natalité dont le taux est seulement de 1,41 enfant par femme en âge de procréer. Pour lui, ce n’est pas seulement dû à la crise, mais aussi à une détresse culturelle et morale. Bref, on change de civilisation et la BBC ne dit par exemple plus avant ou après Jésus-Christ, mais avant et après l’ère commune. Les pays chrétiens ont plus que jamais besoin de la  nouvelle évangélisation lancée par Jean Paul II et poursuivie par Benoît XVI. Il faut impérativement faire connaître aux fidèles les allocutions et les écrits du pape actuel.

Dieu et l'internet

Livre. Jean-Baptiste Maillard explique comment l’on peut évangéliser sur l’internet sans tomber dans certains pièges.

Les missionnaires de l’internet

Vincent Pellegrini

«Dieu et internet», tel est le titre d’un ouvrage signé Jean-Baptiste Maillard au Editions des Béatitudes. L’auteur est un journaliste spécialisé dans les nouveaux modes de communication. Le sous-titre du livre est : «40 questions pour mettre le feu au Web». Pour l’auteur, l’internet est un média de relation supérieur à tout autre, un outil formidable pour témoigner de sa foi et provoquer un jour une rencontre en vrai.  Il s’avère que toutes les religions sont très présentent par des sites sur la toile. Et Facebook permet à de nombreux prêtres de prolonger le contact avec leurs paroissiens et avec d’autres prêtres.
«La Bible sur IPhone »

 Sur son iPhone on peut lire la Bible sur catholique.org. Les curés peuvent trouver sur les smartphone leur bréviaire. Il y a même des modules e-chapelet… L’intérêt du livre de Jean-Baptiste Maillard est qu’il fourmille d’adresses internet intéressantes. Y compris des  plateformes de formation (e-learning). Il existe de véritables églises virtuelles où les internautes peuvent vraiment prier ensemble. Néanmoins, selon un sondage,  internet serait un phénomène mineur pour une majorité de croyants, lesquels pensent qu’il n’est pas souhaitable que les religions développent leur présence sur le web. Ce n’est pas l’avis de Jean-Baptiste Maillard. L’auteur admet cependant qu’il y  a des dangers sur l’internet. Il peut notamment banaliser l’amitié et  favoriser les relations online au détriment du contact humain direct, faire croire que le témoignage online suffit ou limiter notre intériorité. Mais il y a aussi danger à être indifférent à internet ou à le sous-estimer, explique l’auteur.
«Le lieu du débat par excellence»
Pour Jean-Baptiste Maillard, internet est devenu le lieu de débat par excellence, notamment dans les forums de discussion, les blogs, etc. Les chrétiens doivent faire attention à ne pas rester sur place. Par exemple en proposant un site 1.0 (site sans interactivité avec l’internaute) alors que les autres sites sont déjà passés au web 3.0. Et il y a surtout l’enjeu crucial qui est l’évangélisation. Alors comment surfer sur l’internet? L’auteur donne des consignes: Aimer les personnes rencontrées (être courtois dans les discussions en ligne), maîtriser sa consommation d’Internet et s’imposer des limites, jeûner d’Internet, pas seulement pendant le Carême pour ne pas tomber dans l’addiction.

Jean-Paul II a parlé au sujet d’internet d’un «nouveau style de vie» et il appelait les fidèles à «user des  nouvelles technologies pour le bienfait de l’humanité et la réalisation du plan de Dieu sur le monde». Mais pourquoi devrait-on aussi évangéliser sur l’internet. «Si vous êtes ce que vous devez être, vous mettrez le feu au monde entier », disait sainte Catherine de Sienne. La chose devient d’une certaine manière possible avec l’internet qui ne connaît pas de frontière. Pour Jean-Paul II, la «nouvelle évangélisation doit d’ailleurs être nouvelle dans son ardeur, dans ses méthodes et dans son expression.» Jean-Paul II disait aussi : «Pour l’Eglise, le  nouveau monde du cyberespace est  une exhortation à la grande aventure d’utiliser son potentiel pour proclamer le message de l’Evangile». Internet sonne certes le glas de l’imprimatur mais il responsabilise plutôt qu’il ne contraint.
«Les risques pour le missionnaire»
Quels sont les risques pour le missionnaire dans la jungle de l’internet ? Evangéliser seul dans les rues du cyberespace alors que le Christ envoyait ses disciples deux par deux, explique Jean-Baptiste Maillard. La deuxième tentation est de s’engager soi-même en oubliant que c’est l’Eglise qui envoie. Les autres risques sont: penser tout maîtriser (un père spirituel s’avère utile), manquer de discernement (consulter des personnes compétentes sur le plan stratégique comme spirituel), se laisser dévorer (l’internet est chronophage), et enfin le risque d’être pris par l’orgueil médiatique.
«Saint Isidore, patron d’internet»

  Disons au passage que saint Isidore de Séville est le patron d’internet et des internautes. Né à la fin du VIe siècle en Espagne, il a recueilli tout le savoir de son temps dans tous les domaines.  Il a écrit une œuvre encyclopédique admirable, Etymologies, en donnant à son travail un concept proche de la base de données que nos sites internet utilisent tous. Pour l’auteur, les armes du missionnaire sur l’internet sont la prière, la recherche de l’humilité, la Parole de Dieu, le chapelet, l’amour-charité, l’invocation de l’Esprit Saint. L’internaute qui veut évangéliser doit savoir que c’est chronophage, coûteux s’il veut bâtir une  plate-forme digne de ce nom, que le message évangélique peut-être mal perçu et que certains catholiques touchés par le relativisme vont mal réagir. Mais l’internet  est devenu le continent numérique. Jean  Paul II précisait en 2002 dans son message pour les communications sociales : «Internet est certainement un nouveau forum, entendu dans son antique sens romain d’espace public où étaient conduites la vie politique et les affaires, où étaient remplis les devoirs religieux, où se déroulait la plupart de la vie sociale et où était exposé ce qu’il y a de  meilleur et de pire dans la nature humaine».
«L’une des trois questions les plus tapées sur Google»

  En 2007, «qui est Dieu», était l’une des trois questions les plus tapées sur Google par les internautes américains. L’auteur parle de l’utilisation de certains mots qui permettent d’être mieux entendus sur l’internet. A  noter, cette information intéressante du livre: «La probabilité pour qu’un internaute surfant dans le monde virtuel rencontre un message chrétien est faible, très faible, et, dans 85% des cas, le message sera celui d’une église évangélique.» Les catholiques feraient donc bien de s’y mettre s’ils veulent édifier des cathédrales dans le monde numérique. Le livre parle aussi des  réseaux sociaux, présente les meilleurs sites, les meilleures campagnes sur le Net, de la musique religieuse sur le web, des communautés de missionnaires sur l’internet qui créent des sortes d’églises virtuelles, etc. Beaucoup de musulmans se convertissent secrètement au christianisme en consultant l’internet… Et les retraites en ligne ouvertes à tous  ont un succès étonnant. 



Dieu et internet
Guide pratique et spirituel
Jean-Baptiste Maillard
Editions des Béatitudes
300 pages^
15,5 euros

vendredi 4 novembre 2011

«Le présentisme»

Cavalier seul

Vincent Pellegrini

-         L’historien Pierre Nora, de l’Académie française, a été interviewé par Jean Sévillia sur le temps présent et la crise que traverse aujourd’hui l’Europe. Pierre Nora a constaté notamment: «Ce qui se déroule sur le plan économique et financier ou sur le plan politique représente les symptômes d’une crise beaucoup plus générale, que je serais tenté de définir comme  une crise de civilisation. Ce qui est frappant, aujourd’hui, c’est de constater à quel point on voit se développer, dans à peu près tous les grands domaines, une vision catastrophiste de l’avenir. (…) Sur le plan culturel global, pour ce qui concerne le rapport au temps, aux générations, à la filiation, je n’ai pas besoin de vous dire la crise de la transmission que notre société traverse. (…) J’ose à peine parler d’une crise de spiritualité, mais ce que nous subissons ressemble profondément à cela. (…) L’historien était autrefois le trait d’union entre le passé et l’avenir. Il était celui par qui le passé restait vivant pour affronter l’avenir. Ce lien entre le passé, le présent et l’avenir s’est rompu. La catégorie du présent, au lieu d’être un trait d’union entre le passé et l’avenir, est devenue en effet en raison de ce que mon ami François Hartog définit comme le présentisme, cette tentation de notre société de n’avoir pas d’histoire.»  Nous avons bel et bien changé d’époque…

-         La Fondation iFrap (Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques), a calculé  pour le «Figaro Magazine» ce que coûterait à la France chaque point du programme de François Hollande, le candidat PS à la présidentielle. Résultat si Hollande l’emportait en 2012: 150 milliards d’euros de dépenses nouvelles et 50 milliards de déficit supplémentaire en cinq ans.  C’est une constante socialiste: dépenser plus et taxer plus… Et c’est toujours la classe moyenne qui est la plus touchée.

-         L’Etat grec contrôle-t-il  ce que paient ses citoyens en impôts alors que l’Europe se saigne pour réduire sa dette souveraine? Larissa, en Thessalie, est en effet la ville du monde où l’on trouve la plus grande densité de Porsche Cayenne  par habitant. Cherchez l’erreur…  

mardi 25 octobre 2011

Justice distributive

Cavalier seul

Vincent Pellegrini

         Le dernier week-end fut électoral et les médias ont focalisé leurs feux sur les nouveaux petits partis censés brouiller les cartes. On retiendra pour notre part que le Parti bourgeois démocratique (PBD) pèse à peine plus de 5% sur le plan  national. Et qu’il ne justifie pas le siège d’Eveline Widmer-Schlumpf. Selon la justice distributive, son siège devrait revenir à l’UDC (premier parti du pays) surtout si l’on considère que le PBD n’est qu’un sous-produit de l’UDC.  

-         La révélation de cette campagne aura été que l’UDC valaisanne est le nouveau parti conservateur catholique. Le Mouvement chrétien conservateur a en effet choisi 5 des 75 questions posées aux candidats par Smartvote. Les questions touchaient aux valeurs chrétiennes. Et il s’est avéré que les candidats UDC du Valais, dans leurs réponses, étaient les plus proches de la loi naturelle et des valeurs conservatrices.

-         Le printemps arabe sera aussi celui de l’islam, même s’il se prétend modéré. Le président du Conseil national de transition (CNT) Moustapha Abdeljalil, a répété dimanche à Benghazi, où la libération de la Libye a été proclamée, que la législation du pays serait fondée sur la charia (loi islamique). L’un des principaux chefs des combattants anti-Kadhafi a fait des déclarations semblables. En Tunisie, le parti islamiste tunisien Ennahda a fait la percée qu’on attendait de lui. Depuis la révolution, les Coptes égyptiens sont traités comme des dhimmis et leurs églises sont saccagées. Cela ne colle pas avec le romantisme du printemps arabe. L’article 2 de la Constitution de la nouvelle Egypte (comme celle de la Tunisie post Ben Ali) fait de la loi islamique (la charia) la source principale du droit. Quant à l’article premier de la nouvelle constitution marocaine, il dit: «La nation s’appuie dans sa vie collective sur des constantes fédératrices, en l’occurrence la religion musulmane modérée». Cette constitution défend la liberté de pensée mais pas de religion… Je connais d’ailleurs personnellement une femme qui a perdu sa place  de travail au Maroc car elle s’était convertie discrètement au christianisme.




mercredi 19 octobre 2011

L'islam de ci de là

Cavalier seul

Vincent Pellegrini


Ce week-end, les Tunisiens participeront pour la première fois à des élections démocratiques. Il y a plus de 1600 listes. Trop de choix tue le choix et la crainte réside dans le fait que les islamistes, bien organisés, sont donnés favoris du scrutin. Le printemps arabe débouchera-t-il sur des gouvernements islamistes? En Egypte aussi, la situation des chrétiens est tragique face à une armée qui n’hésite pas à foncer dans la foule copte pacifique avec des blindés. Quelle sera la place des Frères musulmans dans la nouvelle Egypte? Ce qui se passe dans l’islam du Moyen-Orient nous touche aussi en Europe du fait de l’immigration musulmane.  Un fait ne trompe pas. De plus en plus de livres traitent du défi posé à l’Europe par l’islam. Par exemple «Le Pouvoir et la Foi. Questions d’islam en Europe et au Moyen-Orient », de Bernard Lewis, aux éditions Odile Jakob. L’auteur rappelle que l’islam ne connaît pas la distinction occidentale – d’origine chrétienne – entre spirituel et temporel. Il explique: «Dans l’islam classique, Eglise et Etat ne font qu’un.» L’islam détermine la loyauté ou la déloyauté envers la communauté. Il est aussi la source unique de l’autorité, de la justice, de la paix, de la liberté, explique Lewis. En France, où les musulmans forment officieusement 8% de la population, les autorités ont dû mettre fin à la prière du vendredi à l’air libre car elle bloquait des quartiers entiers. Du point de vue de la pratique religieuse, l’islam est en progression. Et l’élément démographique joue en sa faveur. Selon quatre démographes de l’Institut viennois de la démographie,  d’ici le milieu du siècle, l’islam pourrait être la religion majoritaire chez les Autrichiens de moins de quinze ans. A Bruxelles, plus de la moitié des enfants nés en 2006  étaient nés de musulmans. On trouve ces exemples dans le livre du journaliste américain Christopher Caldwell intitulé «Une révolution sous nos yeux.  Comment l’islam va transformer la France et l’Europe» traduit en français aux éditions du Toucan. Pour Caldwell, «l’islam est le plus grave défi posé à l’Europe». L’Europe va en effet devoir apprendre à vivre avec l’islam.

vendredi 14 octobre 2011

Redevance rédhibitoire

Cavalier seul

Vincent Pellegrini




-         A la Foire du Valais, Roger de Weck, directeur de la Société Suisse de radiodiffusion et télévision, a défendu bec et ongle la redevance annuelle à 462,40 francs. Ce prix à payer pour les chaînes nationales de radio-télévision est pourtant tout simplement exorbitant et rédhibitoire. Pour les gens à revenus modestes, cette redevance met en danger l’abonnement aux médias régionaux de presse écrite qui ne touchent aucune subvention ni redevance alors qu’ils sont les principaux vecteurs d’information locale et d’informations pour le bon fonctionnement de la démocratie directe. L’UDC s’est dit déçue par la décision du Conseil national de rejeter la pétition «Redevances de radio et de télévision: 200 francs c’est assez» pourtant signée par plus de 143 000 personnes.  Sur ce coup-là,  l’UDC a raison.

-         Une nouvelle a intrigué les médias le 18 septembre. Ce jour-là un référendum («Aider au lieu de punir») a eu lieu au Liechtenstein – 18.800 électeurs – pour l’introduction de l’avortement pendant les 12 premières semaines de grossesse. 52,3 % des voix se sont exprimées contre l’introduction de l’avortement. Le prince Alois de Liechtenstein avait clairement fait entendre qu’il ne signerait jamais une telle loi, en déclarant que «l’avortement n’est pas une solution acceptable pour le problème des grossesses non-désirées», explique l’agence ru. Le Prince veut maintenant entamer sans tarder des discussions avec le gouvernement et le parlement pour mettre en œuvre une réforme profonde qui puisse proposer des aides massives aux femmes enceintes en difficulté, tout en rendant l’environnement du Liechtenstein plus favorable aux enfants.  L’agence ru poursuit: «La position des autorités de l’Eglise par rapport à ce référendum fut exemplaire: «Non à l’avortement!», avec une référence claire au Concile Vatican II qui l’avait décrié comme «un crime abominable» (Gaudium et Spes, chap. 51). Par contre cette référence au Concile Vatican II est également utilisée par les adversaires de l’Eglise pour promouvoir dès maintenant la séparation de l’Eglise et de l’Etat au Liechtenstein où la religion catholique est aujourd’hui religion d’état.»


jeudi 6 octobre 2011

Limites de l'oecuménisme

Cavalier seul

Vincent Pellegrini

-         Un paysage idyllique à plus de 2400 mètres d’altitude. Un beau glacier et des cimes fières qui se mirent dans un charmant lac artificiel. Nous sommes au col du Nufenen. Et puis, il y a cette chose qui impacte tout le paysage et le dénature. Une énorme éolienne qui en attend quatre ou cinq autres. Un paysage massacré au nom du développement durable et de la protection du climat. Cette époque  n’est pas exempte de paradoxes.



-         Les limites actuelles de l’œcuménisme, y compris dans l’éthique, ont été mises en évidence lors du dernier voyage du pape en Allemagne. On peut  ainsi lire dans l’agence APIC: «Dans son homélie, le pape a déploré que l´éthique soit désormais remplacée par le calcul des conséquences. «Face à cela, comme chrétiens, nous devons défendre la dignité inviolable de l´Homme, de la conception à la mort - dans les questions du diagnostic préimplantatoire jusqu´à l´euthanasie», a affirmé Benoît XVI. Or catholiques et protestants ont aujourd´hui des positions divergentes sur plusieurs questions éthiques et de société, telles que l´avortement ou l´homosexualité.»



-         L’œcuménisme doit permettre aux confessions chrétiennes de chercher l’unité et de travailler ensemble pour christianiser la société. Cela veut dire faire respecter l’importance du fait religieux et le droit naturel, c’est-à-dire  le Décalogue, tout en évitant le syncrétisme qui relativiserait les dogmes caractérisant chaque religion. Il faut bien le reconnaître, l’œcuménisme catholiques-protestants est difficile et se trouve presque à l’arrêt. Avec les musulmans, le dialogue théologique n’est pas possible du fait du refus par l’Islam du Dieu Trinitaire (nous n’avons ainsi pas le même Dieu) et il faut plutôt dialoguer sur le respect des droits  de l’homme et la morale. Ce n’est donc pas un hasard si le pape travaille désormais beaucoup à l’œcuménisme avec les orthodoxes qui sont très proches des catholiques. Le patriarche Cyrille 1er  de Moscou a exprimé son «respect et son amour fraternel» envers Benoît XVI et le patriarche de Chypre cherche un rapprochement avec les catholiques. Les moines du Mont Athos, par contre, mettent les pieds au mur.

mardi 4 octobre 2011

Lumière divine sur des vies

LIVRE. Jean Mathiot a écrit un livre fourmillant de témoignages émouvants sur l’irruption de Dieu dans des vies.




Vincent Pellegrini

Les éditions Saint-Augustin ont publié un livre de Jean Mathiot intitulé «Fenêtres sur le Seigneur de nos vies ». L’originalité de cet ouvrage se trouve dans le fait qu’il laisse une large place à des témoignages personnels sur l’irruption soudaine de Dieu dans une vie. Jean Mathiot a retranscrit notamment les  témoignages de «ceux qui ont été saisis par Dieu et qui en témoignent ». Il part de Saul de Tarse mais livre de nombreux témoignages du XXe siècle.



Le guerrier sikh

Sadhdou S. Singh, futur guerrier sikh exigeant témoigne: «Souvent tard dans la nuit, je lisais non seulement les livres sacrés des Sikhs, mais encore ceux de la religion Hindoue et aussi le Coran des musulmans, dans l’espoir  de trouver la paix. Je ne trouvais nulle part cette nourriture spirituelle dont j’étais affamé.» Il achète un jour un Nouveau Testament, mais tout ce qu’il y lut ne fit qu’augmenter sa haine du christianisme. Et pourtant l’enseignement sur l’amour de Dieu l’attirait malgré lui et le récit de la mort du Christ l’impressionna vivement. Il jeta la Bible au feu car on lui disait que ce livre avait un pouvoir magique. Il prit la décision de se suicider si Dieu ne se révélait pas à lui. Il écrit sur ce qui lui est arrivé en 1904: «Soudain, une  grande lumière  illumina  ma chambre, telle que je crus que la maison  était en feu; j’ouvris ma porte mais au dehors tout était sombre. Alors il se passa quelque chose que je n’avais jamais attendu: la chambre fut remplie d’une merveilleuse lumière qui prit la forme d’un globe, et je vis un homme glorieux debout au centre de cette lumière. Ce n’était ni Bouddah, ni Krishna, c’était le Christ. Durant l’éternité je n’oublierai pas son visage de gloire, ni les quelques mots qu’il prononça: «Pourquoi me persécutes-tu? Je suis mort pour toi, pour toi j’ai donné ma vie. Je suis le Sauveur du monde.» (…) Je vis les marques des clous; j’avais été son ennemi, mais je tombais à genoux devant lui et l’adorais.»  



Le militaire américain



George Ritchie est médecin en Virginie, aux Etats-Unis. Depuis de longues années il exerce la psychiatrie dans les hôpitaux. Il raconte l’expérience bouleversante de la mort et de l’au-delà qu’il fit à vingt ans, en 1943, pendant son service militaire où il attrapa la pneumonie. Il s’aperçoit que la lumière de la pièce où il est devient de plus en plus brillante, plus brillante que toutes les lampes du monde; et il voit que ce n’était pas de la lumière, mais un homme fait de lumière, avec une intensité d’éclat qui composait toute sa personne, et ces mots qui lui venaient: «Debout, tu es en présence du fils de Dieu.» Et un amour inconditionnel émanait de cette présence qui connaissait tout ce qu’il y avait de bon et de mauvais; il en voyait chaque détail et une question: «Qu’as-tu fait de ta vie que tu puisses me montrer? As-tu aimé les autres comme je t’aime? Totalement? Inconditionnellement?» Si c’était l’amour le plus important de tout, pourquoi ne pas le lui avoir dit? « Je te l’ai dit par la vie que j’ai vécue, je te l’ai dit par la mort que  j’ai subie.  Si tu me regardes, tu en sauras davantage.»    



Le prisonnier

André Levet a 31 ans, en 1964, quand il est condamné à quinze années de réclusion  criminelle pour plusieurs hold-ups à mains armées. En 1969, il en est à sa cinquième année de prison. Dans la cellule, il y a une Bible.  Il raconte: «Un jour, je lance un défi à celui en qui je ne crois pas. Et je crie: si tu existes vraiment, alors viens me voir à deux heures du matin. Et si vraiment tu fais tout ce qu’il y a d’écrit dans  ce bouquin, tu pourras bien ouvrir mes barreaux et je pourrai retrouver ma liberté mais je ne le crois pas.» C’était le 11 juin 1969. André Levet poursuit: «Le 12 juin 1969, dans la nuit, je suis fortement secoué. Croyant à l’intrusion d’une personne étrangère dans ma cellule, je me lève d’un bond. Je crie: Qui est là? Immédiatement une voix me répond: «Il est deux heures André, nous avons rendez-vous.» «Qui es-tu? Que viens-tu faire  ici?» «Ne sois pas incrédule, je suis ton Dieu. Le Dieu de tous les hommes.» «Je ne t’ai jamais vu. Je ne te vois pas. Je ne te connais pas! Alors ma toute petite cellule va disparaître lentement. Il y a une belle lumière indescriptible. Et dans cette lumière un homme apparaît. Un homme que je ne connais pas. Qui va seulement me montrer ses pieds percés, ses mains percées, son côté droit percé. C’est aussi  pour toi, dit-il. Pour la première fois de ma vie je tombe à genoux devant quelqu’un et je pleure, parce que pour la première fois de ma vie quelqu’un veut m’aimer. Cinq heures durant je reste à genoux. Jésus, dans sa grande miséricorde, est venu me libérer de tout le mal que j’ai commis.»



La speakerine

Pierrette Brès est connue comme journaliste et speakerine. En 1985, en  plein désarroi, elle se rend en Israël. Et l’insoupçonnable va se produire. Elle le racontera dans le livre «Les chevaux de Dieu». Elle écrit: «Quelques secondes de torpeur et puis plus rien. Le Christ dans toute sa splendeur était là devant moi… Je baignais dans sa lumière, mon esprit soudainement  pénétré par cette lumière extraordinaire que seul Dieu peut répandre dans nos âmes quand il s’adresse à nous. Dieu est devant moi et je me sens irradiée. Il me dit: Tu es pardonnée, tu as  payé tes erreurs, tu ne seras plus jamais seule, je serai toujours avec toi…en toi…aie confiance! (…) Je me retrouve brusquement pleurant de  joie (…) je viens de recevoir le baptême de l’Esprit.

    



L’athée



André Frossard, journaliste et écrivain de renom, élevé dans l’athéisme parfait, a raconté comment à vingt ans (1935), il a rencontré Dieu «dans une silencieuse et douce explosion de lumière», alors qu’il était entré dans une chapelle à Paris à la recherche d’un ami (à la rue d’Ulm chez les religieuses de l’Adoration). La chapelle est sombre mais il aperçoit au fond sur l’autel l’ostensoir du Saint-Sacrement en forme de soleil. Il ignore ce que c’est. Il distingue à peine les fidèles. C’est alors que l’inattendu est arrivé. Il se sent démantelé dans son absurdité et redevenir un enfant. Il entend comme si on lui disait «Vie spirituelle». Et il voit comme le ciel s’ouvrir et s’élancer fulgurant vers lui. «C’est un cristal indescriptible, d’une transparence infinie, d’une luminosité presque insoutenable; un degré de plus m’anéantirait.» Et il découvre un autre  monde qui est la réalité, la vérité. Il découvre «l’évidence de Dieu, l’évidence faite présence, l’évidence faite personne, que les chrétiens appellent  Notre Père.» Il découvre qu’il est d’une «douceur à nulle autre pareille, active, surpassant  toute violence, capable de faire éclater la pierre la plus dure et le cœur humain.» 





Jean Mathiot

Fenêtres sur le Seigneur de nos vies

Editions Saint-Augustin

194 pages

32 francs

jeudi 29 septembre 2011

Le carnet d'adresse

Cavalier seul

Vincent Pellegrini




- Quand on voit la gauche rose-verte et les évangéliques lancer une initiative pour introduire un impôt sur les successions «pour les fils à papa» on se dit qu’une démocratie qui prône le vol est une drôle de démocratie. Car on punit  le papa de manière posthume pour avoir travaillé et payé des impôts de son vivant sur sa fortune immobilière et mobilière ainsi que sur ses revenus, ne serait-ce que par la valeur locative. Pour le Valais, en tout cas, ce serait une catastrophe que cette initiative passe car l’exonération des successions est l’un de nos seuls atouts.

- La chose est passée inaperçue cet été. Le Comité des droits de l’Homme de l’ONU a reconnu l’avortement comme un droit de l’Homme. Son rapport a même été approuvé par le secrétaire général de l’ONU. Il affirme que «toutes les nations devraient accepter que les femmes et les filles aient un droit à l’accès à l’avortement pour que celles-ci puissent jouir de leurs droits de l’Homme».

- Lu sur APIC au sujet de la succession de Mgr Genoud et des trois noms à choix envoyés à Rome pour lui succéder: «Interrogé par la Radio, Jacques Neyrinck, écrivain, scientifique, catholique pratiquant, estime que cette attente commence à irriter les fidèles et se pose la question de savoir si Nicolas Buttet a les dimensions du gestionnaire qu´il faut pour la charge d´évêque. Il demande aussi qu´au sein de l´Eglise, les fidèles soient davantage consultés.» Les journalistes semblent avoir tous le même carnet d’adresses car ils interrogent souvent les mêmes personnes, selon le sujet. Le conseiller national Jacques Neyrinck fait partie de ces élus. Il faut dire qu’il est d’autant plus apprécié qu’il est souvent critique sur l’institution ecclésiastique. Moi, en tout cas, je ne vois pas un évêque gestionnaire, à moins de vouloir des curés plus fonctionnaires que missionnaires. Il faut, pour succéder à Mgr Genoud, un saint pasteur capable de relancer la nouvelle évangélisation. Et je répondrai au passage à M. Neyrinck que Nicolas Buttet, avec quatre grandes communautés sous sa responsabilité en Suisse et en France, sait ce que le mot gérer veut dire.


lundi 26 septembre 2011

La dernière chance

Vincent Pellegrini



Cavalier seul



Le 14 septembre, au terme de près de deux ans de discussions, le Vatican a remis aux traditionalistes d’Ecône  un préambule doctrinal. C’est à prendre ou à laisser. Si Ecône dit oui, le mouvement traditionaliste sera réintégré dans l’Eglise. Si Ecône dit non, il n’y aura plus de proposition romaine pour très longtemps. Benoît XVI tend la main, lui qui avait déjà dénoncé le 22 décembre 2005 l'herméneutique de la rupture du Concile Vatican II à l'égard de la Tradition opérée par certains progressistes. L’agence de presse du Vatican (VIS) mentionne que «ce document» (préambule doctrinal) «énonce certains des principes doctrinaux et des critères d'interprétation de la doctrine catholique nécessaires pour garantir la fidélité au Magistère de l'Eglise et au Sentire cum Ecclesia, tout en laissant ouvertes à une légitime discussion l'étude et l'explication théologique d'expressions ou de formulations particulières présentes dans les textes du Concile Vatican II et du Magistère successif.»

Dans le Figaro, l’envoyé spécial à Rome Jean-Marie Guénois met le doigt sur une conséquence très importante du texte romain: «La clé de l’accord tient en deux mots, «légitime discussion», sur les sujets qui fâchent. (…) Rome considère dorénavant que certains points de vue contenus dans le concile Vatican II et dans ses suites sont effectivement ouverts à une légitime discussion. Ces deux mots, relativement  inédits dans un document officiel de l’Eglise, signifient, en clair, que le Saint-Siège accepte qu’il est désormais possible d’être pleinement catholique tout en exprimant des divergences  sur ce qui n’affecterait pas le cœur de la foi de l’Eglise.» Pour Guénois, la distinction est ainsi faite entre entre le noyau de la foi catholique et ce qui est sorti de Vatican II. Jean-Marie Guénois a par ailleurs déclaré à l’agence Iomédia: «cette démarche romaine ouvre un immense débat dans l´Eglise sur l´autorité du Concile Vatican II". Depuis le 14 septembre on ne peut en effet plus brandir Vatican II comme le Coran incréé contre les catholiques ayant une sensibilité plutôt traditionnelle…

mardi 6 septembre 2011

La rose et le cactus

Cavalier seul
Vincent Pellegrini


On écrira cette rubrique avec une rose et un cactus. La rose tout d’abord. Elle est décernée au Valaisan François Couchepin qui a démissionné de l’Observatoire suisse du droit d’asile et des étrangers (ODAE) dont il était membre fondateur. L’ancien chancelier de la Confédération François Couchepin a dénoncé le militantisme actuel de cet «observatoire», ainsi que le manque d’impartialité du  même observatoire qui fait un travail trop politique. Avec courage, il a écrit: «Je refuse de voir l’Observatoire se couper ainsi de sa crédibilité.»
Quant au cactus, il est décerné à Christian Levrat, président du parti socialiste suisse. Interrogé dans le cadre d’une série de l’agence de presse APIC consacrée aux politiciens suisses, il dit nourrir «quelques craintes» quant au successeur de Mgr Genoud qui n’a toujours pas été nommé et ajoute: «Il y a des sujets sur lesquels l´Eglise est assez peu en phase avec notre société, notamment en matière de sexualité ou de recherche. Ces positions me paraissent compréhensibles du point de vue strictement doctrinal, mais elles sont peu utiles dans le débat politique actuel. » Et pourtant l’Eglise doit défendre bien des choses dont la vie humaine dès sa conception comme un bien sacré et parler au monde même si elle ne partage pas ses valeurs. Il faut dire que Christian Levrat est bien accompagné et que beaucoup voudraient corriger le pape. L’abbé Claude Ducarroz, président du Collège des consulteurs du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg a  dénoncé le manque de transparence de la procédure de nomination du successeur de Mgr Genoud et les lenteurs vaticanes. J’ai l’envie de dire: Laissez le pape décider qui sera évêque et si cet évêque ne vous plaît pas car dans la ligne de Benoît XVI – c’est d’ailleurs peut-être pour cela qu’il est difficile à trouver – laissez-le officier quelque temps avant de juger. Je constate en effet assez souvent un décalage entre Rome et le clergé suisse. Beaucoup gagneraient à lire attentivement ce que publie Benoît XVI dans tous les domaines. Car si le pape est  âgé, sa production écrite et ses enseignements restent excellentissimes.



jeudi 1 septembre 2011

Question de vie ou de mort

Cavalier seul
Vincent Pellegrini

Une bonne nouvelle en cette fin d’été. L’initiative contre le remboursement par l’assurance maladie de base de l’avortement et de la réduction embryonnaire a abouti et le peuple se prononcera dans les urnes.  Il est temps que la loi cesse de traiter la grossesse comme une maladie. D’autant plus qu’en général l’avortement est pratiqué alors que la vie de la future mère n’est pas en danger. Cette société a perdu la boussole des valeurs. Les couples risquant de transmettre une maladie grave à leur enfant devraient pouvoir recourir au diagnostic préimplantatoire selon le Conseil fédéral qui est prêt à autoriser le diagnostic sur huit embryons par cycle de traitement au lieu de trois autorisés actuellement par la fécondation in vitro. Le nombre n’y changera rien. On va à petits pas vers l’eugénisme dans la logique utilitariste qui est celle de notre société. Chaque embryon est une vie humaine naissante mais non encore née. Faire payer des avortements par l’assurance maladie de base revient ici à mépriser les parents admirables qui dispensent jour après jour leur amour à leur enfant handicapé.
 En Allemagne les évêques se sont prononcés pour une stricte interdiction du diagnostic préimplantatoire (DPI) quel qu’il soit. «L´homme ne peut pas déterminer à travers le DPI qui est digne de vivre ou qui ne l´est pas. Si je commence à décider maintenant quelle vie est digne d’être vécue et quelle autre ne l’est pas, je m’érige en seigneur de la vie et de la mort», a expliqué le président de la conférence épiscopale allemande. «Le désir des parents d´avoir des enfants sains est compréhensible et mérite le respect. Mais le DPI n´est pas la bonne voie. Car le choix d´un embryon selon des critères génétiques contredit le principe fondamental qui veut que toute vie mérite protection indépendamment de sa santé et de ses capacités. Il est en particulier en contradiction avec le principe de non discrimination des personnes handicapées», ont précisé également une  majorité des députés catholiques du Bundestag cités par l’APIC.

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mardi 5 juillet 2011

chrétienne de l'ombre

Cavalier seul
Vincent Pellegrini
Le peuple marocain a accepté massivement mercredi le vote sur une nouvelle constitution. L’agence APIC nous apprend: Cette réforme n´apporte aucune amélioration en ce qui concerne la liberté de conscience, déplore l´association Porte Ouvertes. «En n´accordant que le libre exercice du culte, elle permet aux autorités d´agir à leur guise contre les chrétiens", écrit l´ONG au service des chrétiens persécutés. Une première version plus libérale avait subi de nombreuses attaques de la part des organisations musulmanes. Je puis donner un exemple concret de ce qui se passe au Maroc pour l’avoir vécu moi-même. J’avais interviewé par téléphone («Nouvelliste» du 17 avril 2010», une chrétienne marocaine de l’ombre qui s’était convertie secrètement au christianisme et ne l’avait même pas dit à ses enfants de peur de perdre leur garde (elle était divorcée). Mais elle a eu beau rester discrète, l’ONG marocaine (dépendant de l’Europe) où elle travaillait a appris sa conversion et l’a licenciée séance tenante. Elle n’était pourtant même pas encore baptisée… J’ai demandé à un ami germanophone de dénoncer le cas à la direction générale de l’ONG qui se trouve dans un pays européen. L’association a joué à Ponce Pilate… Et dire que  le Maroc est naïvement perçu comme un pays musulman modéré…
A noter que Geert Wilders, du Parti de la Liberté, a été acquitté par un tribunal d’Amsterdam. Il s’était appuyé sur le Coran pour attaquer l’islam. Le juge a invoqué la liberté d’expression. Toujours est-il qu’il y a beaucoup de musulmans modérés mais que l’islam des légistes classiques – dominant actuellement – n’est pas modéré. L’islam a tenté à quelques reprises, au Moyen-Age, de bifurquer vers une interprétation contextuelle et rationnelle mais les oulémas ont toujours mis fin à ce processus qui aurait dû déboucher sur l’islam des Lumières. Car le monde islamique n’a pas pratiqué sur lui-même une exégèse et une évolution  homogène comme le  christianisme l’a fait. Seuls quelques penseurs musulmans habitant en Europe peuvent le faire. Sur eux repose l’espoir d’une intégration de l’islam dans la démocratie occidentale.  

lundi 4 juillet 2011

L'Antéchrist


         Cavalier seul
Vincent Pellegrini

Je me permets de revenir sur le journaliste et écrivain juif-catholique Joseph Roth (1896-1939). Journaliste en vogue sous la république de  Weimar, il vécut ensuite  misérablement de ses nombreux livres. Cet écrivain remarquable mourut lors d’une crise de delirium tremens provoquée par son penchant pour  l’alcool.  L’un de ses ouvrages, écrit en 1934, est un essai sur l’Antéchrist tout à fait étonnant. L’auteur y débusque l’Antéchrist là où l’on ne l’attend pas forcément. Voici des extraits de «L’Antéchrist » éclairants pour notre temps: «Nous donnons des noms faux à des choses vraies.... Aujourd’hui tout le monde parle la même langue et c’est une langue fausse. On construit pour ainsi dire une Babel horizontale.... Notre cécité est pire encore que la cécité ordinaire (...) car notre cécité est précisément celle qui ne peut venir que de l’Antéchrist. (...) Nous ne reconnaissons pas l’Antéchrist parce qu’il vient à nous dans les vêtements du petit bourgeois de n’importe quel pays. (...) Il récite le Notre Père en jouant à la Bourse (…) Rusé comme il est, l’Antéchrist ne commence pas par séduire les révoltés, mais d’abord et surtout les conservateurs. Il séjourna d’abord dans les églises, puis dans les maisons des maîtres. (…) C’est certes un péché que de dire que Dieu n’existe pas mais c’en est un plus grand encore que de falsifier Dieu et de tromper les hommes avec une image falsifiée. C’est là le péché. (…)
Et Joseph Roth écrivait dans une lettre à Ernst Krenek: «Car nous ne pouvons réagir à la dynamique de la folie,  qui a envahi  l’époque présente, que par une «dynamique» comparable, mais mieux intentionnée. Par conséquent, je ne sais pas pourquoi vous êtes aussi prudent, alors que nos volontés se rejoignent, et que vous êtes aussi sensé que moi pour vous rendre compte que la clairvoyance et la réflexion ne feront de nous que des vaincus. Il faut que nous ayons la foi! Que nous croyions! Comme ces fumiers croient à l’Enfer, nous ne pouvons lutter contre eux par la raison, mais seulement par la foi, par la foi au Ciel.»